[43]: Première partie, ch. I.
[44]: Test. polit. Première partie, ch. I.
[45]: Gaston, duc d'Anjou et frère du roi, refusoit obstinément d'épouser mademoiselle de Montpensier. Le roi et la reine-mère s'étoient déclarés pour ce mariage; et le cardinal, dans l'intention de plaire à tous deux, en pressoit vivement la conclusion. Alors les diverses cabales de la cour, quoique divisées entre elles, attentives à tout ce qui pouvoit les faire sortir de l'état de dépendance où Richelieu avoit résolu de les réduire, se rassemblent, délibèrent, forment des complots; et dans ces complots il n'étoit question de rien moins que d'assassiner le ministre, de détrôner le roi, de l'enfermer dans un couvent comme imbécile, et de mettre à sa place son frère, à qui l'on auroit fait épouser la jeune reine Anne d'Autriche.
[46]: Entre autres le duc de Vendôme et son frère le grand prieur; le comte de Soissons n'évita la prison qu'en sortant précipitamment du royaume. Le maréchal d'Ornano fut renfermé à Vincennes, où il mourut; ce qui lui évita l'échafaud, où il auroit indubitablement suivi le prince de Chalais.
[47]: Il consentit à épouser mademoiselle de Montpensier; et ce fut à l'occasion de ce mariage qu'il prit le titre de duc d'Orléans, ayant reçu en apanage l'Orléanois et le pays Chartrain; et cet apanage fut un piége qu'on lui tendit pour le déterminer à sacrifier tous ceux qui l'avoient servi, ce qu'il fit sans la moindre difficulté.
[48]: C'est alors qu'il acheva d'exécuter le projet hardi et profondément conçu par Luynes, de faire démolir, non-seulement toutes les places fortes des protestants, mais encore d'abattre dans l'intérieur de la France toutes les fortifications qui y existoient encore. Ce fut là le coup mortel porté à la ligue protestante et à celle de la haute noblesse, toujours subsistante et toujours prête à de nouveaux attentats.
[49]: L'empereur, le roi d'Espagne, le duc de Savoie et presque toute l'Italie s'étoient déclarés contre le duc de Nevers, Charles de Gonzague, héritier légitime du duché de Mantoue vacant par la mort du dernier duc, Vincent, mort en 1627. Le cardinal détermina le roi à soutenir les droits du nouveau duc, et à se mettre lui-même à la tête de l'armée qu'il destinoit à l'établir dans la souveraineté dont vouloient l'exclure tant et de si puissants princes. Il y réussit complétement.
[50]: Richelieu le fit juger par des commissaires qui lui étoient entièrement dévoués, repoussant avec hauteur et même avec violence toutes les démarches que fit le parlement pour attirer à lui cette grande affaire. Le maréchal fut condamné à mort pour concussion: il ne fut en effet que trop prouvé que, sous ce rapport, il étoit loin d'être sans reproche; mais bien d'autres étoient coupables du même délit, que l'on ne songeoit point à inquiéter, et les agents qui l'avoient aidé dans les malversations qu'on lui reprochoit ne furent pas même décrétés. Sa mort excita la compassion des uns, l'indignation des autres; et il n'étoit personne alors qui ne fût persuadé que le jugement étoit inique et que le maréchal avoit été sacrifié à la haine et à la politique du premier ministre.
[51]: Dans les brouilleries qui s'élevèrent entre la France et l'Espagne, au sujet de l'affaire de Mantoue, le duc de Savoie chargea son envoyé à Paris «de conférer en particulier avec M. le cardinal de Bérulle, en l'absence de M. le cardinal de Richelieu, et de lui remontrer combien il convenoit au service de Dieu, à la foi catholique et au bien de la France, de maintenir l'union des couronnes de France et d'Espagne, pour conduire à une heureuse fin les entreprises commencées avec tant de prospérité et de gloire.» (Mercure franc., t. XV, p. 504.) Il vouloit parler de la destruction de l'hérésie. On a de nombreux témoignages que cette opinion qu'énonçoit un prince chrétien, étoit alors partagée par tout ce qu'il y avoit d'honnêtes gens en France et dans la chrétienté.
[52]: Les Grisons, qui étoient protestants, réclamoient la souveraineté de la Valteline, alors au pouvoir de l'Espagne, et dont les habitants étoient catholiques. La France exigeoit que ce pays fût restitué à ceux qu'elle appeloit ses légitimes souverains. Le roi d'Espagne et le pape objectoient avec juste raison que c'étoit en exposer la population entière à devenir hérétique, et proposoient tout autre parti plutôt que de les remettre sous la domination de leurs anciens maîtres. Richelieu ne voulut rien entendre, opposant toujours ce qu'il appeloit la justice et le droit des gens à l'intérêt de la religion, si visiblement menacée par une semblable restitution. Ébranlé par tout ce qu'il entendoit dire contre la résolution de son ministre, et peut-être aussi par le murmure de sa conscience, le roi convoqua à Fontainebleau, le 29 septembre 1625, une assemblée de prélats, de magistrats, de seigneurs de sa cour, afin de s'éclairer de leurs lumières sur le parti à prendre dans une affaire aussi importante et aussi délicate. L'opinion contraire y fut soutenue avec beaucoup de chaleur et de force; mais le cardinal mit plus d'opiniâtreté encore à soutenir la sienne, séparant sans cesse dans son discours les affaires d'état de celles de la religion; et ce fut son avis qui l'emporta, au grand scandale de tous les opposants.