3o. Le cul-de-sac des Babillards. On ignore l'étymologie de cette dénomination; à l'extrémité de cette rue, du côté du faubourg Poissonnière, étoit le cimetière de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle[487].
Rue de l'Échiquier. Cette rue, construite depuis 1780, traverse de la rue du Faubourg-Poissonnière dans celle de Saint-Denis. Elle a pris ce nom d'une maison dite de l'Échiquier, située sur une partie du terrain au travers duquel elle a été percée.
Rue des Petites-Écuries. Elle donne aussi d'un bout dans la rue du Faubourg-Saint-Denis, et de l'autre dans celle du Faubourg-Poissonnière, et doit son nom aux petites-écuries du roi, situées autrefois dans la première de ces deux rues.
Rue d'Enghien[488]. Cette rue, parallèle à celle de l'Échiquier, et plus avancée dans le faubourg, traverse également de la rue du Faubourg-Poissonnière à celle du Faubourg-Saint-Denis. Elle a été ouverte quelques années avant la rue de l'Échiquier.
Rue Saint-Étienne ou rue Neuve-Saint-Étienne-à-la-Villeneuve. Un de ses bouts donne dans la rue Beauregard, l'autre sur le boulevart. Elle étoit connue sous ce nom en 1540, et on le lui a redonné, environ cent ans après, lorsqu'on a rebâti les maisons de la Villeneuve.
Rue des Filles-Dieu. Elle va de la rue Saint-Denis dans celle de Bourbon. Le censier de l'archevêché de 1530 la nomme rue Neuve de l'Ursine alias des Filles-Dieu. Dans celui de 1643 on indique une rue Saint-Guillaume entre les rues Neuve-des-Fossés et de Cléri, et une maison sise rues Saint-Guillaume et Sainte-Foi. Ainsi l'on doit en conclure que la rue Saint-Guillaume est représentée par le retour d'équerre que fait aujourd'hui la rue des Filles-Dieu dans celle de Bourbon.
Rue Sainte-Foi. Elle commence à la rue Saint-Denis, et se termine à celle des Filles-Dieu. On l'appela rue du Rempart, ensuite des Corderies, enfin rue Sainte-Foi. Elle portoit ce dernier nom dès 1644.
Rue Françoise. Elle traverse de la rue Mauconseil dans la rue Pavée. Le premier nom qu'elle ait porté étoit simplement rue Neuve. On la trouve ainsi indiquée dans plusieurs actes concernant la vente et l'adjudication de l'hôtel de Bourgogne. On la voit désignée sous celui de rue Neuve-Saint-François dans Sauval; et un autre auteur ajoute à ce nom l'épithète de Percée. Corrozet ne l'indique que sous le nom général de rue qui traverse par dedans l'hôtel de Bourgogne. Elle fut ouverte, en 1543, par ordre de François Ier, sous le règne duquel il se fit de grands changements dans ce quartier par la démolition de l'hôtel de Bourgogne.
C'est dans cette rue qu'étoit la principale porte de la salle des confrères de la Passion, au-dessus de laquelle on voyoit encore, peu de temps avant la révolution, une croix et quelques autres instruments de la Passion.
Rue Greneta. Elle va de la rue Saint-Denis dans celle de Saint-Martin. Tous les titres du treizième siècle nous apprennent que cette rue se nommoit alors Darnetal ou d'Arnetal. On la trouve cependant désignée, dans un acte de 1236, sous le nom de la Trinité. Le nom d'Arnetal, qu'elle portoit en 1262, 1265, etc., s'altéra insensiblement dans les siècles suivants, et se changea en ceux de Guernetat, Garnetat, et Grenetat, enfin, en supprimant la lettre finale, Greneta. Dans cette rue étoit placée la principale entrée de l'hôpital de la Trinité[489].