[90]: Ils profanèrent ceux de Jean d'Orléans à Angoulême, de Louis XI à Cléry, de Jeanne de France à Bourges, de François II à Orléans, des Condés à Vendôme.

[91]: Voyez p. [79].

[92]: La conspiration d'Amboise et l'affaire de Meaux, Voyez p. [48] et [131].

[93]: Matthieu, liv. 6.

[94]: L'abbé de Caveyrac observe ici avec juste raison que si Charles IX voulut forcer le roi de Navarre et le prince de Condé à aller à la messe, ce fut moins pour les attacher à la foi catholique, que pour les détacher du parti huguenot; et ce qui est une dernière preuve que le zèle religieux n'étoit pour rien dans toute cette affaire, c'est que, le premier moment passé, il ne se mit pas fort en peine de leur conversion; en quoi, ajoute-t-il, il fut mauvais politique. En effet, si, après avoir amené ces princes à une abjuration, on eût employé tous les moyens de douceur et de persuasion pour les retenir dans la religion catholique, les calvinistes, qui venoient de perdre leur chef, n'auroient pu le remplacer, et les guerres civiles eussent pris fin.

[95]: La preuve de cette rébellion non interrompue se trouve dans le journal de sa recette et de sa dépense, produit au conseil du roi et au parlement. On y voit que, sous prétexte de lever de l'argent pour le paiement des reîtres, et malgré les défenses portées dans les édits de pacification, «il levoit et exigeoit sur les sujets du roi qui étoient de la religion, une si grande et énorme somme de deniers, que les pauvres gens en étoient du tout spoliés de leurs facultés.» (Harang. de Bellièvre, pron. à Baden, le 18 décembre 1572). Ses papiers, dont on se saisit après sa mort, contenoient des arrangements et des projets, qui, si la preuve en eût été acquise, auroient été plus que suffisants pour le faire périr sur un échafaud. Le même Bellièvre, que nous venons de citer, disoit aux députés des treize cantons, en parlant de ces papiers: «Je sais où ils sont; le roi les a vus, tout son conseil semblablement, comme aussi sa cour de parlement. Que peut-on dire d'un ordre politique qui a été trouvé parmi leurs papiers, par lequel il a apparu au roi que ledit amiral avoit établi en seize provinces de son royaume, des gouverneurs, des chefs de guerre avec certain nombre de conseillers qui avoient charge de tenir le peuple armé, le mettre ensemble et en armes aux premiers mandements de sa part, auxquels étoit donné pouvoir de lever annuellement, sur les sujets de Sa Majesté, notable somme de deniers.»

[96]: Ainsi s'expliquent naturellement, simplement et avec une évidence qui doit frapper tous les bons esprits, ces marques publiques de joie que donna la cour de Rome, lorsqu'elle reçut la nouvelle de la Saint-Barthélemi, et que ne cessent de lui reprocher avec une hypocrite indignation, et nos rhéteurs philosophes, et nos philosophes historiens, se plaisant à y trouver une preuve incontestable que l'Église se réjouit du meurtre et des assassinats. De qui le pape reçut-il cette nouvelle, si ce n'est du roi de France lui-même? Que lui mandoit ce monarque, sinon ce qu'il avoit écrit à ses gouverneurs de provinces, ce qu'il déclaroit solennellement dans son parlement, qu'il venoit de déjouer une horrible conspiration, laquelle menaçoit ses jours et ceux de toute sa famille? N'étoit-ce pas de la même manière qu'il présentoit ce grand événement à toutes les cours de la chrétienté? Si on rendit à Rome des actions de grâce solennelles, si Grégoire XIII alla processionnellement de l'église de Saint-Marc à celle de Saint-Louis, s'il indiqua un jubilé, s'il fit frapper une médaille, que signifient tous ces actes, sinon la satisfaction qu'éprouvoit le père des fidèles, de voir le roi très-chrétien échappé à un aussi grand danger? Étoit-il obligé d'en savoir là-dessus plus qu'on ne lui en disoit, plus que n'en savoient Paris, les provinces, la première cour de justice du royaume? Peut-on lui reprocher de n'avoir pas pénétré jusqu'au fond d'un événement passé à trois cents lieues de lui, sur lequel, même après plus de deux siècles de recherches et de controverses, il existe encore tant d'obscurité et de contradictions? Ce n'est pas le tout que d'avoir de la haine, il faut encore avoir le sens commun.

[97]: Le Vivarais et les Cévennes dépendoient du gouvernement de Nîmes, et à celui de Montauban étoient attribués les pays voisins. Ils établirent aussi des conseils secrets dans les provinces plus éloignées, avec obligation de rendre compte de leurs opérations aux deux conseils principaux.

Il étoit défendu aux particuliers de faire aucune violence; mais, dans les endroits où ils étoient les plus forts, ils eurent ordre de ne point se dessaisir des biens de l'Église qu'ils avoient achetés au commencement de la dernière guerre, de continuer les levées d'argent, telles qu'ils les faisoient avant la paix, et de contraindre les catholiques à en payer leur part.

[98]: Il attaqua près de Langres un corps de reîtres que conduisoit Thoré, frère du duc de Montmorenci, et le défit entièrement. Ce fut dans cette action qu'il reçut à la joue une blessure dont la marque lui resta toute sa vie, ce qui lui fit donner le surnom de Balafré.