[108]: Cela fut manifeste, surtout dans la dernière session du concile de Trente, où les ambassadeurs de France menacèrent hautement de se retirer, si l'on osoit toucher à ce qu'ils appeloient les libertés gallicanes; où toutes les affaires de ce royaume étant conduites par des diplomates dont la foi étoit plus que suspecte, il n'est point de dispositions malveillantes et de prétentions hautaines qu'ils ne se plussent à élever contre les actes de cette assemblée vénérable. Il en résulta que, malgré tous les ménagements qu'y mirent le pape et les légats, et la précaution extrême qu'ils eurent de n'attaquer les usurpations du pouvoir temporel sur le Saint-Siége, qu'en exhortant les princes, par les motifs les plus pressants, à procurer l'observation des actes et décrets du saint concile, ces décrets et ces actes furent rejetés en France, en tout ce qui étoit contraire aux libertés de l'église gallicane; et si quelques-uns de ceux qui concernoient la discipline y furent adoptés, parce que l'utilité en étoit démontrée, ils le furent, non comme émanés du concile, mais comme autorisés par les états de Blois, qui s'assemblèrent quelques années après.

[109]: Voyez t. II, 2e part., p. 1071.

«Arrangez-moi un peu ces feux avec cette protection,» disoit très-judicieusement Brantôme.

[110]: Voyez p. [9] et [10] de ce vol.

[111]: Celui de la reine Marguerite de Navarre sa sœur.

[112]: La Popelinière.

[113]: Il assistoit à Avignon avec le roi et toute la cour à une procession de pénitents, lorsqu'il lui prit un mal de tête si violent, qu'il fut obligé de se retirer avant la fin de la cérémonie. Il mourut peu de jours après, le 26 décembre 1574, étant à peine âgé de cinquante ans. Le bruit courut qu'il avoit été empoisonné; mais on n'en a aucune preuve. Toujours à la tête des plus grandes affaires de l'Église ou de l'état, dirigé par les mêmes maximes politiques et religieuses que son illustre frère, doué comme lui d'un génie supérieur et d'un fort caractère, il occupe à côté de lui une première place parmi les grands personnages de son temps.

[114]: Le duc Casimir osa lui demander raison de sa manière d'agir envers les protestants de France, tandis que lui-même et les autres princes allemands réformés persécutoient les catholiques dans leur propre pays; et le roi se vit réduit à lui donner sur ce point les explications les plus humiliantes.

[115]: Les termes de l'édit étoient ménagés de manière que la religion romaine paroissoit toujours la dominante; mais de sorte aussi que la prétendue réformée ne perdoit aucun avantage solide pour n'être qu'en second. On lui assuroit l'exercice public, avec une liberté plus étendue, mieux spécifiée et moins assujétie à la gêne des anciennes restrictions. Le roi établit ses sectateurs dans tous les priviléges de citoyens, dans le droit aux charges, aux magistratures et autres dignités: il approuva la prise d'armes et tout ce qu'ils avoient fait, comme très-utile à l'état; il leur accorda des juges établis exprès pour eux dans chaque parlement, neuf places de sûreté et des troupes, à condition qu'ils paieroient les dîmes, rendroient les biens d'église usurpés, chômeroient les fêtes extérieurement, et ne choqueroient en rien les catholiques dans leur culte.

[116]: Damville avoit eu occasion de connoître, dans ses relations avec elle, le génie de cette secte et les projets de ses chefs pour l'établissement d'une espèce de république dans le Bas-Languedoc, sur le plan de celles qu'ils avoient déjà formées à La Rochelle et à Montauban. Ils ne se servoient de leurs liaisons avec lui que pour le trahir et séduire les peuples; après les avoir séduits, s'emparer, en les soulevant, des principales villes, et le chasser de son gouvernement. Il s'en aperçut et rompit sans retour avec eux, mais trop tard: car le calvinisme avoit déjà jeté de profondes racines dans ce pays qui, de bon qu'il étoit, devint un des plus mauvais de toute la France.