Les écoles extérieures étoient situées sur la place de Sorbonne. C'étoit un vaste bâtiment dans lequel se faisoit la distribution des prix de l'Université, en présence du parlement[596].
COLLÉGES, ÉCOLES, etc.
Collége d'Autun (rue Saint-André-des-Arcs).
Ce collége avoit été fondé par Pierre Bertrand, d'abord évêque de Nevers, ensuite d'Autun, et depuis cardinal; c'est la raison pour laquelle dans plusieurs actes il est indiqué sous le nom de collége du cardinal Bertrand. Dès l'année 1336, ce prélat, dans l'intention de faire une fondation de ce genre, avoit acheté quelques bâtiments contigus à une maison qu'il possédoit dans la rue et vis-à-vis l'église Saint-André. Les formalités nécessaires pour consolider son entreprise ne lui permirent pas de la commencer avant l'année 1341; et c'est en effet en cette année et non en 1337, comme l'ont prétendu divers historiens, que fut passé l'acte de fondation pour un principal, un chapelain et quinze boursiers, dont cinq devoient étudier en théologie, cinq en droit et cinq en philosophie. Leur nombre s'augmenta depuis de trois boursiers, par les libéralités d'Oudard de Moulins, qui les fonda en 1398, et de trois autres fondés en 1644 par François de Sazéa, évêque de Bethléem et principal de ce collége. La réunion qu'on en fit en 1764 au collége de Louis-le-Grand fit naître l'idée de placer l'école de dessin dans ses bâtiments, ce qui fut exécuté quelques années après[597].
Collége de Boissi (rue du Cimetière-Saint-André).
La plupart de ceux qui ont écrit sur Paris ont également varié et sur la date et sur l'auteur et sur les clauses de cette fondation. En rétablissant les faits d'après les actes les plus authentiques, on trouve que Godefroi ou Geoffroi Vidé, prêtre, chanoine de l'église de Chartres, et clerc du roi, mort en 1354, avoit ordonné par son testament que ce qui resteroit de son bien, après les legs payés, fût distribué aux pauvres de Paris et à ceux de Boissi-le-Sec, lieu de sa naissance, si toutefois les exécuteurs testamentaires ne jugeoient pas à propos d'en disposer autrement. La fondation d'un collége leur parut une chose plus utile que cette distribution; et Étienne Vidé, l'un d'eux, neveu du testateur, chanoine de Laon et de Saint-Germain-l'Auxerrois, offrit à cet effet la maison qu'il occupoit rue Saint-André et des Deux-Portes, et deux autres maisons contiguës. Cette fondation fut faite pour six écoliers, dont le plus ancien devoit être appelé maître, et un chapelain, avec cette clause que tous seroient pris dans la famille de Geoffroi et d'Étienne; à leur défaut, parmi les pauvres du village de Boissi-le-Sec; enfin s'il ne s'en trouvoit point dans ceux-ci qui eussent la capacité suffisante, ces boursiers devoient être choisis sur la paroisse Saint-André par les exécuteurs testamentaires, et après eux par le chancelier de l'église de Paris et le prieur des Chartreux. Par le même acte, Étienne Vidé déclare expressément qu'il veut que ces boursiers soient pauvres, et de basse extraction, comme lui et ses ancêtres avoient été, quí non sint nobiles, sed de humili plebe, et pauperes, sicut nos et prædecessores nostri fuimus, ce qui détruit sans réplique l'opinion de quelques auteurs qui veulent que Geoffroi et Étienne fussent seigneurs de Boissi-le-Sec. Le fondateur désiroit aussi qu'après sa mort le nombre des boursiers fût porté à douze, si ses facultés le permettaient; mais ce vœu n'eut point son exécution, et l'on ne voit d'autre augmentation que celle d'une septième bourse dont ce collége fut redevable, en 1717, à Guillaume Hodei. En 1519, Michel Chartier, principal de ce collége, y avoit fait bâtir une chapelle sous l'invocation de la sainte Vierge, de saint Michel et de saint Jérôme.
Le collége de Boissi est un de ceux qui furent réunis à l'Université à la fin du siècle dernier[598].
Le Collége Mignon, dit depuis de Grandmont (rue Mignon).
Ce collége fut fondé, en 1343, par Jean Mignon, archidiacre de Blois dans l'église de Chartres[599], et maître des comptes à Paris. Il l'institua pour douze écoliers qui devoient être pris, autant qu'il seroit possible, dans sa famille, et acquit dans cette intention, rue de l'Écureuil et des Petits-Champs, quelques maisons qu'il fit amortir; mais la mort l'empêcha d'exécuter ce projet, dont l'entier achèvement fut confié à ses exécuteurs testamentaires. Ils y mirent assez de lenteur pour que l'Université se crût autorisée à en porter des plaintes au roi Jean, qui régnoit alors. Par un arrêt du conseil rendu en 1353[600], huit ans après la mort du testateur, il fut ordonné que Robert Mignon, exécuteur du testament de son frère, achèteroit avant Noël des rentes suffisantes pour l'entretien de douze écoliers, leur abandonnerait la maison qu'occupoit Jean Mignon, ou une autre de même valeur; y construiroit une chapelle, etc., etc. Par ce même arrêt le roi amortit les biens destinés à la fondation de cette chapelle, et s'en déclara le fondateur, se réservant tous les droits d'administration. La chapelle, bâtie par les soins de Michel Mignon, fils de Robert, fut dédiée sous l'invocation de saint Gilles et saint Leu[601].
Les choses restèrent en cet état jusqu'au règne de Henri III. Ce prince, voulant procurer un établissement aux Hiéronymites qu'il avoit amenés de Pologne, les plaça d'abord dans un logement qu'il avoit fait construire sur une partie de l'emplacement du palais des Tournelles, et, peu de temps après, jugea à propos de les transférer au bois de Vincennes à la place des religieux de Grandmont. Ceux-ci reçurent alors, en échange de l'habitation qu'on leur enlevoit, le collége de Mignon et 12000 livres de rente. Il fut convenu qu'on y mettroit un prieur et sept religieux, lesquels feroient les études convenables pour céder ensuite la place à d'autres, arrangement qui fut confirmé par des lettres-patentes données en 1584, et par des bulles du pape de 1585. Malgré les oppositions que l'Université crut mal à propos devoir y mettre[602], ce collége, connu depuis ce temps sous le nom de Grandmont, fut occupé par ces religieux jusqu'en 1769, époque à laquelle il fut réuni à celui de Louis-le-Grand. Vingt ans auparavant, en 1749, la chapelle avoit été agrandie et décorée d'un portail[603].