[11]: À l'occasion du mariage de sa sœur Marguerite avec le duc de Savoie.

[12]: Depuis la révolte du duc de Bourbon, et surtout depuis que François I fut revenu dans ses états après sa prison de Madrid, on étoit en garde contre eux; la politique du cabinet de France étoit de ne leur donner aucune part au gouvernement, et de ne leur confier dans les armées aucun commandement considérable.

[13]: Entre autres la duchesse de Valentinois, qui fut obligée de se retirer de la cour.

[14]: Il avoit déterminé le roi de Navarre à assigner aux mécontents un rendez-vous dans la ville de Vendôme, chef-lieu de son apanage. Tous s'y rendirent au jour indiqué; et là il fut arrêté d'aviser aux moyens de renverser la tyrannie des Guises, que tous s'accordèrent à regarder comme un attentat contre les princes du sang et l'ordre entier de la noblesse. Mais les avis se partagèrent sur les moyens d'exécution; et le roi de Navarre, naturellement porté à goûter les avis les plus timides, rejeta les conseils violents que proposoient le prince de Condé, d'Andelot et les plus résolus des conjurés, conseils qui, dans cette circonstance, étoient peut-être les seuls que l'on pût suivre avec quelque apparence de succès.

[15]: Les réformés répandoient hautement que les Guises avoient formé le projet d'usurper la couronne; ceux-ci les accusoient, avec plus de vraisemblance, d'être des factieux qui vouloient se constituer en république.

[16]: La Bigue, secrétaire de La Renaudie, qui fut épargné à cause des révélations qu'il avoit faites, déclara que les Guises devoient être les premiers massacrés, et qu'on n'auroit point épargné le roi. On a voulu infirmer cette déposition, en disant que cet homme n'avoit parlé de la sorte que pour racheter sa vie; mais Brantôme et l'historien Belleforest nous apprennent que long-temps après, et lorsqu'il n'y avoit plus aucun intérêt, il leur confirma sa première déclaration.

[17]: Les huguenots répandirent de toutes parts que ces princes vouloient imiter Hugues-Capet. Or, celui-ci n'avoit à écarter qu'un seul prince désagréable à la nation (Voy. t. 1, 2e partie, p. 490) pour parvenir au trône; tandis que, pour s'en frayer le chemin, il auroit fallu que les Guises trouvassent moyen de se défaire de François II, de Charles IX, de Henri III, du duc d'Alençon, du roi de Navarre, du cardinal de Bourbon, du prince de Condé, du prince de Béarn, qui fut depuis Henri IV, des trois fils du prince de Condé, Henri, Charles, et François prince de Conti. Cependant il s'est trouvé des gens qui ont répété long-temps après et très-sérieusement cette fable monstrueuse, à laquelle ne croyoient point sans doute ceux-là mêmes qui la débitoient alors. Nec pueri credunt; c'est ce que l'on en peut dire aujourd'hui.

[18]: Ce fut, vers ce temps-là, selon la plupart de nos historiens, que l'on commença à désigner les religionnaires sous le nom de huguenots, au lieu de celui de luthériens, sous le quel ils avoient été jusqu'alors signalés. On donna à ce nom plusieurs étymologies, dont la plus vraisemblable est celle qui le fait dériver d'une porte de la ville de Tours, appelée la porte Hugon, près de laquelle les calvinistes s'assembloient secrètement la nuit, et à l'heure qu'un lutin nommé Hugon ou Huguet, suivant une tradition superstitieuse et populaire, y faisoit son apparition.

[19]: En raison des bruits calomnieux que l'on répandoit de toutes parts contre eux, il leur importoit sans doute de faire croire ce qui étoit d'ailleurs l'exacte vérité, que leurs intérêts n'étoient point séparés de ceux du roi, et qu'ils n'avoient d'autres ennemis que les siens, qui étoient en même temps ceux de l'état.

[20]: Montluc, évêque de Valence, et Charles de Marillac, archevêque de Vienne.