Cloître Notre-Dame. On entend sous ce nom tout l'espace compris depuis le Terrain jusqu'au pont Rouge; de là en suivant les rues d'Enfer et de la Colombe, jusqu'à l'extrémité de la rue des Marmousets, puis en retour l'alignement qui alloit rejoindre la porte placée, avant la révolution, auprès de l'église Notre-Dame. Dans cet espace étoient situées la chapelle de Saint-Agnan, l'église de Saint-Denis-du-Pas et celle de Saint-Jean-le-Rond[626].

Rue Cocatrix. Elle aboutit à la rue Saint-Pierre-aux-Bœufs et à celle des Canettes. Le nom de Cocatrix est celui d'une famille fort connue au treizième siècle, et du fief qui lui appartenoit[627]. Il étoit situé entre la rue Saint-Pierre-aux-Bœufs et celle des Deux-Ermites. Un acte de 1300 l'indique ainsi: Domus Cocatricis quæ contigit domui Marmosetorum.

Rue de la Colombe. Elle traverse de la rue des Marmousets dans la rue d'Enfer. On voit dans un acte d'amortissement de deux maisons, fait à l'Hôtel-Dieu[628], qu'elle portoit ce nom en 1223. Cependant Sauval dit qu'elle se nommoit rue de la Couronne en 1408. Jaillot pense qu'il s'est trompé, et que ce nom n'a été donné qu'à la rue du Chevet Saint-Landri.

Rue Sainte-Croix. Elle aboutit aux rues de la Vieille-Draperie et Gervais-Laurent. Au douzième siècle on la nommoit petite rue Sainte-Croix, et dans les siècles suivants, ruelle Sainte-Croix[629].

Rue de la Vieille-Draperie. Elle va de la rue de la Barillerie à celle de la Juiverie, vis-à-vis la rue des Marmousets. C'est une des plus anciennes rues de la Cité: elle étoit en partie habitée par des Juifs; et lorsqu'ils en furent chassés en 1183, Philippe-Auguste y établit des drapiers, auxquels il donna vingt-quatre maisons, moyennant cent livres de rente[630]: c'est ce qui lui fit donner le nom de Judæaria Pannificorum[631]. En 1293 on l'appeloit la Draperie, et en 1313 la Viez-Draperie[632]. Tous les titres du quinzième siècle l'appellent rue de la Vieille-Draperie, et depuis, ce nom n'a pas varié; elle fut élargie à ses deux extrémités dans le dix-septième siècle[633].

Rue Saint-Éloi. Elle traverse de la rue de la Calendre dans celle de la Vieille-Draperie. En 1280 cette rue s'appeloit Cavateria; Guillot la nomme la Chavaterie, et les censives de Saint-Éloi de 1343 et 1367, la Cavaterie et la Saveterie. Enfin elle fut nommée de Saint-Éloi, parce qu'elle fut ouverte sur la partie de l'église et du chœur du monastère de ce saint.

Dans cette rue est un cul-de-sac nommé de Saint-Martial, parce qu'il conduisoit à l'église de ce nom. On disoit ruelle Saint-Macial en 1398[634], ruelle du Porche Saint-Martial en 1404, et rue Saint-Martial en 1459.

Rue d'Enfer. Elle commence à la rue Basse-des-Ursins, et aboutit à la porte du cloître de Notre-Dame et au pont Rouge. On ne doit chercher l'étymologie de ce nom que dans l'ancienne situation de cette rue, qui n'étoit pas alors séparée de la rivière par un quai[635]. Les registres capitulaires de Notre-Dame la nomment via inferior, portus Sancti-Landerici. En 1300, 1313 et depuis, on la nommoit le port Saint-Landri, rue Saint-Landri, du port Saint-Landri, et grant rue Saint Landri-sur-l'Yaue. Vers le milieu du seizième siècle, elle a pris le nom de rue d'Enfer[636]; et dernièrement le nom de cette rue a été changé en celui de rue Basse-des-Ursins.

Rue l'Évêque. Elle commence à la première porte de l'Archevêché, et aboutit à la rivière et au pont de l'Hôtel-Dieu. C'étoit en cet endroit que commençoit le port l'Évêque, c'est-à-dire le rivage qui règne le long du jardin de l'Archevêché, jusqu'au Terrain. On la nommoit, en 1282, rue du port l'Évêque et rue des Bateaux, vicus ad Batellos[637]. La justice du chapitre s'étendoit jusque là, ainsi que le prouvent une de ses ordonnances, et la transaction passée entre Étienne Tempier, évêque de Paris, et le chapitre de Notre-Dame en 1272[638]. Plusieurs autres titres en font également foi.

Rue aux Fèves. Elle va de la rue de la Vieille-Draperie à celle de la Calendre. On n'a guère varié que sur l'orthographe de son nom, mais les différentes façons de l'écrire ont donné lieu à différentes étymologies. Elle est nommée rue aux Fèves dans un titre de 1291[639], ainsi que dans Guillot; et dans les actes du chapitre du quatorzième siècle, etc., vicus Fabarum. D'autres l'ont appelée rue au Feure, mot qui signifie de la paille; ce qui paroîtroit assez plausible, à cause du marché au blé qui en étoit voisin[640]. Enfin il y en a qui ont écrit: rue aux Febvres, aux Fevres (via ad Fabros)[641]. Ce dernier nom paroît le véritable, parce qu'elle est indiquée ainsi dans le plus ancien titre qui en fasse mention. Ce sont des lettres de saint Louis de 1260, par lesquelles il cède trente sous de cens sur une maison; in vico Fabrorum, prope S. Martialem[642].