Rue de l'Épée-de-Bois. Cette rue aboutit d'un côté à la rue Moufetard, et de l'autre au Champ d'Albiac. C'est parce qu'elle y conduit que plusieurs topographes la nomment rue du Petit-Champ, quoiqu'une enseigne de l'épée de bois lui en eût fait donner le nom long-temps auparavant. On la trouve ainsi indiquée dès l'an 1603.
Rue Neuve-Saint-Étienne. Elle aboutit d'un côté à la rue des Fossés-Saint-Victor, de l'autre, tournant en équerre, à la rue Coupeaux. Le plus ancien nom qu'elle ait porté est celui de chemin du Moulin-à-Vent, parce qu'elle conduisoit à un moulin situé sur une éminence où l'on bâtit depuis un manoir, appelé le château de Montauban. On trouve en 1539 cette rue désignée sous le nom de Puits-de-Fer ou des Morfondus; 1o à cause d'un puits public qui avoit été construit au carrefour qu'elle forme avec la rue Contrescarpe et celle des Fossés-Saint-Victor; 2o parce qu'il y avoit dans cette rue une maison appelée des Morfondus ou des Réchauffés. La partie en retour d'équerre qui va à la rue Coupeaux se nommoit rue de Montauban. Cette portion avoit été formée du reste d'une ancienne rue qui se terminoit au coude que fait la rue des Boulangers, et qu'on trouve dans plusieurs anciens titres sous la dénomination de rue Tiron, parce qu'elle conduisoit à un clos de ce nom. Lorsqu'elle fut fermée, on prolongea celle de Montauban pour la faire aboutir à la rue des Fossés-Saint-Victor; et depuis, cette dernière rue se confondit dans la rue Neuve-Saint-Étienne.
Rue de Fer ou des Hauts-Fossés-Saint-Marcel. Cette rue commence au carrefour de Clamart, et aboutit à la rue Moufetard. Elle étoit jadis divisée en deux parties, dont la première, depuis le carrefour de Clamart jusqu'à la rue des Francs-Bourgeois, se nommoit rue de Fer, l'autre rue des Fossés et des Hauts-Fossés-Saint-Marcel. Cette dernière dénomination provenoit de ce qu'elle avoit été bâtie sur les fossés qui environnoient le territoire de Saint-Marcel. Près de l'endroit où elle se réunit à la rue des Francs-Bourgeois étoit une porte nommée de La Barre, qui avoit donné son nom à une rue voisine; à l'autre extrémité, la rue de Fer touchoit à une autre porte qu'on appeloit dans les derniers temps la fausse porte Saint-Marcel, et qu'on trouve désignée, en 1304, sous le nom de porte Poupeline[444].
Rue du Fer-à-Moulin. Elle aboutit d'un côté à la rue Moufetard, de l'autre à celles de la Muette et du Pont-aux-Biches. Elle s'étendoit autrefois sous ce nom jusqu'au carrefour de Clamart. Le plus ancien nom qu'elle ait porté est celui de rue du Comte de Boulogne, parce que ces seigneurs y avoient leur hôtel. Suivant Sauval[445], elle a porté aussi le nom de Richebourg, et l'a communiqué à un petit pont sur la Bièvre nommé depuis le Pont-aux-Tripes. Les anciens titres désignent ce pont sous le nom de Tripiers et de Pont-Saint-Médard. Quant à celui de Richebourg, il appartenoit au territoire sur lequel cette rue étoit située, et il le portoit dès le treizième siècle.
Rue de la Fontaine. Elle conduit de la rue d'Orléans à la place ou rue du Puits-l'Ermite. Sauval[446] met au rang des rues qui ne subsistent plus la rue Jean-Mesnard, appelée depuis Jean-Mollé, et, suivant d'autres, Jean Mol et Mole. Cependant, si l'on consulte les plans du dix-septième siècle, on reconnoît que c'étoit la même que celle dont nous parlons. Elle doit ce dernier nom à une maison qui y étoit située, et que l'on appeloit la Grande-Fontaine.
Rue Françoise. Elle aboutit d'un côté à la rue de la Clef, et de l'autre aux rues Gratieuse et du Noir. Dans les titres de Sainte-Geneviève, elle est nommée, en 1588, rue Françoise, autrement dite la Clef; et en 1603, rue Françoise, autrement dite le clos du Chardonnet ou Villeneuve-Saint-René[447]. On la désigne encore sous le nom de carrefour du Puits-de-l'Ermite. Tout ceci prouve qu'elle a été quelquefois confondue avec la rue de la Clef, et même avec la rue Gratieuse. Quant au nom qui lui est resté, elle l'a reçu pour avoir été ouverte sur le Champ d'Albiac vers la fin du règne de François Ier[448].
Rue des Francs-Bourgeois. Elle aboutit d'un côté au cloître Saint-Marcel, et de l'autre à la rue de Fer. Ce nom peut lui être venu, suivant Jaillot, de ce que les habitants de la ville Saint-Marcel étoient exempts de payer les taxes auxquelles les bourgeois de Paris étoient imposés, ainsi qu'il fut décidé par un arrêt du parlement de la Toussaint 1296, lequel déclara que le territoire de Saint-Marcel ne faisoit point partie des faubourgs de Paris[449].
Rue Gautier-Renaud. Elle aboutit d'un côté a la rue des Hauts-Fossés-Saint-Marcel, de l'autre au chemin de Villejuif. Elle ne paroît sur aucun plan avant 1714. C'étoit alors un simple chemin qui faisoit la continuation de la rue Moufetard, et dont l'abbé de La Grive, dans son plan de 1737, a fait deux rues; l'une, sous le nom de Gobelins, qu'il fait aboutir aux Gobelins; l'autre, qui existe réellement, et qui a pris celui de Gautier-Renaud, du nom d'un particulier qui y avoit une maison.
Rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Elle commence à la place Maubert, et aboutit au carré Sainte-Geneviève. Au treizième siècle on la nommoit simplement Sainte-Geneviève, vicus Genovefeus. On l'a nommée ensuite rue Sainte-Geneviève-la-Grant, du Mont, et de la Montagne-Sainte-Geneviève. Le procès-verbal de 1636 lui donne le nom de rue des Boucheries, à cause de plusieurs étaux qu'on permit d'y établir à la fin du douzième siècle et dans le suivant.
Rue des Gobelins. Elle aboutit d'un côté à la rue du Faubourg-Saint-Marcel, de l'autre à la rivière de Bièvre, à l'extrémité de la rue des Marmouzets. Sur tous les plans du dix-septième siècle et même du commencement du dix-huitième, elle porte le nom de rue de Bièvre; cependant dès 1636 on l'appeloit aussi rue des Gobelins. Elle doit ce dernier nom à la manufacture dont elle est voisine.