Rue de la Licorne. Elle traverse de la rue Saint-Christophe à celle des Marmouzets. En 1269 elle étoit appelée rue près le Chevet de la Madeleine; mais elle étoit déjà connue sous le nom de vicus Nebulariorum, rue as Oubloyers, des Oublayers, Oblayers, aux Obléeurs et Oublieurs[658]. Elle prit le nom qu'elle porte encore aujourd'hui, d'une ruelle qui y aboutissoit, et dans laquelle pendoit une enseigne de la Licorne.
Rue Saint-Louis. Elle aboutissoit au pont Saint-Michel et au quai des Orfèvres. On commença à l'ouvrir sous le règne de Henri IV, pour faciliter la communication avec le pont Neuf. On l'appela d'abord la rue Neuve, et ensuite la rue Neuve-Saint-Louis[659].
Rue du Marché-Neuf. Elle commence au bout du pont Saint-Michel, et aboutit à la rue du Marché-Palu, en face de la rue Neuve-Notre-Dame. On comprend sous ce nom le marché et les deux petites rues qui y conduisent. Guillot l'appelle la grant Orberie. Elle étoit autrefois bouchée du côté du Marché-Palu, et ce ne fut qu'en 1557 qu'on l'ouvrit pour en faire un marché[660]. En 1560 le quai Saint-Michel fut construit[661], et l'on bâtit, quelques années après, dix-sept boutiques, une halle au poisson et deux boucheries aux deux extrémités, vers les deux ponts. Ces travaux ayant été terminés en 1568, les marchands de poissons et d'herbes qui se tenoient près le Petit-Châtelet eurent ordre de s'établir dans ce marché. En 1734, douze maisons furent démolies; on ne conserva qu'une boucherie, et l'on établit un corps-de-garde à l'autre extrémité[662].
Rue du Marché-Palu. Elle commence au petit Pont et finit au coin des rues de la Calendre et de Saint-Christophe. Elle étoit connue sous ce nom au treizième siècle, et il ne paroît pas qu'elle en ait changé depuis[663]. Elle doit sans doute ce titre de Marché à celui qui s'y voyoit de toute ancienneté, et qui s'étendoit dans la rue de la Juiverie. On y vendoit du blé, des herbes et des légumes. Le surnom de Palu lui vient de ce que cet endroit étoit humide et non pavé. Il ne faut pas croire cependant que ce terrain, quoiqu'il ait été depuis considérablement exhaussé, fût alors un marais. Il y avoit une enceinte de murs autour de la Cité, qui en mettoit l'intérieur à l'abri des inondations, et le marché étoit à une certaine distance du rivage; mais les eaux pluviales et toutes celles de la Cité qui passoient par cet endroit pour se rendre à la rivière, comme elles y passent encore aujourd'hui, le rendoient extrêmement marécageux[664].
Rue des Marmouzets[665]. Elle commence à la rue de la Juiverie, et aboutit au cloître Notre-Dame, au coin de la rue de la Colombe. Elle doit ce nom à une grande maison appelée, dans les anciens titres, domus Marmosetorum[666]; ce nom n'a guère varié. Guillot la nomme du Marmouzet; le rôle des taxes de 1313, des Marmozets; la liste des rues du quinzième siècle, des Marmouzettes.
Rue du Haut-Moulin. Elle aboutit aux rues de la Lanterne et de Glatigny. Guillot la nomme rue Saint-Denis-de-la-Chartre. Il paroît, par les titres de ce prieuré, que, dès 1204, elle s'appeloit rue Neuve Saint-Denis[667]; cependant, dans un acte de 1206, elle n'est indiquée que sous le nom de Strata anterior. Au milieu du seizième siècle, cette rue étoit partagée en deux parties; l'une s'appeloit rue Saint-Symphorien, et l'autre des Hauts-Moulins[668].
Rue de Nazareth. Elle commence au quai des Orfèvres, et aboutit à l'hôtel du premier président[669]. Anciennement elle se nommoit rue de Galilée.
Rue Neuve Notre-Dame. Elle aboutit au Marché-Palu et au Parvis de la cathédrale. Elle fut ouverte par Maurice de Sully, évêque de Paris; avant lui il n'y avoit point de rue en cet endroit, et l'on se rendoit de ce coté à Notre-Dame par la rue des Sablons, qui étoit située entre les maisons de cette rue et les bâtiments de l'Hôtel-Dieu. La rue nouvelle prit d'abord le nom de Neuve, qu'elle portoit encore en 1250. On y ajouta ensuite celui de Notre-Dame, qu'elle a toujours conservé depuis.
Il y avoit anciennement quatre rues qui aboutissoient à celle-ci, et qui ne subsistent plus. La première forme un cul-de-sac appelé de Jérusalem; les trois autres s'appeloient rues du Coulon[670], de Venise[671] et du Parvis[672]. Ces trois dernières rues ont été comprises dans l'agrandissement du Parvis et dans les bâtiments des Enfants-Trouvés.
Place du Palais. Elle fut construite, par ordre de Louis XVI, en 1787. Avant cette époque, la rue de la Vieille-Draperie se prolongeoit jusqu'à celle de la Barillerie, à l'exception du vide que formoit l'emplacement de la maison de Jean-Châtel.