[100]: Elle vouloit qu'on reprît au maréchal de la Meilleraie le gouvernement de Bretagne, qui lui avoit été donné après l'affaire de Chalais, et qu'on le rendît au duc de Vendôme; qu'on ôtât l'amirauté à la maison de Brézé pour en gratifier le duc de Beaufort; enfin, que le jeune duc de Richelieu fût dépouillé du gouvernement du Hâvre, qu'elle demandoit pour le prince de Marsillac, depuis duc de la Rochefoucauld.

[101]: Elle ne pouvoit lui pardonner d'avoir présidé à la condamnation du duc de Montmorenci son frère.

[102]: Elle avoit épousé le père de la duchesse de Chevreuse, et étoit à peu près du même âge que sa belle-fille.

[103]: La jeune princesse se retirant un jour d'une assemblée, il arriva que des lettres galantes furent trouvées sous ses pas. Ces lettres furent lues et commentées d'une manière très injurieuse pour elle; et, comme on la soupçonnoit d'un commerce secret avec Coligni, depuis duc de Châtillon, madame de Montbazon prononça, sans hésiter, que ces lettres étoient d'elle et de lui.

[104]: Un vieil édit de 1548 défendoit de prolonger les faubourgs de Paris au-delà de certaines limites: Emery imagina de le tirer de la poussière, de faire toiser les constructions faites au-delà de ces limites, et de mettre à l'amende les délinquants. La Paulette étoit un droit au moyen duquel, en payant chaque année un soixantième du prix d'achat, chaque magistrat laissoit à sa famille la propriété de sa charge; c'étoit une concession que le roi avoit faite à la magistrature par un bail qui se renouveloit tous les neuf ans: ce bail expirant, il exigea des cours souveraines, le parlement excepté, quatre années de leurs gages à titre de prêt. Il établit des charges nouvelles dont les noms n'étoient pas moins ridicules que les attributions: c'étoient des conseillers du roi, contrôleurs des bois de chauffage, des jurés crieurs de vin, des jurés vendeurs de foin, etc.

[105]: Les conseillers, le Comte et Gueslin; les présidents, Gaïan et Barillon.

[106]: Mazarin, qui n'avoit jamais bien pu prononcer le françois, ayant dit que cet arrêt d'Ognon étoit attentatoire, ce seul mot le rendit ridicule; et, comme on ne cède jamais à ceux que l'on méprise, le parlement en devint plus entreprenant. (Voltaire.)

[107]: Turgot et d'Argonges, conseillers au grand conseil.

[108]: En voici l'origine la plus vraisemblable: dans les premiers démêlés du parlement avec la cour, le duc d'Orléans assistoit souvent aux assemblées de cette compagnie, et sa présence et son esprit conciliateur y calmoient l'effervescence des opinions; mais ce calme ne duroit qu'un moment, et la chaleur revenoit dès qu'il étoit parti. Bachaumont[108-A], fils du président Lecogneux, plaisantant à ce sujet, dit un jour que «le parlement, se contenant ainsi à l'aspect du duc d'Orléans, ne ressembloit pas mal aux écoliers qui, rassemblés pour jouer à la fronde dans les fossés de la ville, se séparoient dès qu'ils voyoient le lieutenant civil ou les archers, et se réunissoient pour fronder de nouveau aussitôt qu'ils étoient partis.» Il ajouta que, «maintenant que le duc étoit parti, il alloit bien fronder l'opinion de son père.» L'allusion parut heureuse; le mot fût adopté, et ne tarda pas à devenir un signe de ralliement.

[108-A]: L'auteur du Voyage ingénieux, fait en communauté avec Chapelle, et qui les a immortalisés tous les deux à si peu de frais.