[49]: On s'entendit avec le roi d'Espagne, qui faisoit alors passer une armée dans les Pays-Bas; et feignant ensuite de vives alarmes à l'occasion d'un semblable passage de troupes qui alloient côtoyer les frontières de France, la reine fit reconnoître au prince de Condé et aux autres chefs protestants la nécessité de réunir des forces suffisantes pour se défendre, en cas de mauvais desseins de la part de Philippe II. À l'époque où cela se fit, ils n'avoient point encore assez de renseignements sur les projets de la cour pour se méfier de ce stratagème; et le vif désir qu'ils avoient de voir la France se brouiller avec l'Espagne, les en rendit complétement dupes.

[50]: Le duc d'Albe venoit d'y faire décapiter le comte d'Egmont et le comte de Horn, deux des chefs de la révolution; il manqua le troisième qui étoit le prince d'Orange; et celui-là seul fit plus ensuite que n'auroient fait les trois ensemble.

[51]: Tel fut le motif apparent et général que l'on présenta; mais on attribue aux chefs diverses vues particulières et bien autrement profondes et perverses: selon quelques-uns, leur projet étoit non-seulement de se saisir de la personne du roi, mais encore de se défaire de lui et de ses deux frères pour mettre la couronne sur la tête du prince de Condé. On ne peut douter du moins que ce prince n'eût formé, à cette époque, le projet de s'emparer du trône: Brantôme assure qu'il avoit fait battre une monnoie d'argent avec cette inscription: Louis XIII, roi de France, témoignage qui est confirmé par celui de l'auteur du Traité historique des monnoies de France, lequel assure avoir vu une de ces médailles. (Voyez le p. Daniel, t. VI in-4o, p. 381).

[52]: Journal de Brulart, Mém. de Condé, t. 1.

[53]: Ces troupes allemandes, au nombre de sept mille cavaliers et quatre mille fantassins, leur étoient envoyées par l'électeur palatin Frédéric III, sous la conduite de Jean-Casimir II son fils. Nous verrons reparoître souvent ce prince au milieu de nos dissensions intestines, et à la tête de ces soldats étrangers également funestes à tous les partis.

[54]: Il étoit à peine âgé de dix-sept ans, et ce fut pour ne pas rétablir la place de connétable, et avec elle, la puissance qu'elle auroit apportée à l'un des chefs du parti catholique, que Catherine donna ce commandement suprême au duc d'Anjou, qui étoit d'ailleurs son enfant de prédilection. Le maréchal de Cossé commandoit sous lui et dirigeoit toutes les opérations.

[55]: On soupçonna l'Hôpital d'avoir favorisé cette évasion, en révélant le secret du conseil; et ce soupçon, que son penchant pour les opinions nouvelles ne rendent que trop vraisemblable, fut assez fort pour amener enfin l'entière disgrâce de ce personnage. La reine, dont il avoit eu si long-temps toute la confiance et qu'il avoit toujours si malheureusement conseillée, lui ôta les sceaux et l'éloigna de la cour, où il n'auroit jamais dû être appelé.

[56]: Elle songeoit dès lors à s'emparer de l'Écosse, et préparoit, par ses soins à faire fleurir le commerce, la grande puissance maritime des Anglois. Afin qu'elle réussît dans ce double dessein, il falloit que les puissances qui pouvoient s'y opposer fussent trop occupées chez elles pour penser à lui susciter des obstacles. C'est encore la politique d'Élisabeth qui dirige aujourd'hui le cabinet anglois.

[57]: Il fut renversé de son cheval, et ne put se relever, parce que, un moment avant le combat, il avoit été blessé à la jambe d'un coup de pied que lui donna le cheval du comte de La Rochefoucauld. Il venoit de se rendre prisonnier au sieur d'Argence, lorsque le baron de Montesquiou, capitaine des gardes suisses du duc d'Anjou, arrivant un moment après, lui cassa la tête d'un coup de pistolet, action que l'on doit mettre au nombre des plus horribles de ces détestables guerres.

[58]: Personne ne croyoit que cette paix pût être durable; et, comme elle avoit été conclue au nom du roi, par les sieurs de Biron et de Mesmes, dont le premier étoit boiteux et l'autre seigneur de Malassise, on l'appela la paix Boiteuse et Malassise.