[1]: Dans son fameux livre de l'Institution.

[2]: Le conseil du roi, devant lequel s'étoient présentés des députés du parlement, conduits par le premier président Lizet, ayant exigé qu'ils parlassent debout et tête nue, contre l'ancien usage, et ceux-ci ayant refusé de le faire, ils furent, par ordre du roi, suspendus de leurs fonctions. Les remontrances que la cour fit à ce sujet n'eurent d'autre effet que d'aigrir encore davantage le monarque; Lizet fut forcé de donner sa démission, et Bertrand, depuis garde des sceaux, le remplaça.

[3]: Ceci faisoit allusion au don accordé pour le rétablissement de la juridiction ecclésiastique, qui ne fut point rétablie.

[4]: Lorsque la nouvelle de ce désastreux événement fut parvenue à Paris, la reine se transporta à l'hôtel-de-ville, accompagnée de la princesse Marguerite, sœur du roi, du garde des sceaux, et d'un nombreux cortége de dames et de demoiselles; et là, prenant elle-même la parole, et exposant les dangers où le royaume et la capitale alloient être exposés, si le roi ne trouvoit des ressources dans le zèle et l'amour de ses sujets, elle demanda de sa part, à sa bonne ville de Paris, la solde de dix mille hommes, évaluée à cent mille écus, ce qui fut accordé sur-le-champ.

[5]: On cite avec affectation plus de deux cents villes ou forteresses rendues; mais ces centaines de forteresses n'étoient, pour la plupart, que de petits châteaux appartenants aux seigneurs des bourgs ou villages dont on s'emparoit. Il n'y eut de restitution importante faite par la France que les états du duc de Savoie; et pour avoir rendu à ce prince ce qu'il étoit impossible de retenir, ce que, tôt ou tard, il eût fallu lui rendre, Henri II, qui se réserva néanmoins dans le Piémont Turin et quatre autres places fortes, obtint l'avantage immense de chasser enfin les Anglois du continent en conservant Calais et ses dépendances, et de garder Metz, Toul et Verdun, villes importantes qui, du côté de l'Allemagne, devenoient des boulevards du royaume.

[6]: En 1558.

[7]: Une sédition violente qui s'étoit élevée quelque temps auparavant (en 1557), entre les bourgeois et les écoliers, avoit déjà prouvé leur mécontentement. Dans les procédures faites à ce sujet, le nom du duc d'Enghien fut prononcé par mégarde par le chevalier du Guet, qui étoit compromis dans cette affaire. Il voulut ensuite se rétracter, et nommer une autre personne; mais le parlement, n'ayant pas tardé à se convaincre qu'il n'étoit que trop vrai que ce prince étoit un des principaux moteurs de cette émeute, ne voulut pas pousser plus loin les informations.

[8]: François de Coligni, seigneur d'Andelot, et neveu du connétable, tendrement aimé du roi, qui le considéroit comme un des plus braves gentilshommes de son royaume, avoit été accusé de calvinisme. Le roi le fit mander, après l'avoir fait avertir secrètement qu'il se contenteroit d'un simple désaveu; mais celui-ci ne voulut point se soumettre à une semblable complaisance, et déclara hautement ses véritables sentiments. Henri II, dans les premiers mouvements de sa colère, ordonna qu'on le conduisît en prison, et disposa de sa charge de colonel général de l'infanterie. Il est vrai qu'il ne tarda pas à s'apaiser; mais cet événement fit sur lui une profonde impression.

[9]: Il est très-remarquable que les parlementaires hérétiques réclamèrent en cette circonstance l'exécution des décrets des conciles de Bâle et de Constance, sur lesquels se fondent aussi toutes les doctrines des défenseurs des prétendues libertés gallicanes. Les uns et les autres ont en effet un principe qui leur est commun: l'esprit de révolte contre l'autorité.

[10]: Cependant telle étoit l'audace et le fanatisme de quelques-uns d'entre eux, que, peu de jours après l'arrestation de Dubourg, ils tinrent une espèce de synode dans le faubourg Saint-Germain, sous la présidence d'un ministre nommé François Morel, et qu'ils y firent des réglements de discipline, comme si leur église eût été légalement et paisiblement établie.