Piganiol dit «qu'au coin de cette rue il y a une tour où l'on enfermoit autrefois les enfants de famille débauchés; que le premier qu'on y mit s'appeloit Alexandre, et qu'on en donna le nom à la tour: il ajoute que Pierre Bercheur, religieux de Saint-Benoît, qui fut depuis prieur de Saint-Éloi, y avoit été renfermé; et que, comme il avoit composé un dictionnaire pendant sa détention, on l'avoit confondu avec Despautère, et qu'on avoit donné le nom de ce dernier à cette tour.» Ces petites anecdotes sont plus que suspectes; il est certain que la tour en question est désignée dans plusieurs actes sous le nom d'Alexandre; mais on ne trouve aucune preuve ni de l'antiquité qu'on lui donne, ni de l'usage auquel on prétend qu'elle a servi. Jaillot a seulement découvert qu'en 1576 la ville ordonna aux religieux de Saint-Victor de faire murer la porte d'Aleps et la rue de Seine, et de faire faire deux tourelles à leur clôture; ce qui fut exécuté.
[473]: Dans cette rue, et vis-à-vis celle de Versailles, est un cul-de-sac qui porte le nom de cette dernière rue.
[474]: Cens. de Sainte-Genev., an 1540, fol. 97.
[475]: Dans cette rue il y en avoit anciennement une autre appelée rue d'Aleps, qui se prolongeoit jusqu'au grand chemin le long de la rivière, et qui de ce côté se terminoit par une porte. En parlant de la rue de Seine, nous avons remarqué que les religieux de Saint-Victor avoient eu ordre de la faire murer. Les titres de cette abbaye nous apprennent que cette rue ou chemin coupoit un terrain labouré nommé d'abord terre d'Alez ou d'Aleps, et ensuite du Chardonnet, et qu'il lui fut donné par Louis-le-Gros. Quelques historiens ont prétendu, mais sans en donner de preuve, que ce nom lui venoit d'Alix ou Adélaïde de Savoie, épouse de ce prince.
[476]: En face du collége des Écossois, situé dans cette rue, on en a percé une nouvelle qui donne dans la rue Bordet. Elle est encore sans nom.
[477]: Recueil d'Antiq., t. III, p. 398.