Cet ancien château avoit donné son nom à la rue où il étoit situé; et D. Mabillon, s'appuyant sur un passage de Frédégaire[707], prétend que dans l'emplacement qu'il occupoit étoit jadis une maison de plaisance qui avoit appartenu à nos rois de la première race, et que ce fut là que Dagobert Ier épousa et répudia ensuite Gomatrude pour contracter un nouveau mariage avec Nanthilde. Quoi qu'il en soit de cette opinion qui a trouvé des contradicteurs, on ne doute pas qu'en effet Reuilli, que les anciens historiens appellent Romiliacum, ne fût un château appartenant aux rois Mérovingiens. Il est probable qu'il n'avoit point été aliéné, ou du moins que s'il a pu l'être il étoit rentré dans le domaine de la couronne, car on voit qu'en 1352 le roi Jean promit d'en faire la vente à Humbert, patriarche d'Alexandrie, ancien dauphin de Viennois.
HÔTELS EXISTANTS EN 1789.
Hôtel d'Estrées (rue Barbette).
Il fut construit par François-Annibal d'Estrées, maréchal de France, et quoiqu'il ait depuis changé plusieurs fois de maître, il en a toujours conservé le nom.
Hôtel Pelletier (entre la rue des Rosiers et celle du Roi-de-Sicile).
Cet hôtel avoit été bâti pour Antoine Coiffier de Ruzé, dit le maréchal d'Effiat, surintendant des finances en 1626. Après sa mort, ses héritiers le vendirent à Claude Le Pelletier, d'abord prévôt des marchands, puis contrôleur-général des finances et ministre d'État. Il n'est point sorti de cette famille jusqu'à la fin de la monarchie.
Hôtel d'Argenson (même rue).
Il appartenoit au garde des sceaux d'Argenson, et avoit son entrée par un cul-de-sac qui en a pris le nom et qui existe encore.
Hôtel d'Albret (rue des Francs-Bourgeois).
Cet hôtel, le plus considérable de ceux qui sont situés dans cette rue, fut construit au milieu du seizième siècle, sur cinq places de la culture Sainte-Catherine, lesquelles furent acquises par le connétable Anne de Montmorenci. Après un assez grand nombre de révolutions qu'il seroit fastidieux de rapporter, il fut porté dans la maison d'Albret par le mariage de Magdeleine de Guénégaud avec César-Phébus d'Albret, comte de Miossans et maréchal de France. Après sa mort, ses héritiers le vendirent à Jean Brunet de Chailli, garde du trésor royal; et son dernier propriétaire fut M. du Tillet, président honoraire au parlement.