Le terrain sur lequel s'élève la Halle aux Vins, a environ 134,000 mètres de superficie; il est clos de murs sur trois côtés, et fermé sur le quai Saint-Bernard par une grille de 404 mètres de développement. De ce côté, sont deux petits bâtiments destinés à l'administration, et six bureaux pour les commis à l'entrée et à la sortie des vins.
Cette Halle sera composée de cinq grandes masses de constructions, deux au centre, qui serviront de marché et seront divisées chacune en sept halles; deux autres, l'une à gauche et l'autre à droite, qui contiendront ensemble 42 celliers voûtés en pierre de taille, avec magasins au-dessus; enfin, du côté de la rue Saint-Victor, un cinquième corps de bâtiment, de 360 mètres de largeur, sur 88 de profondeur, contiendra encore 49 celliers, également voûtés en pierre de taille. Le magasin pratiqué au-dessus sera spécialement consacré au dépôt des eaux-de-vie. Ces halles, marchés et celliers pourront contenir ensemble environ 200,000 futailles, dont 27,600 de vins chauds, et 9,000 pipes d'eau-de-vie. Mais tous ces calculs ayant été faits dans la supposition que les fûts ne seroient gerbés que d'un seul rang, c'est-à-dire d'un rang au-dessus de celui à rez-de-chaussée, il en résulte qu'au besoin cet entrepôt pourroit contenir le double de ce qui vient d'être indiqué.
Sur l'inspection des parties déjà terminées de ce vaste monument, on peut, dès à présent, se faire une idée de la beauté de son ensemble, et de la distribution judicieuse de ses diverses parties. On y retrouve, de même que dans les autres édifices de ce genre, qui s'élèvent de toutes parts à Paris, un caractère de simplicité, auquel s'allie très-convenablement une sorte de richesse que l'on ne doit qu'à la beauté des matériaux et la recherche de l'exécution.
Marché aux Chevaux. Ce marché a été pavé depuis quelques années; au milieu s'élèvent deux fontaines qui se composent d'un piédestal carré, surmonté d'une lanterne. Des deux côtés, une tête de lion verse de l'eau dans un bassin circulaire.
Jardin du Roi. Les bâtiments qui renferment le cabinet d'histoire naturelle ont été agrandis; et du côté de la rue de Seine, on a renfermé, dans l'enceinte du jardin, plusieurs portions de terrain qui formoient autrefois des chantiers. Cette nouvelle partie, plantée en jardin anglois, est divisée en un grand nombre d'enceintes au milieu desquelles s'élèvent des chaumières et des pavillons, et où parquent un grand nombre d'animaux.
Pont d'Austerlitz ou du Jardin du Roi. Les travaux de ce pont furent commencés en 1800, sous la direction de MM. Becquey de Beaupré et Lamandé, ingénieurs des ponts et chaussées.
Parmi les ponts en fer sur des piles en pierre, celui-ci tient le premier rang. Sa construction fut l'objet d'une discussion très-approfondie dans le conseil général des ponts et chaussées: le problème à résoudre étoit de trouver à la fois le moyen d'éviter les effets du vibrement occasionné par le roulage des voitures, et d'obvier aux inconvénients qui pouvoient résulter, dans un pont à plusieurs arches, de la dilatation ou de la condensation des fers, suivant les diverses températures. Il fut convenu que ce nouveau pont auroit cinq arches égales, de cent pieds d'ouverture et de dix pièces de flèche, et que les piles de ces arches, au lieu de monter jusque sous le plancher, s'arrêteroient à la hauteur des naissances pour recevoir des pièces triangulaires en fer fondu, auxquelles on donna le nom de coussinets. C'est avec ces coussinets, implantés dans une coulisse de fonte encastrée elle-même dans le chaperon de la pile, que se rattachent les voussoirs en fer coulé qui composent les fermes des arches. La combinaison de tous ces moyens, et la précision avec laquelle ils ont été mis en œuvre, méritent sans doute des éloges; mais il n'en est pas moins vrai que de tels moyens ne doivent être employés que là où manque la pierre, et que ce n'est pas en France qu'il faut faire usage de ces méthodes, ingénieuses sans doute, mais qui ne donnent que des résultats fort au-dessous de ceux qu'il est si facile d'y obtenir.
Fontaine de la rue du Jardin du Roi. Elle s'élève en forme de cippe arrondi, entre deux peupliers. Une couronne de laurier la surmonte; et l'eau est vomie par une tête de Méduse, dans un bassin carré et oblong.
Fontaine de la rue Moufetard. Elle se compose d'un socle carré, surmonté d'un fronton dont le milieu est orné d'une couronne de laurier. Plus bas, et dans une niche circulaire, un faune presse une outre d'où l'eau s'écoule et tombe dans un bassin carré-oblong. Des thyrses entourés de pampres, servent d'ornement à cette composition.
Magasin à poudre. Il est établi à l'ancienne barrière des Deux Moulins.