Rue des Fossés-Saint-Victor[476]. Elle commence à l'extrémité de la rue Saint-Victor, où étoit une des portes de l'enceinte de Philippe-Auguste, laquelle fut rebâtie en 1570, et abattue en 1684, et finit à la rue Neuve-Saint-Étienne et à celle de Fourci. Son nom lui vient des fossés sur l'emplacement desquels elle a été bâtie. Depuis la rue Clopin jusqu'à celle de Fourci, on l'appeloit rue de la Doctrine-Chrétienne.

QUAIS.

Quai de la Tournelle et quai Saint-Bernard. Ce quai commence à l'endroit où finit la rue qui porte le même nom, et venoit aboutir autrefois à la porte Saint Bernard. Corrozet l'indique sous le nom de rue et porte Saint-Bernard, et il le portoit en effet dès 1380. Depuis on ne conserva le nom de porte Saint-Bernard qu'à cette partie du quai qui commence à la rue de Bièvre: il n'y avoit point alors de maisons bâties en cet endroit; et à l'angle où elles se terminoient, il étoit désigné sous le nom de port aux Mulets. Tout ce quai n'étoit encore, au milieu du dix-septième siècle, qu'un terrain en pente, souvent inondé, et presque toujours impraticable, à cause des boues dont il étoit couvert. En 1750 il fut ordonné qu'il seroit pavé dans une largeur de dix toises; en 1758 il fut repavé, dégagé et agrandi par la suppression de trois maisons qui étoient situées vis-à-vis les Miramiones. Ce port sert de décharge aux vins qui arrivent journellement pour la consommation de Paris, au bois, à la tuile, à l'ardoise, etc.

Quai de l'Hôpital. C'est ainsi qu'est nommée toute la partie du rivage de la Seine qui s'étend depuis le jardin du Roi jusqu'à la barrière de la Gare.

Antiquités romaines découvertes dans le quartier de la place Maubert.

En creusant la terre pour jeter les fondements d'une maison sur le quai de la Tournelle, on trouva, en 1735, à 10 pieds de profondeur, trois fragments de marbre représentant des figures en relief, et un mur de cinq pieds d'épaisseur, construit en pierres de taille d'une très-grande dimension, ce qui sembloit indiquer un édifice antique assez considérable. M. de Caylus a pensé que cet édifice pouvoit être un temple bâti par les négociants de Paris, vis-à-vis de l'autel qu'ils avoient élevé dans la Cité[477]: c'est là une simple conjecture dont on ne peut dire autre chose, sinon qu'elle n'a rien d'invraisemblable, encore qu'on puisse en élever mille autres, qui toutes auroient le même degré de vraisemblance.

MONUMENTS NOUVEAUX,
OU RÉPARATIONS FAITES AUX ANCIENS MONUMENTS DEPUIS 1789.

Saint-Nicolas-du-Chardonnet. On a rendu à cette église le tombeau de Charles Le Brun et celui de sa mère qui, pendant la révolution, avoient été déposés aux Petits-Augustins. Deux nouveaux tableaux décorent cette église: l'un représente la résurrection de la fille de Jaïre; l'autre Jésus-Christ sur la montagne des Oliviers.

Halle aux Vins. L'ancienne Halle aux Vins étoit depuis long-temps insuffisante aux besoins de Paris; et le projet d'en construire une nouvelle avoit été formé dès les premières années de ce siècle. La première pierre en fut posée le 15 août 1811, dans l'enclos de l'abbaye de Saint-Victor; et les travaux, commencés aussitôt sous la direction de M. Gaucher, architecte, furent conduits si activement que, dès le mois d'août 1813, le commerce étoit en possession de quatre halles du marché à gauche, et de sept halles du marché à droite. Ces travaux, suspendus un moment, furent repris depuis avec une nouvelle activité, bien qu'ils ne soient point encore aujourd'hui entièrement achevés.