Pendant long-temps l'extrême pauvreté de cette compagnie avoit empêché que l'éducation n'y fût gratuite, ce qui étoit humiliant pour la première école du monde, et en même temps nuisible au progrès des lettres. Le projet de l'instruction gratuite, ébauché sous le cardinal de Richelieu, n'eut cependant son entière exécution qu'en 1719. C'est alors que, par un contrat passé entre le roi et la faculté des arts, cette compagnie obtint le vingt-huitième du produit effectif du bail des postes et messageries, pour la dédommager de la cession qu'elle faisoit à Sa Majesté des messageries dont elle étoit l'inventrice[365-A] et la propriétaire, et en considération de l'engagement qu'elle prenoit d'instruire gratuitement ses sujets.

[365-A]: Les messagers établis par l'Université pour le service des écoliers devinrent peu à peu ceux du public, parce que l'on trouva commode de se servir de cette voie pour faire transporter d'un lieu à l'autre ses hardes, ses lettres, ses paquets. Ils jouirent pendant long-temps de ce privilége exclusif, dans lequel ils furent constamment maintenus par l'autorité, sans que les messagers royaux, institués en 1576 par Henri III, fussent même admis à les partager. (Ceux-ci ne pouvoient porter que les sacs et papiers de justice.) Cet état de choses dura jusqu'en 1632, que Louis XIII les autorisa à remplir les mêmes fonctions que les messagers de l'Université, mais seulement les mardis et vendredis.

[366]: Jean de Vitri.

[367]: Page 706.

[368]: Hist. de Par., t. IV, p. 622.

[369]: Le maître n'avoit alors que 6 sous par semaine, le chapelain 4 sous, et chaque boursier 3 sous.

[370]: Ce collége est maintenant habité par des particuliers.

[371]: Crevier, Hist. de l'univ., t. II, p. 214.

[372]: Il eut égard, dans une telle mesure, aux changements qui pouvoient survenir dans la monnoie, et qui étoit alors très-fréquents, sage prévoyance, dont depuis les boursiers ne surent pas profiter. La bourse de chaque théologien fut fixée à six marcs d'argent pur, poids de Paris; celle d'un artien à quatre marcs.

[373]: Voyez pl. 148. Quelques historiens ont cru qu'elle étoit sous le titre de saint Remi, parce que l'église célébroit le même jour la mort de ce saint et la translation de saint Fremi ou Firmin son patron. Cette dernière fête étoit remarquable par des particularités assez singulières: un boursier, vêtu en Éminence, représentoit, pendant toute cette journée, la personne du cardinal, et dans cet affublement assistoit à l'office, suivi d'un aumônier qui portoit son chapeau rouge. La nation de Picardie y alloit célébrer la première messe, y recevoit une sportule, et venoit ensuite rendre ses devoirs au prétendu cardinal, qui lui prodiguoit les dragées et les confitures sèches; de là on se rendoit à l'église, où souvent celui-ci célébroit pontificalement la grand'messe. L'Éminence devoit ensuite donner un grand dîner, dans lequel on continuoit à lui rendre les mêmes honneurs, etc. Cette fête, connue sous le nom de la solennité du Cardinal, avoit été sagement abolie au commencement du siècle dernier.