Ces priviléges furent de nouveau confirmés par d'autres lettres-patentes du mois d'avril 1659, enregistrées le 14 juillet suivant. Enfin le dernier sceau de l'autorité royale fut mis à cet établissement par de nouvelles lettres-patentes du mois d'avril 1672, enregistrées le 18 mai suivant, qui confirment les statuts et réglements faits pour cet hôpital.

Cette maison étoit administrée sous les ordres du premier président, du procureur-général et du chef mâle de nom et famille du fondateur, par une gouvernante et quatre maîtresses.

La reconnoissance fit mettre cette maison sous l'invocation de saint Antoine, patron du fondateur[299].

CURIOSITÉS DE L'HÔPITAL DE NOTRE-DAME DE LA MISÉRICORDE.
SCULPTURES.

Dans l'église un buste en marbre représentant Antoine Seguier. On lisoit au-dessous son épitaphe[300].

ÉGLISE
PAROISSIALE DE SAINT-MÉDARD.

Le silence des anciens auteurs sur l'origine de cette église et sur l'époque de son érection en paroisse a répandu beaucoup de vague et d'incertitude sur ce qu'en ont écrit les modernes. Tout ce que Sauval dit à ce sujet[301], ainsi que sur le bourg Saint-Marcel, est rempli d'erreurs et d'inexactitude: il cite des chartes qui n'existent point ou qu'il n'a certainement pas lues; il transpose ou altère les noms; il brouille les dates. L'abbé Lebœuf, plus exact et plus judicieux, ne donne cependant que des conjectures adoptées par Jaillot, et d'où il résulte que, suivant les apparences, le bourg de Saint-Médard se forma sur la gauche de la Bièvre, à peu près à l'époque à laquelle celui de Saint-Marcel s'établit sur la droite; que l'éloignement où ceux qui l'habitoient se trouvèrent de Sainte-Geneviève, mit dans la nécessité d'y bâtir une chapelle, qui fut détruite par les Normands, et reconstruite lorsque ce bourg eut été repeuplé. Ce qui prouve sa dépendance de Sainte-Geneviève[302], c'est que, dans tous les temps, l'église de Saint-Médard a été desservie par un chanoine de cette abbaye, et qu'elle n'a pas cessé d'être à la nomination de l'abbé. Dès le douzième siècle on la trouve, ainsi que le bourg, sous la dénomination de Villa et Ecclesia sancti Medardi, en françois, sous celui de Saint-Mart, Maart et Mard. L'abbé Lebœuf pense que ce nom vient de quelques reliques de saint Médard que les anciens chanoines de Sainte-Geneviève avoient rapportées du Soissonnois, où les ravages des Normands dans les environs de Paris les avoient forcés de se retirer avec le corps de leur saint patron.

Dès le commencement du siècle dernier il n'existoit déjà plus rien dans cette église de ses premières constructions. Ce qu'il y avoit de plus ancien dans le bâtiment ne remontoit pas à plus de deux cent cinquante ans. Les deux bas-côtés de la nef, qui étoit très-étroite, plus modernes, n'avoient guère que deux siècles d'antiquité. Les désordres et les profanations que les huguenots exercèrent en 1561 à Saint-Médard, bien qu'ils n'eussent pas été punis aussi sévèrement qu'ils auroient dû l'être, devinrent cependant, par plusieurs circonstances que nous ferons connoître[303], une occasion d'agrandissement pour cette église, à laquelle on appliqua les amendes auxquelles quelques-uns des coupables furent condamnés, et les concessions que le zèle religieux fit faire dans cette circonstance. L'argent qui en provint servit à l'augmenter, en 1586, du chœur et du rond-point. On y fit, au siècle suivant, de nouvelles réparations, et le grand autel fut reconstruit en 1655.

Enfin, quelques années avant la révolution, on reconstruisit de nouveau et cet autel et la chapelle de la Vierge qui termine le rond-point; le tout sur les dessins de M. Radel, architecte. Ce maître autel étoit disposé à la romaine; quatre arcades soutenant une voûte plate formoient la grande chapelle. Tout cela existe encore, et n'a rien de remarquable[304].

CURIOSITÉS DE L'ÉGLISE SAINT-MÉDARD.
TABLEAUX.