[221]: «Le lendemain du sacre[221-A], quatorzième jour de mai, le roi sortit du Louvre sur les quatre heures pour aller à l'Arsenal visiter Sully qui étoit indisposé, et pour voir en passant les apprêts qui se faisoient sur le pont Notre-Dame et à l'Hôtel-de-Ville pour la réception de la reine. Il étoit au fond de son carrosse, ayant le duc d'Épernon à son côté; le duc de Montbazon, le maréchal de Lavardin, Roquelaure, La Force, Mirabeau et Liancourt, premier écuyer, étoient au-devant et aux portières. Son carrosse, entrant de la rue Saint-Honoré dans celle de la Ferronnerie, trouva à la droite une charrette chargée de vin, et à la gauche une autre chargée de foin, lesquelles faisant embarras, il fut contraint de s'arrêter, car la rue est fort étroite à cause des boutiques qui sont bâties contre la muraille du cimetière Saint-Innocent. Le roi Henri II avoit autrefois ordonné qu'elles fussent abattues, pour rendre ce passage-là plus libre; mais cela ne s'étoit point exécuté. Les valets de pied étant passés sous les charniers de Saint-Innocent, pour éviter l'embarras, et n'y ayant personne autour du carrosse, le scélérat qui depuis long-temps suivoit opiniâtrement le roi pour faire son coup, remarqua le côté où il étoit, se coula entre les boutiques et le carrosse, et, mettant un pied sur un des rais de la roue et l'autre sur une borne, d'une résolution enragée, lui porta un coup de couteau entre la seconde et la troisième côte, un peu au-dessus du cœur. À ce coup le roi s'écria: Je suis blessé. Mais le méchant, sans s'effrayer, redoubla, et le frappa dans le cœur, dont il mourut tout à l'heure, sans avoir pu jeter qu'un grand soupir. L'assassin étoit si assuré, qu'il donna encore un troisième coup, qui ne porta que dans la manche du duc de Montbazon. Après cela il ne se soucia point de s'enfuir ni de cacher son couteau; mais se tint là comme pour se faire voir et pour se glorifier d'un si bel exploit.» (Péréfixe.)
[221-A]: Il s'agit ici du couronnement de la reine Marie de Médicis, que le roi avoit fait faire avec beaucoup de pompe dans l'église de Saint-Denis, parce qu'il avoit résolu de lui laisser la régence du royaume pendant la grande expédition qu'il projetoit et dont tous les préparatifs étoient achevés. L'entrée solennelle de la reine dans Paris devoit avoir lieu le dimanche suivant.
[222]: Voyez pl. 147.
[223]: Pour bien entendre cette inscription il faut savoir que Louis XIV avoit supprimé un impôt établi sur les marchandises qui arrivoient de ce côté à Paris, et que ce fut en reconnoissance de ce bienfait que l'on résolut l'érection du monument.
[224]: Voyez pl. 137.
[225]: Dubreul, p. 771.
[226]: Vie de S. Vinc. de P., p. 115.
[227]: Voyez ses Mémoires, tome Ier.
[228]: D'ailleurs Lacaille s'est encore trompé en disant qu'en 1665 les filles Sainte-Geneviève s'établirent rue de la Tournelle. Les autres historiens de Paris ne les y placent qu'en 1670. Mais cette date elle-même est-elle certaine? ou du moins la doit-on considérer comme celle de l'établissement légal? c'est ce qu'il est difficile de concilier avec les titres et les lettres-patentes. Il est vrai, ainsi que le disent ces historiens, qu'en 1670 madame de Miramion acheta, sur le quai de la Tournelle, une grande maison, qu'un riche partisan nommé Martin avoit fait bâtir, et qu'elle en acquit encore une autre voisine, soit qu'elle eût conçu le dessein d'y établir à demeure sa communauté, ou simplement de les lui laisser par la suite. Mais il est également certain, 1o qu'il n'est point fait mention de cette communauté sur les plans de Jouvin en 1673, et de Bullet en 1676; 2o que l'acquisition de la maison qu'occupoient les Miramiones n'est que du 26 juin 1691; 3o que dans l'énoncé des lettres-patentes du mois d'août 1693, qui confirment leur établissement, elles exposent au roi, «qu'encore que par les lettres-patentes du mois de juillet 1661 et mai 1674, Sa Majesté ait confirmé leur établissement, elles n'ont point été en état d'acquérir une maison propre à loger une communauté; qu'elles ont été obligées de demeurer dans des maisons qu'elles ont tenues à loyer..... mais qu'elles ont depuis peu acquis une maison sur le quai de la Tournelle, de M. de Nesmond, évêque de Bayeux, et de madame de Miramion, moyennant 80,000 fr., par contrat du 26 juin 1691, et une autre maison joignant la précédente, par autre contrat du 26 juin 1693. Qu'outre ce ladite dame de Miramion leur a donné deux maisons réunies en une seule, situées sur ledit quai..... afin de la faire servir aux exercices des retraites d'un grand nombre de filles et de femmes de toutes qualités.» Ces lettres furent enregistrées au parlement le 7 septembre de la même année et à la chambre des comptes le 30 juin 1696. (Jaillot.)
[229]: Cette maison a été rétablie depuis quelques années.