Rue des Coquilles. Elle va de la rue de la Tixeranderie à celle de la Verrerie. On voit, dans les actes du quatorzième siècle, qu'elle se nommoit ruelle Gentien. Le cartulaire de Saint-Maur[222] fait mention de Pierre Gentien, dont la maison, située dans la rue de la Tixeranderie, vis-à-vis de celle-ci, étoit occupée par les Lombards. On l'a depuis nommée ruelle Jean Gentien; elle prit ensuite celui de Jacques Gentien, et de rue Gentien, vicus Gentianus. À la fin du quinzième siècle[223] on bâtit au coin de cette rue une maison dont la porte et les fenêtres étoient ornées de coquilles, laquelle fut nommée hôtel des Coquilles; et dès lors la rue prit ce nom qui lui est resté. Jaillot croit que c'est cette rue que les anciens titres indiquent sous le nom de vicus Radulphi de S. Laurentio.
Rue de la Coutellerie. Elle aboutit aux rues de la Tixeranderie et de la Vannerie. Sauval dit qu'en 1300 on la nommoit rue aux Commanderesses, et un censier de Saint-Éloi, de 1495, énonce une maison faisant le coin de la rue de la Vannerie et de la rue des Couteliers, dite des Recommandaresses[224]. Cette rue n'étoit connue au treizième siècle que sous le nom de Vieille-Oreille, Veteris Auris. On trouvoit dans les archives de Saint-Maur une foule de titres qui faisoient mention du carrefour, de la rue et du four de Vieille-Oreille. Ce nom, dont aucun historien n'a pu découvrir l'étymologie[225], a été depuis altéré en celui de Guigne-Oreille et de Guillori. Le rôle des taxes de 1513 nous apprend qu'un maréchal nommé Guillori demeuroit au carrefour de cette rue: on trouve aussi un fief qui porte le même nom; et c'est là sans doute ce qui aura engagé à le donner au carrefour. Enfin les couteliers qui vinrent s'établir dans cette rue lui firent perdre son ancien nom pour celui de rue aux Couteliers, et de la Coutellerie, qu'elle portoit dès le règne de Henri II, et qu'elle a toujours porté depuis.
Rue des Mauvais-Garçons. Elle traverse de la rue de la Tixeranderie dans celle de la Verrerie. Tous les anciens titres qui parlent de cette rue prouvent qu'elle s'appeloit rue de Chartron. Ce n'est que dans ceux du seizième siècle qu'elle est indiquée sous le nom de rue de Chartron, dite des Mauvais-Garçons[226].
Rue des Vieilles-Garnisons. Elle se termine d'un bout à la rue de la Tixeranderie, et de l'autre aboutissoit à la place ou cloître Saint-Jean. Cette rue étoit connue au treizième siècle sous le nom de Marteret, Martrai et Martroi-Saint-Jean[227]. Elle commençoit au-delà de l'arcade que l'on voit à la Grève, et passant entre l'église Saint-Jean et l'Hôtel-de-Ville actuel, elle aboutissoit à la rue de la Tixeranderie, comme elle fait à présent. Un compte de la prévôté, de 1448[228], énonce la rue des Garnisons, et le compte de l'ordinaire de Paris, de 1463, l'indique comme une petite ruelle à laquelle il ne donne aucun nom[229]. Sauval en parle sous le nom de ruelle Jehan-Savari. Jaillot croit y reconnoître la rue Simon-Bade dont il est fait mention dans un acte de 1482, lequel indique, rue de la Tixeranderie, une maison faisant le coin de la rue Simon-Bade, tenant au maître qui fut des garnisons. Elle a été appelée du Saint-Esprit, à cause des bâtiments de cet hôpital qui en étoient voisins.
Rue du Monceau-Saint-Gervais[230]. Cette rue, qui fait la continuation de la rue du Martroi, et aboutit à l'église Saint-Gervais, doit son nom au terrain plus élevé que la Grève, sur lequel cette église a été bâtie. On la confondoit à la fin du treizième siècle avec la rue du Pourtour, et on l'appeloit rue entre Saint-Gervais et Saint-Jean, et rue du Cimetière-Saint-Gervais.
Rue Grenier-sur-l'Eau. Elle traverse de la rue Geoffroi-l'Asnier dans celle des Barres. Le véritable nom de cette rue est Garnier-sur-l'Eau. Sauval dit qu'en 1257 on la nommoit André-sur-l'Eau. Guillot et le rôle de 1313 l'appellent Garnier-sur-l'Yauë, qui est le nom d'un bourgeois de Paris[231].
Rue des Haudriettes. Elle aboutit à la rue de la Mortellerie et au quai de la Grève. Cette rue doit son nom à la chapelle qui y étoit située; et il ne paroît pas qu'elle en ait jamais eu d'autre. Quelques plans ne l'indiquent que sous le nom général de ruelle descendant à la Seine.
Rue Jean-de-l'Épine. Elle aboutit à la Grève et à la rue de la Coutellerie. Il paroît qu'elle doit son nom à Jean de l'Épine, dont la maison, suivant un cartulaire de Saint-Maur, de 1284[232], s'ouvroit dans la rue de Vieille-Oreille, et avoit sa sortie dans la place de Grève. Sauval dit, mais sans en donner des preuves, qu'elle s'est appelée autrefois rue de la Tonnellerie et du carrefour Guillori. Elle porte le nom de Philippe-l'Épine dans la liste du quinzième siècle; mais le premier nom a prévalu, et cette rue l'a depuis toujours conservé.
Rue Jean-Pain-Mollet. Elle commence à la rue des Arsis et aboutit au carrefour Guillori, vis-à-vis la rue Jean-de-l'Épine. Sauval seul dit qu'elle s'est nommée rue du Croc[233]. Elle étoit connue dès 1261[234] sous le nom de Jean-Pain-Mollet, qui étoit celui d'un bourgeois de Paris. Il ne paroît pas qu'elle en ait changé depuis.
Rue de la Lanterne. Elle aboutit d'un côté à la rue des Arsis, et de l'autre à la rue Saint-Bont. Dès le milieu du treizième siècle on la connoissoit sous le nom de ruelle de Saint-Bont. Elle est ainsi désignée dans l'accord fait entre Philippe-le-Hardi et le chapitre de Saint-Merri. On ne sait pas précisément à quelle époque elle prit le nom de la Lanterne, qui lui vient probablement d'une enseigne; mais elle le portoit en 1440, comme on peut le voir dans un contrat de vente de cette même année, qui se trouve dans les Archives de l'archevêché. Cependant de Chuyes l'appelle rue de la Dentelle, et l'auteur des Tablettes Parisiennes lui donne le même nom, quoiqu'on ne trouve aucun titre où elle soit indiquée ainsi.