Rue de la Clef. Elle aboutit d'un côté à la rue Coupeaux, et de l'autre à celle d'Orléans. Sauval dit «qu'elle est appelée tantôt rue de la Corne, tantôt rue Neuve-Saint-Médard, et qu'on l'a même souvent confondue avec la rue Gratieuse et la rue Tripelet.» Jaillot convient qu'elle se nommoit, en 1587, rue Saint-Médard, qu'on la trouve même dans un terrier de Sainte-Geneviève sous celui de rue Courtoise (ou Gratieuse), mais il nie qu'elle ait jamais été nommée de la Corne ou Neuve-Saint-Médard. Du reste elle portoit, dès 1588, le nom qu'elle a conservé jusqu'à ce jour; et ce nom, elle le devoit à une enseigne.
Rue Clopin. Elle traverse de la rue Bordet dans celle des Fossés-Saint-Victor, et doit son nom à un logis appelé la grande maison Clopin, qu'on y bâtit en 1258[439]. Elle est ainsi désignée dans plusieurs actes du treizième siècle, et elle le portoit encore dans les deux siècles suivants; mais dès le commencement du seizième on la trouve indiquée sous celui du Champ-Gaillard et du Chemin-Gaillard. On appeloit ainsi le chemin qui régnoit en cet endroit le long des murs, et la place où la rue Clopin aboutissoit.
Lorsqu'au dix-septième siècle on abattit les murs, et que l'on combla les fossés pour y construire des maisons, cette rue fut prolongée jusqu'à celle des Fossés-Saint-Victor, et nommée alors rue des Angloises, parce qu'elle aboutissoit vis-à-vis du couvent de ces religieuses: depuis elle a repris son premier nom dans toute son étendue.
Rue Contrescarpe. Elle aboutit d'un côté aux rues Bordet et Moufetard, de l'autre au coin de la rue Neuve-Sainte-Geneviève, et doit son nom à sa situation sur les fossés de l'Estrapade. Avant que ces fossés creusés entre les portes Saint-Victor et Saint-Jacques fussent comblés et couverts de maisons, ce terrain-ci étoit extrêmement élevé, et formoit un chemin difficile et pénible. M. de Fourci, prévôt des marchands, ayant conçu le projet de lui donner une pente plus douce, obtint, en 1685, un arrêt du conseil, confirmé par lettres-patentes enregistrées en 1686, lequel permettoit de démolir la porte Saint-Marcel, et de reprendre à quinze pieds sous œuvre les maisons de la rue Contrescarpe, en indemnisant les propriétaires: ce qui fut exécuté[440].
Rue Copeau ou Coupeaux. Jaillot pense que ce dernier nom est le véritable. Cette rue conduit de la rue Moufetard au carrefour de la Pitié. Son nom est ancien: il vient d'un hôtel sur l'emplacement duquel il y avoit une butte et un moulin à vent; à quelque distance de là étoit un autre moulin situé sur la rivière de Bièvre, et ce dernier se nommoit, au douzième siècle, moulin de Cupels; on en donna le nom au chemin par lequel on y alloit. Dans les anciens titres on le trouve sous celui de la chauciée Coupeaulx, et dans le procès-verbal de 1636 il est nommé la grand'rue de Coippeaulx.
Rue des Trois-Couronnes. Elle aboutit d'un côté à la rue Moufetard, de l'autre au carrefour Saint-Hippolyte. Son nom, dont l'origine n'est point connue, vient sans doute de quelque enseigne.
Rue Creuse. Elle traverse de la rue des Francs-Bourgeois à celle du Banquier. C'étoit un simple chemin sans nom, et qui n'a pris celui qu'il porte que depuis environ quarante ans[441].
Rue Croulebarbe. Elle commence à la rue Moufetard, près les Gobelins, et aboutissoit autrefois à un moulin dont elle avoit pris sa dénomination. Il est question dans plusieurs anciens titres[442] du moulin de Crollebarbe, et du lieu dit les Plantes ou Croulebarbe. Le moulin est aussi nommé quelquefois moulin de Notre-Dame[443].
Rue des Grands-Degrés. Elle aboutit d'un côté à la rue du Pavé-de-la-Place-Maubert, et de l'autre côté à celles de Bièvre et de la Tournelle. Ce nom lui vient d'un grand degré par lequel on descendoit à la rivière, et qui n'a été détruit qu'à la fin du siècle dernier. Les titres de Sainte-Geneviève en font mention au treizième siècle: Gradus... domus juxta Secanam prope gradum. Cette rue faisoit partie du port que la ville fit faire en 1366; alors on la nomma rue Saint-Bernard; depuis rue Pavée, lorsqu'on y eut bâti les maisons qui forment aujourd'hui la rue de la Tournelle. Enfin elle a pris son dernier nom au commencement du dix-huitième siècle.
Rue Dervillé. Elle traverse de la rue du Champ de l'Allouette à celle des Filles-Angloises. Elle ne porte aucun nom sur les plans de Paris; et Jaillot dit l'avoir trouvée désignée, sans doute dans quelques actes, sous ceux de ruelle ou petite rue des Filles-Angloises, et de petite rue Neuve-Saint-Jean-de-Latran. Elle a pris le nom qu'elle porte maintenant d'un particulier qui l'habitoit il y a environ cinquante ans.