Rue Cloche-Perce. Elle traverse de la rue Saint-Antoine dans celle du Roi-de-Sicile[741]. Le procès-verbal de 1636 la nomme rue de la Cloche-Percée. C'étoit le nom d'une enseigne qu'on a changé en celui de Cloche-Perce, et c'est ainsi qu'elle est écrite sur tous les plans. Si on lui a donné ensuite, vers 1660, le nom de rue de la Grosse Margot, comme le dit Sauval[742], à cause de l'enseigne d'un cabaret, ce nom, adopté par le bas peuple, n'a pas fait fortune, car on ne le trouve ni dans aucun acte ni sur aucun plan. Nous ignorons quelle pouvoit être la rue de Pute-y-Muce dont parle Guillot. Mais sa marche nous fait conjecturer qu'il pouvoit y avoir alors une rue ou ruelle qui ne subsiste plus depuis long-temps, et qui traversoit de la rue Cloche-Perce dans celle de Tiron.

Rue Neuve-du-Colombier. Cette rue, ouverte sur le marché Sainte-Catherine, et à la même époque que ce marché, donne de l'autre bout dans la rue Saint-Antoine.

Rue de la Contrescarpe[743]. Cette rue nouvelle, percée depuis 1780, donne d'un côté à l'extrémité des rues Daval et de Lappe, de l'autre à la petite rue Saint-Pierre.

Rue de Cotte. Cette rue, ouverte depuis 1780, donne d'un côté rue du Faubourg-Saint-Antoine, de l'autre sur le marché Beauvau.

Rue Daval. Elle donne d'un côté sur le boulevart, de l'autre dans la rue de la Contrescarpe. Cette rue a été percée depuis 1780.

Rue de l'Écharpe. Elle commence à la rue Saint-Louis, et aboutit à la place Royale. On l'appela d'abord rue de Henri IV, parce que cette place fut commencée sous le règne de ce prince. Une enseigne lui fit donner le nom de rue de l'Écharpe Blanche. Elle le portoit dès 1636. Depuis, on a dit simplement rue de l'Écharpe.

Rue des Écouffes. Elle aboutit d'un côté à la rue des Rosiers, et de l'autre à celle du Roi-de-Sicile. Cette rue est ancienne; son nom n'a varié que dans la façon de l'écrire ou de le prononcer. On disoit, en 1233 et en 1254, rue de l'Écofle; en 1300 de l'Escoufle; en 1313 des Escoufles; en 1430, des Escofles, et au siècle suivant, des Escloffes, enfin des Écouffes. Un topographe du siècle passé a jugé à propos de la nommer rue des Écossois, quoiqu'elle n'ait jamais été appelée ainsi.

Rue de la Vallée de Fécan. Elle fait la continuation de la rue de la Planchette, et conduit au chemin de Charenton. Son nom est dû au terrain sur lequel elle est située. On l'appeloit le bas de Fécant au quinzième siècle, et c'est ainsi que ce terrain est nommé dans un titre nouvel, du 16 février 1498[744]. Dans une déclaration rendue au terrier du roi en 1540, il est fait mention d'une vigne hors la porte Saint-Antoine, au val de Fesquant, lieu dit Beauregard[745].

Rue du Foin. Elle va de la rue Saint-Louis à celle de la Chaussée-des-Minimes. Elle s'étendoit même autrefois jusqu'à la maison des Hospitalières. Nous ne trouvons point qu'elle ait eu d'autre nom. Il est assez vraisemblable qu'elle doit celui qu'elle porte à un terrain en pâturage qui faisoit partie du parc des Tournelles, sur lequel elle fut ouverte sous le règne de Henri IV.

Rue de la Folie-Regnaut[746]. Elle aboutit d'un côté à la barrière qui porte ce nom, de l'autre à la rue des Murs-de-la-Roquette. Cette dénomination vient d'une maison de plaisance qui appartenoit à Regnaut l'épicier.