Rue des Francs-Bourgeois. Elle va de la Vieille rue du Temple à celle Sainte-Catherine[747]. Elle se nommoit d'abord rue des Poulies, et conserva ce nom jusqu'au moment de la construction d'un hôpital qui fut fondé dans cette rue en 1334, suivant dom Félibien[748], et vers l'an 1350, suivant Sauval[749], par Jean Roussel et Alix sa femme. Cet hôpital se composoit de vingt-quatre chambres contiguës, dans lesquelles on retiroit des pauvres. En 1415, Pierre Le Mazurier et sa femme, fille de Jean Roussel, donnèrent cet hôpital au grand-prieur de France, avec 70 livres de rente, sous la condition de loger deux pauvres dans chaque chambre. Ce fut cet asile qui fit donner à cette rue le nom de Francs-Bourgeois, ceux qui demeuroient dans cet hôpital étant, par leur pauvreté, francs, c'est-à-dire exempts de toutes taxes et impositions.
Rue de Jarentes. Ouverte en même temps que le marché Sainte-Catherine, elle le traverse et va aboutir d'un côté rue de l'Égout-Sainte-Catherine, de l'autre rue Culture-Sainte-Catherine.
Rue Jean-Beausire. Elle commence à la rue Saint-Antoine, vis-à-vis la Bastille, et, formant un retour d'équerre, aboutit au boulevart. Boisseau, sur son plan, la nomme rue du Rempart. Au quatorzième siècle, elle s'appeloit rue d'Espagne[750]. On trouve bien au siècle suivant une rue Jean-Beausire; mais ce nom étoit donné à celle qu'on a depuis appelée rue des Tournelles. Il fut appliqué à celle-ci dès 1538[751].
Rue des Juifs. Elle traverse de la rue du Roi-de-Sicile dans celle des Rosiers. Dom Félibien a suivi exactement ce que le commissaire Delamare avoit écrit sur le rappel des Juifs en 1198[752]. Ces auteurs disent qu'après cette époque les Juifs se logèrent dans différents quartiers qu'ils indiquent; et ils mettent de ce nombre la rue dont il s'agit. Ce fait peut être vrai, et il y a grande apparence que le nom des Juifs qu'elle porte ne vient que de ceux qui l'ont habitée; mais nous n'avons pu découvrir si elle existoit alors, et sous quel nom. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il n'en est point fait mention dans Guillot, ni dans les rôles de taxes de 1300 et de 1313, ni même dans la liste du milieu du quinzième siècle. Corroset est, si nous ne nous trompons point, le premier qui l'ait désignée sous ce nom, lequel se trouve sur tous les plans postérieurs. Nous pensons donc avec Jaillot qu'elle ne l'a pris que sous le règne de Louis XII[753].
Rue de Lappe. Elle va de la rue de la Roquette à celle de Charonne. On lit dans un registre des ensaisinements de Saint-Éloi[754], que le 22 décembre 1635, les chanoinesses régulières de Saint-Augustin (les Filles Angloises de Notre-Dame de Sion) acquirent de Bertrand Ferrier, marchand épicier, «cinq arpents de terre hors la porte Saint-Antoine, sur le chemin de Charonne, au lieu dit l'eau qui dort, tenant d'une part à Girard de Lappe, maître jardinier, d'autre au chemin tendant de Paris à la Roquette, etc., à présent clos de murs, fors du côté dudit Girard de Lappe.» C'est donc de ce jardinier que la rue dont il s'agit a pris son nom. Piganiol a tort d'écrire rue de la Lape[755].
Rue Saint-Louis. La partie de cette rue comprise dans ce quartier commence au coin des rues Neuve-Sainte-Catherine et de l'Écharpe, et finit à celles du Parc-Royal et Neuve-Saint-Gilles. Nous avons déjà remarqué qu'elle s'appeloit rue de l'Égout couvert, rue Neuve-Saint-Louis, et Grande rue Saint-Louis.
Rue Sainte-Marguerite. Elle va de la rue du Faubourg-Saint-Antoine à celle de Charonne. Son nom est dû à l'église paroissiale de Sainte-Marguerite, dont elle est voisine.
Rue des Minimes. Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-Louis, et de l'autre à celle des Tournelles. On l'a nommée ainsi à cause des religieux qui s'y sont établis.
Rue de la Chaussée-des-Minimes. Elle aboutit d'un côté à l'un des pavillons de la place Royale, et de l'autre à l'église des Minimes. C'est de cette situation qu'elle a pris le nom qu'on lui donne aujourd'hui. Cette rue fut percée sous le règne de Henri IV, et appelée rue du Parc-Royal. En 1637 on la nomma rue du Parc-des-Tournelles, parce qu'elle fut ouverte alors sur le parc du palais des Tournelles[756].
Rue de Mongallet. Elle aboutit d'un côté à la rue de Reuilli, et de l'autre à celles de la Planchette et de la Vallée-de-Fécan. On la nommoit dans l'origine rue du Bas-Reuilli.