Dans le cimetière avoit été inhumé le marquis de Ségur, gouverneur du pays de Foix, etc., mort en 1737.

Au milieu de ce cimetière, on voyoit autrefois un tombeau élevé, fermé par une grille de fer, sur lequel étoit la figure d'un homme couché, soutenant sa tête avec sa main, et le coude appuyé sur des livres. Ce tombeau renfermoit le corps d'un jeune seigneur allemand nommé Ennon, gouverneur de la ville de Emda, qui mourut à Paris, en 1545 pendant le cours de ses études[540].

CIRCONSCRIPTION.

L'étendue de cette paroisse présentoit une forme oblongue, accompagnée de quelques branches. Le corps principal se composoit du petit Châtelet, des rues du Petit-Pont, Saint-Julien-le-Pauvre, du Plâtre, de la Parcheminerie, des Prêtres, de Boute-Brie, du Foin, des Maçons, auxquelles il falloit ajouter la place de Sorbonne, la rue Neuve-de-Richelieu, les rues Serpente, Percée, Poupée, Mâcon, de la Bouclerie, de la Huchette, Zacharie et Saint-Séverin.

Les branches se formoient des rues qui n'entroient qu'en partie dans cette paroisse, et qui en marquoient les limites; savoir, partie du côté gauche et du côté droit de la rue de la Bûcherie et de la rue Galande; le côté droit de la rue des Anglois; partie de la rue des Noyers; les deux côtés de la rue Saint-Jacques dans une certaine étendue; le couvent des Mathurins et quelques maisons dans la rue du même nom; deux maisons dans la rue de Sorbonne; la rue de la Harpe à gauche, jusqu'à la rue Neuve-de-Richelieu, à droite jusqu'à la rue Serpente; partie des rues d'Enfer, de Hautefeuille et Saint-André-des-Arcs; une seule maison dans la rue Sarrasin.

Il y avoit dans cette église un assez grand nombre de chapelles fondées à diverses époques, et dont l'abbé Lebeuf a donné le détail. Ce même auteur prétend que c'est une des premières églises de Paris où l'on ait vu des orgues; il y en avoit dès le règne du roi Jean[541].

Les Filles de Sainte-Marthe.

La maison et le presbytère de cette communauté, destinée à l'instruction des pauvres filles, avoit son entrée dans la rue des Prêtres-Saint-Séverin, où est aussi la principale entrée de l'église paroissiale dont nous venons de parler.

LES RELIGIEUX DE LA SAINTE-TRINITÉ
DE LA RÉDEMPTION DES CAPTIFS,
DITS LES MATHURINS.

Cet ordre fut institué par Jean de Matha et par Félix de Valois, ainsi nommé du lieu de sa naissance ou de celui de sa demeure. La pieuse simplicité d'un ancien historien a voulu répandre sur l'origine de cette fondation quelque chose de miraculeux, l'appuyer sur des visions, sur des révélations dont nous croyons inutile de parler[542]. Il est plus vraisemblable qu'il dut son établissement à la pitié qu'inspira aux deux fondateurs l'état malheureux auquel étoient réduits les chrétiens que le mauvais succès des croisades avoit rendus esclaves des Sarrasins. Jean de Matha conçut le premier le projet de consacrer sa vie à chercher les moyens de racheter ces pauvres captifs; et Félix de Valois, à qui il le communiqua, s'associa avec joie à une aussi charitable entreprise. Une bulle du pape Innocent III autorisa, en 1198, le nouvel institut; une seconde le confirma en 1199; et, dix ans après, ce même pontife donna à Jean de Matha la maison et l'église de Saint-Thomas sur le mont Célius. Cet ordre, qui ne tarda pas à s'introduire en France, s'y étendit par la protection de Philippe-Auguste, et par les libéralités de plusieurs personnages d'une haute distinction. Gaucher III de Chastillon donna d'abord à ces religieux un terrain propre à bâtir un monastère; mais le nombre de ceux qui se présentoient pour embrasser la règle nouvelle devenant trop considérable pour qu'il leur fût possible de se loger dans un lieu aussi resserré, ce seigneur ajouta au don qu'il leur avoit déjà fait, celui du lieu même où les deux fondateurs avoient concerté ensemble pour la première fois le dessein de racheter les captifs. Cet endroit, nommé Cerfroid, est situé entre Gandelu et la Ferté-Milon, sur les confins du Valois.