Rue du Four-Basset. C'étoit un passage qui communiquoit de la rue de la Juiverie dans la rue aux Fèves, et qui est fermé depuis long-temps. Guillot le nomme en 1300 la petite Orberie. Dans le rôle des taxes de 1313 il est indiqué rue du Four-Basset, soit que ce nom lui vînt d'un four bâti en cet endroit, soit qu'il le dût à une grande maison nommée la Cour-Basset, dont il est fait mention dans un censier de Saint-Éloi[643].
Rue Gervais-Laurent. Elle donne d'un bout dans la rue de la Lanterne, et de l'autre dans celle de la Vieille-Draperie. En 1248, 1250, etc., on la nommoit vicus Gervasii Loorandi, vicus de Loorens, Lohorens[644]; en 1300 et 1313, rue Gervese-Lorens. On a dit depuis Gervais-Laurent.
Rue de Glatigny. Elle commence à la rue des Marmousets, et aboutit à la rivière. On donnoit le nom de Glateingni à cette rue et aux environs de Saint-Denis-de-la-Chartre jusqu'à l'hôtel des Ursins. Des titres disent qu'on y voyoit une maison de Glategni, qui, en 1241, appartenoit à Robert et Guillaume de Glatigni[645]. En 1266 on trouve des maisons indiquées in Glatigniaco[646]. Dès le quatorzième siècle, cette rue étoit habitée par des femmes publiques, et on la nommoit le val d'Amour. En 1380 elle avoit aussi le nom de rue au Chevet de Saint-Denis-de-la-Chartre. Mais alors même on la nommoit, comme avant et après, rue de Glatigny.
Rue de Harlay. Elle traverse du quai de l'Horloge à celui des Orfèvres, et doit son nom, comme nous l'avons déjà dit, au premier président de Harlay, à qui le roi avoit donnée, en 1607, les deux petites îles qui étoient au bout du jardin du Palais. En 1672 on abattit une maison, afin d'y pratiquer une porte et un passage qui communiquât à la cour Neuve.
Rue des Deux-Ermites. Elle donne d'un bout dans la rue Cocatrix, et de l'autre dans celle des Marmouzets. En 1220 on la nommoit la cour Ferri de Paris, proprisia Ferrici dicti Paris. On la nomma ensuite rue de la Confrérie Notre-Dame, parce que la maison de la Communalité des Chapelains y étoit située[647], et au seizième siècle, rue de l'Armite, ensuite des Ermites, et des Deux-Ermites, à cause d'une maison qui avoit cette enseigne. En 1640 elle est indiquée dans le rôle des commissaires de ce quartier, sous le nom des Deux Serviteurs[648].
Rue de la Juiverie. Elle continue la rue du Marché-Palu, et aboutit à celle de la Lanterne. Les juifs qui y demeuroient lui ont fait donner ce nom, qui n'a varié que dans l'orthographe. Guillot écrit la Juerie; en 1313, la Juyrie; la Juisvie en 1405, Juiferie et Juifrie en 1450 et 1560. Il y avoit dans cette rue un marché au blé, qu'on appeloit la halle de Beauce. Un titre nous apprend que Philippe-Auguste la donna à son échanson[649].
Rue Saint-Landri. Elle commence à la rue des Marmouzets, et finit à la rivière. Elle étoit anciennement désignée sous le nom de port Notre-Dame[650], et confondue avec la rue d'Enfer et celle des Ursins. En 1267 on la nommoit Terra ad Batellos[651]. L'évêque, vers ce même temps, y avoit une maison, nommée de la Lavanderie[652]. Le bout de ce chemin, vers le pont Rouge, se nommoit Fimus en 1213; Firmarium et vicus Firmarii en 1219 et 1222; rue du Fumer en 1248[653].
Au bout de cette rue étoit une petite ruelle qui aboutissoit à la rivière et qui depuis a été fermée à ses deux extrémités. En 1265 on la nommoit rue Percée[654].
Rue du Chevet-Saint-Landri. Elle donne d'un bout dans la rue des Marmouzets, et de l'autre dans la rue d'Enfer; dès le treizième siècle on disoit le Chevez-Saint-Landri, parce que le fond de cette église, qu'on nomme le Chevet, donnoit dans cette rue. Dans un bail fait en 1451 par l'abbé de Saint-Victor, elle est nommée rue de la Couronne[655]. Il y a dans cette rue un cul-de-sac qui porte le même nom.
Rue de la Lanterne. Elle continue la rue de la Juiverie, et aboutit au pont Notre-Dame. Elle est appelée, dans les cartulaires de Saint-Denis-de-la-Chartre, rue de la place de Saint-Denis-de-la-Chartre, rue devant la place et l'église Saint-Denis, rue devant la Croix Saint-Denis, rue du Pont-Notre-Dame[656]. Son dernier nom lui vient d'une enseigne; et on le trouve dès 1326[657], puis dans la liste des rues du quinzième siècle, dans Corrozet, et sur tous les plans.