Sur le maître-autel, la Vision de Saint-Jean, par Lagrenée.

À gauche de la grille du cœur, un Christ mort; sans nom d'auteur.

SÉPULTURES.

Le cardinal Le Moine et son frère André Le Moine, évêque de Noyon, y étoient inhumés dans le même tombeau.

Ce collége étoit une des quatre maisons de théologie de la faculté de Paris. Il possédoit un terrain très-spacieux, qui s'étendoit depuis la rue Saint-Victor jusqu'à la porte Saint-Bernard. Parmi les savants qui y ont professé, on distingue Turnebe, Buchanan et Muret.

Le séminaire Saint-Nicolas-du-Chardonnet (rue Saint-Victor).

Le séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet étoit situé immédiatement au-dessus de la principale porte de l'église du même nom. Ce n'étoit, dans le principe, qu'une société de dix ecclésiastiques, que l'un d'eux, M. Adrien Bourdoise avoit réunis en 1612 au collége de Reims, où il demeuroit. L'objet de cette petite communauté étoit de former des conférences pour l'utilité des jeunes gens qui se destinoient à la prêtrise. Il est remarquable que M. Bourdoise n'avoit point encore reçu les ordres lorsqu'il commença cet utile établissement; et ce ne fut que l'année suivante qu'il fut élevé à la dignité du sacerdoce, circonstance qui accrut son autorité parmi ses collègues. Il les avoit si bien choisis, et ils se montrèrent si disposés à favoriser son projet, qu'ils ne balancèrent point à le suivre dans les colléges du Mans, du Cardinal Le Moine et de Montaigu, dans lesquels il fut successivement transféré. Enfin, après plusieurs épreuves, ces ecclésiastiques se consacrèrent entièrement, en 1618, à l'instruction des jeunes clercs. On les voit s'établir, en 1620, dans la maison du sieur Guillaume Compaing, l'un d'entre eux, et la quitter en 1624 pour former un nouvel établissement au collége des Bons-Enfants. M. Georges Froger, alors curé de Saint-Nicolas, reconnoissant des services qu'ils rendoient à sa paroisse, résolut de se les attacher; et l'on peut lire dans Sauval[375] les conventions, sous signatures privées, qui furent passées entre eux le 26 juillet 1631, et rédigées en acte public le 11 octobre suivant. Cette institution ayant été approuvée par l'archevêque le 24 du même mois, et autorisée par lettres-patentes dans le mois de février suivant, ces prêtres acquirent en commun une maison et un jardin contigu, et cette acquisition fut confirmée par d'autres lettres-patentes du mois de mai de la même année[376].

Ils obtinrent, en novembre 1643, des lettres-patentes qui les autorisoient à recevoir des legs et des donations. Ce fut peut-être le refus que fit alors le parlement d'enregistrer ces lettres, qui leur procura un établissement légal: le 20 avril 1644 l'archevêque ayant érigé cette communauté en séminaire, fit autoriser cette érection par lettres-patentes du mois de mai suivant. Le parlement, en les enregistrant, crut devoir y mettre quelques modifications; le roi en accorda de nouvelles le 21 mai 1661, qui en ordonnoient l'enregistrement simple, et le parlement fut forcé de s'y conformer le 25 du même mois.

Cette communauté, enrichie par quantité de donations, augmenta ses bâtiments, et fit élever, en 1730, une autre maison dans la même rue, sous le nom de petit-séminaire. On y recevoit, à titre de pensionnaires, les étudiants qui se destinoient à l'état ecclésiastique. Les dimanches et fêtes, ils faisoient partie du clergé de la paroisse[377].

La bibliothèque étoit composée d'environ quinze mille volumes d'un bon choix. Il y avoit aussi un cabinet d'histoire naturelle.