Rue d'Orléans. Elle va de la rue Moufetard à celle du Jardin du Roi. On voit, par les terriers de Sainte-Geneviève, qu'elle s'appeloit rue des Bouliers et aux Bouliers, et quelquefois de Richebourg, à cause du territoire où elle étoit située. Un topographe, M. Robert, dit qu'elle se nommoit en 1163 rue du Bouloir. Jaillot n'a pu trouver, quelque recherche qu'il ait faite, aucun titre qui en fasse mention à cette époque; il est même probable qu'elle n'existoit point encore, le Richebourg couvert alors de terres labourables, de vergers et de maisonnettes, n'ayant été bâti et orné de jardins que dans le siècle suivant. Tous les chemins ou rues dont il étoit entrecoupé s'appeloient du nom général du territoire, en Richebourg, in divite Burgo. Elle tire le nom qu'elle porte aujourd'hui, ainsi que le dit Piganiol, de la maison de plaisance qu'y possédoit Louis de France, duc d'Orléans et frère de Charles VI.
Rue du Paon. Elle conduit de la rue Traversine à celle de Saint-Victor. Avant le milieu du treizième siècle, elle étoit connue sous le nom d'Alexandre Langlois, vicus Alexandri Anglici, et c'est ainsi qu'elle est connue dans tous les actes, jusqu'au seizième. En 1540 elle est déjà appelée rue du Paon, et c'est d'une enseigne qu'elle avoit pris ce nouveau nom, qu'elle porte encore aujourd'hui.
Rue Perdue. Elle aboutit d'un côté à la rue des Grands-Degrés, de l'autre à la place Maubert. Cette rue est ancienne: Guillot en fait mention, ainsi que le rôle de 1313, et l'on ne trouve pas qu'elle ait porté d'autre nom. La principale porte du collége de Chanac étoit autrefois située dans cette rue.
Rue Pierre-Assis. Elle aboutit d'un côté à la rue Moufetard, et de l'autre au carrefour Saint-Hippolyte. Si l'étymologie de ce nom est vraie, et qu'elle vienne d'une enseigne de la chaire de Saint-Pierre, c'est bien mal à propos qu'on a écrit sur tous les anciens plans Quirassis, Quiracie, Qui-Rassis, Pierre-Agis et Pierre-Argile. Jaillot pense que c'est la rue que les anciens titres appellent Petite rue Saint-Hippolyte.
Rue de Poissy. Voyez [rue Montigny].
Rue de Pontoise. Voyez rue de Sartines.
Rue Poliveau ou des Saussaies. Elle aboutit d'un côté au carrefour de Clamart, de l'autre au chemin qui règne le long de la Seine. L'ancien nom du territoire sur lequel cette rue a été ouverte est, selon Jaillot, le locus Cinerum, que l'abbé Lebeuf avoit confondu avec la rue de Lourcine. On ignore d'où vient ce nom de lieu des Cendres; mais les anciens titres prouvent qu'il existoit dès 1243. Dans le siècle suivant cette rue est nommée de la Cendrée, et ensuite de Pont-Livaut, dénomination que les modernes ont altérée en écrivant Pouliveaux, Pouliveau, Polivau. Ce nom vient d'un petit pont pratiqué sur la rivière de Bièvre. On voit ensuite dans un censier de Sainte-Geneviève de 1646, qu'on la nommoit alors rue des Carrières alias de la Cendrée. Enfin on la trouve sous le nom des Saussaies ou Saussoies. Bien que les titres fassent mention d'un certain Renaud des Saussaies, qui habitoit ce lieu au treizième siècle, Jaillot pense que cette rue doit ce dernier nom aux saules dont étoit couvert le terrein qu'elle traversoit[468]. Cette rue se prolonge maintenant jusqu'à la rivière.
Rue du Puits-l'Ermite. Elle fait la continuation de la rue Françoise, et aboutit à celle du Battoir. C'est une espèce de petite place où il y avoit autrefois un puits: les titres et les anciens plans ne la distinguent pas de la rue Françoise. On ignore l'origine de ce nom; mais Jaillot trouve qu'au seizième siècle, Adam l'Ermite avoit une tannerie et des jardins dans ce quartier, et sans doute c'est à lui ou à quelqu'un de ses descendants que cette rue doit sa dénomination.
Rue des Saussaies.—Voyez [rue Poliveau].