[33]: Ces ministres étoient le cardinal de Retz, le comte de Schomberg et le marquis de Puisieux.

[34]: Rien ne prouve plus quelle étoit alors l'indocilité des grands que la conduite qu'il tint en cette occasion: non-seulement il refusa d'obéir à l'ordre du roi, prétendant que sa présence étoit absolument nécessaire dans ses gouvernements; mais il s'emporta jusqu'à maltraiter de paroles, et à plusieurs reprises, le gentilhomme qui avoit été chargé de lui faire connoître les intentions de sa majesté.

[35]: Bassompierre, qui en raconte plusieurs traits fort remarquables, ajoute qu'il n'avoit jamais connu d'homme plus brave que lui: «Le feu roi son père, dit-il, qui étoit dans l'estime que chacun sait, ne témoignoit pas pareille assurance.»

[36]: Cette guerre de l'empereur contre l'électeur palatin forme la première période de la fameuse guerre de trente ans, laquelle est désignée sous le nom de période palatine. Nous aurons bientôt occasion d'en reparler.

[37]: La place de surintendant des finances avoit été ôtée au comte de Schomberg et donnée au marquis de La Vieuville; les sceaux avoient été rendus au chancelier de Sillery, qui, se trouvant ainsi appuyé de son fils le marquis de Puisieux, avoit la prépondérance dans le conseil. La Vieuville souffroit impatiemment leur crédit; de là des brouilleries, des factions, des cabales et mille autres misères de cette espèce, qui leur furent également funestes à tous.

[38]: Henri III.

[39]: Voy. 1re partie de ce volume, p. 227 et Seqq.

[40]: Voy. 1re partie de ce volume, p. 432.

[41]: Sous les deux premières races, et particulièrement vers le déclin de la seconde, le désordre politique étoit aussi grand, plus grand peut-être qu'à aucune autre époque de la monarchie; et il y eut un moment où la dissolution de toutes les parties du corps social sembla être arrivée à son dernier période, et ne plus laisser aucun espoir. Quelle fut la puissance qui rendit tout à coup à cette monarchie, qui périssoit pour ainsi dire au sortir de l'enfance, cette vie prête à s'éteindre, et la lui rendit pour une longue suite de siècles? La religion, encore un coup, seul principe vital des sociétés, et dont la nation entière étoit en quelque sorte imprégnée. Ce fut elle qui, après avoir défendu les peuples contre les excès du pouvoir temporel, rendit à ce pouvoir lui-même l'énergie dont il avoit besoin, le préserva de ses propres fureurs, et lui indiqua les bornes dans lesquelles il eût dû se renfermer pour se maintenir, se fortifier, et tout coordonner autour de lui. Séparé depuis de l'autorité spirituelle, nous le voyons, sous la troisième race, décliner de nouveau, et plusieurs circonstances, dont la cause est encore dans cette même religion, rendent sa chute moins rapide et moins sensible; mais cette fois-ci il tombe pour ne se plus relever.

[42]: En abattant les grands, il détruisit, dit-on, l'opposition aristocratique en France, et renversa ainsi la dernière barrière qui s'élevoit encore contre le despotisme de la cour. On se trompe: cette opposition de la noblesse s'étant faite toute matérielle, et ne pouvant plus être ni dirigée ni contenue par le principe religieux à qui seul il appartient de légitimer et coordonner toute puissance, soit qu'elle commande, soit qu'elle résiste, étoit devenue elle-même un principe d'anarchie, et par conséquent de destruction. Les faits le prouvent mieux que tous les raisonnements. Or, qui ne sait que, lorsque la société est arrivée à ce degré de corruption, l'anarchie ne peut être vaincue et comprimée que par le despotisme? Et sans doute, des deux maux celui-ci est le moindre, puisque tant qu'il a le pouvoir, le despote conserve l'état, par cela seul qu'il veut se conserver lui-même. Si Richelieu, devenu maître absolu sur les débris de tant de résistances purement anarchiques, eût cherché à modérer le pouvoir sans bornes qu'il avoit conquis, en adoptant une politique chrétienne dans un royaume chrétien, il n'est point de bons effets qu'il n'eût pu produire et d'éloges qu'on ne dût lui donner.