Rue du Petit-Moine. Elle aboutit d'un côté à la rue Moufetard, de l'autre à celle de la Barre. Elle devoit ce nom à une enseigne et le portoit dès l'an 1540[458], ainsi qu'il est prouvé par plusieurs actes de cette même année.
Rue Montigny. Elle a été ouverte au côté oriental de la halle aux Veaux, lors de la construction de cet édifice[459].
Rue Moufetard. Elle commence à la rue Contrescarpe, au bout de la rue Bordet, et finit aux Gobelins. Quelques nomenclateurs la font finir au Pont-aux-Tripes, et depuis cet endroit jusqu'aux Gobelins la nomment rue du Faubourg-Saint-Marcel. Sauval[460] et plusieurs autres suivent cette opinion; cependant tous les titres la désignent sous le nom de rue Moufetard. L'ignorance des copistes a extrêmement défiguré ce nom, tour à tour présenté sous les variantes suivantes: Monfetart, Maufetard, Mofetard, Moufetart, Mouflard, Mostart, Moftart, etc. Sauval et ceux qui l'ont copié disent que dès 1230 elle étoit déjà ainsi appelée: il seroit difficile d'en donner la preuve. Ce n'étoit au treizième siècle qu'un chemin qui traversoit un territoire nommé par les titres de ces temps-là Mons Cetarius et Mons Cetardus[461]. L'abbé Lebeuf en a conclu avec raison que le nom de Mont-Cétard a été altéré et changé en celui de Moufetard. Dans les terriers de l'abbaye Sainte-Geneviève postérieurs à 1243, ce nom est écrit Montfétard. Il est bien question d'un particulier nommé Étienne Moufetard, et dans un autre endroit Mouflard, qui dans cette même année possédoit une maison in Monte Cetardo; mais la différence de ces deux noms prouve assez que le territoire[462] où elle étoit située existoit sous sa dénomination propre avant que ce particulier vînt l'habiter, et que c'est uniquement dans cette source qu'il faut chercher l'étymologie du nom de la rue. Elle a été aussi nommée, au commencement du dix-septième siècle, rue Saint-Marcel, grande rue Saint-Marcel et vieille rue Saint-Marcel[463].
Rue de la Muette. Elle fait la continuation de la rue du Fer-à-Moulin, et aboutit au carrefour de Clamart. Elle se confondoit autrefois avec cette rue, et le plan de Gomboust est le premier qui la présente sous cette dénomination de la Muette, dont on ignore l'étymologie[464]. On la nomme aujourd'hui rue Cendrier.
Rue du Mûrier. Elle aboutit d'un côté à la rue Traversine, de l'autre à celle de Saint-Victor. Sauval a avancé sur cette rue plusieurs assertions très-inexactes: il est certain que son premier nom étoit rue Pavée, vicus Pavatus, ce qui est prouvé par les cartulaires de Sainte-Geneviève de 1243 et 1249; et ce nom se trouve dans tous les terriers postérieurs, jusqu'au seizième siècle. Guillot l'appelle Pavée-goire. l'abbé Lebeuf a pensé que ce mot Goire étoit peut-être le synonyme d'Andouille, parce qu'en effet cette rue a été nommée ainsi (Pavée-d'Andouilles); mais il paroît que c'étoit seulement un surnom que lui donnoit le bas peuple; car dans tous les actes elle est nommée Pavée, sans addition. On voit dans Corrozet que de son temps elle se nommoit déjà rue du Mûrier.
Rue Saint-Nicolas. Elle aboutit d'un côté, comme la précédente, à la rue Traversine, de l'autre à celle de Saint-Victor. Son nom est dû à l'église vis-à-vis de laquelle elle est située. Guillot l'appelle rue Saint-Nicolas-du-Chardonnay et du Chardonneret. On ne lui donnoit point de surnom au treizième siècle; et dans un cartulaire de Sainte-Geneviève de 1250[465] elle est simplement nommée vicus Sancti Nicholai propé puteum.
Rue du Noir. Elle fait la continuation de la rue Gratieuse, et aboutit à la rue d'Orléans. Nous avons déjà observé qu'au milieu du dix-septième siècle on donnoit ce nom à la rue Gratieuse, et qu'il venoit d'une enseigne de la Tête Noire. C'est par cette raison sans doute que celle-ci est nommée dans un plan rue du More. On la trouve dans un autre sous la dénomination de ruelle du Petit-Champ[466]. Dès 1646 elle étoit appelée rue du Noir[467].
Rue Vieille-Notre-Dame. Elle fait la continuation de la rue de la Clef, et aboutit à celle du Pont-aux-Biches, entre les rues d'Orléans et Censier. Les plans de Paris du siècle dernier la confondent tantôt avec cette dernière rue, tantôt avec les rues du Pont-aux-Biches et de la Clef. Quelques-uns la présentent sous des noms qu'elle n'a jamais portés. Cependant il est certain qu'elle étoit connue sous sa dénomination actuelle dès le commencement du dix-septième siècle.
Rue de l'Orangerie. Elle traverse, ainsi que la précédente, de la rue d'Orléans dans la rue Censier. Elle est également indiquée d'une manière très-fautive sur le plus grand nombre des plans du siècle dernier.