[21]: Ainsi ces mêmes hommes qui soutenoient la suprématie des conciles, étoient forcés d'avouer que le pape seul avoit le droit de les convoquer; et c'étoit par le schisme seul (un concile national ne pouvoit être autre chose) qu'ils pouvoient éluder la difficulté.

[22]: Qui ne connoit les fastidieuses et hypocrites déclamations de nos libéraux contre les troupes suisses qui forment une partie de la garde du roi? Sauf les différences que devoient y apporter des circonstances qui ne sont point les mêmes, elles ressemblent pour le fond à celles que faisoient alors les calvinistes.

[23]: On sait que plusieurs évêques étoient secrètement partisans de la réforme, et que le clergé étoit alors extrêmement corrompu; ce qui fait comprendre comment ils donnoient en ce moment la préférence aux tribunaux ecclésiastiques.

[24]: Ce qui prouve à quel point les idées avoient changé dans un petit nombre d'années, c'est que plusieurs membres du parlement, attachés secrètement à la religion réformée, se rappelant l'exemple du conseiller Anne Dubourg, et ayant témoigné quelque crainte que ce ne fût un nouveau piége qu'on vouloit leur tendre, on crut devoir leur donner une déclaration formelle qu'ils pourroient opiner librement, et sans courir aucun risque ni pour leur vie, ni pour leurs biens, ni pour leurs charges.

[25]: On peut juger de ce qu'étoient ses principes et ses croyances en matières religieuses, par la lettre qu'elle écrivit au pape Pie IV, à l'occasion de cette assemblée, qu'elle présumoit devoir être vue d'un très-mauvais œil par la cour de Rome. Dans cette lettre, qui est un monument curieux et de nature à jeter un nouveau jour sur sa politique et sur son caractère, Catherine, après avoir exposé au saint père la nécessité où elle se voit réduite d'user de condescendance à l'égard des calvinistes, dont le nombre est infini dans le royaume, l'exhorte à ne point retrancher de la communion de l'église ceux qui, croyant aux dogmes capitaux, ont des scrupules sur quelques points moins importants; par exemple, sur le culte des images, qu'elle considère elle-même comme défendu par l'Écriture; sur les exorcismes et les autres cérémonies du baptême; sur le rétablissement de la communion sous les deux espèces, qu'elle jugeoit plus conforme au précepte de l'Évangile que ce qui avoit été décidé par les conciles. Elle demandoit encore que l'on retranchât la fête du Saint-Sacrement et les processions dont elle étoit accompagnée; que le service divin se fît en langue vulgaire; qu'on abolit l'usage des messes où le prêtre communioit seul, etc.

[26]: Le général des jésuites Laynez, qui venoit de succéder immédiatement à saint Ignace de Loyola, parut aussi dans ces conférences et par ordre du légat. Il parla en langue italienne avec beaucoup de force et de solidité, et réfuta particulièrement les propositions hétérodoxes et les blasphèmes que Théodore de Bèze et ses adhérents avancèrent sur la juridiction des évêques et sur l'Eucharistie. Son discours déplut fort à la reine, à laquelle il adressa plusieurs fois la parole, pour lui faire sentir le danger de traiter de semblables matières dans d'autres assemblées que celles qui étoient légalement instituées par l'Église, pour les examiner et en décider.

[27]: Dans les conférences qu'on eut avec lui à ce sujet, on lui promit de la part du roi d'Espagne ou la restitution de la Navarre, ou de lui donner en place l'île de Sardaigne, comme un équivalent.

[28]: Cependant le chevalier du guet, Jean Gabaston, fut pendu comme auteur du désordre, auquel il avoit effectivement beaucoup contribué.

[29]: Il lui déclara qu'il s'offroit à elle comme l'organe de deux mille cent cinquante églises réformées, répandues dans toute la France; qu'elle pouvoit agir sans rien craindre du triumvirat; qu'elle ne manqueroit ni d'argent ni de troupes pour soutenir son autorité, si l'on entreprenoit d'y porter atteinte.

(Davila, lib 2.)