[23]: Ces marques d'attachement qu'il n'avoit cessé de lui donner depuis sa disgrâce, l'avoient fait exiler à Avignon; et ce fut Luynes lui-même qui le tira de son exil pour l'employer dans cette affaire; Richelieu y réussit de manière à satisfaire les deux partis.

[24]: Mém. chron., t. I.

[25]: Tom. XIII, in-4o, p. 250.

[26]: On y faisoit dire au roi «que l'audace de ceux qui avoient abusé de son nom et de son autorité, auroient porté les choses à une entière et déplorable confusion, si Dieu ne lui eût donné la force et le courage de les châtier; qu'un des plus grands maux qu'ils eussent procuré étoit la détention du prince de Condé, qui n'avoit eu d'autre cause que les artifices et les mauvais desseins de ceux qui vouloient joindre la ruine du prince à celle de l'état, ainsi que sa majesté l'avoit reconnu, après s'être soigneusement informé de tout ce qui avoit pu servir de prétexte à son emprisonnement.» Or, c'étoit attaquer ouvertement la reine, qui avoit elle-même fait arrêter le prince de Condé.

[27]: On avoit été prévenu de leur projet de départ, et le premier mouvement du roi avoit été de les faire arrêter. L'avis du président Jeannin fut qu'il valoit mieux les laisser partir, parce que, mal intentionnés comme ils l'étoient pour le service du roi, leur présence à Paris ne pouvoit qu'être dangereuse, et l'empêcheroit lui-même d'en sortir. Il représenta en outre qu'ils apporteroient dans la cour de la reine plus de trouble et de confusion que de profit et d'utilité; qu'il y avoit lieu de croire que tous les mécontents s'en iroient ainsi les uns après les autres; mais aussi qu'au premier qui reviendroit, les autres ne tarderoient point à le suivre. Cet avis prévalut; et, en effet, depuis que l'on gouvernoit au nom du roi, ces mutineries des princes, bien que dangereuses encore, commençoient à être moins redoutées.

[28]: Il fut dit que S. M. vouloit bien leur accorder un pardon qu'ils ne méritoient pas, pourvu que, dans l'intervalle de huit jours après la paix, ils posassent les armes et rentrassent dans l'obéissance qu'ils lui devoient. On ajouta que le roi n'entendoit rendre à aucun de ces rebelles les charges et gouvernements dont il avoit disposé depuis leur révolte.

[29]: On y employa le maréchal de Lesdiguères, le marquis de Châtillon et Du Plessis-Mornay, qui servirent utilement la cour en cette occasion.

[30]: Il fut créé maréchal général des camps et armées.

[31]: Il ne voulut jamais consentir à faire une paix particulière pour lui et les siens, se montrant décidé à ne traiter que dans l'intérêt général de son parti. Il dit au duc de Luynes «que les guerres soutenues par les protestants avoient toujours été malheureuses dans leur commencement; mais que l'inquiétude de l'esprit françois, le mécontentement de ceux qui ne gouvernoient pas, et les secours étrangers leur avoient toujours procuré les moyens de réparer leurs disgrâces.» C'étoit mettre le doigt sur la plaie de la France; et ces paroles remarquables prouvent que les protestants connoissoient les avantages de leur position et les changements que l'esprit de secte devoit apporter dans la politique de l'Europe, beaucoup mieux que leurs ennemis n'entendoient leurs propres intérêts.

[32]: Ce fut lui qui le premier conçut le projet de leur enlever leurs places fortes qui faisoient toute leur sûreté; et il avoit commencé à l'exécuter.