[511]: On voit ce petit monument encastré dans un des murs du cloître des Petits-Augustins. Il est, sous tous les rapports, de la plus détestable exécution.

[512]: Ces deux statues, d'une sculpture très-médiocre, sont déposées dans les magasins du même Musée. (Presque tous les personnages que nous venons de mentionner avoient des épitaphes que l'on trouve rapportées très en détail dans Piganiol.)

[513]: Dans les salles où s'assembloient les chevaliers, on voyoit les portraits de tous ceux qui y avoient été reçus depuis l'origine de l'institution.

[514]: Le premier chant du Lutrin offre le vers suivant, dans le discours de la Discorde:

«J'aurai fait soutenir un siége aux Augustins!»

Ce qu'il est impossible d'entendre si l'on ne connoît l'anecdote suivante, publiée par M. Brossette.

«Les Augustins de ce couvent nommoient, tous les deux ans, en chapitre, trois de leurs religieux bacheliers, pour faire leur licence en Sorbonne, où ils avoient trois places fondées à cet effet. En 1658, le P. Célestin Villiers, prieur de ce couvent, voulant favoriser quelques bacheliers, en fit nommer neuf pour les licences suivantes. Ceux qui s'en virent exclus par cette élection prématurée se pourvurent au parlement, qui ordonna que l'on feroit une autre nomination en présence de quelques-uns de ses membres qu'il désigna: les religieux refusèrent d'obéir; et la cour se vit obligée d'employer la force pour faire exécuter son arrêt. Tous les archers furent mandés; on investit leur maison, et l'on essaya d'en enfoncer les portes; mais ce fut inutilement, parce que ces pères, prévoyant ce qui alloit arriver, les avoient fait murer. Les archers se virent donc forcés de tenter d'autres moyens, et tandis que les uns montoient sur les toits des maisons voisines pour tâcher de pénétrer dans le couvent, d'autres travailloient à faire une ouverture dans les murailles du jardin, du côté de la rue Christine. Alors les Augustins, qui avoient fait provision d'armes de toute espèce, sonnèrent le tocsin, se mirent en défense, et commencèrent à tirer d'en bas sur les assiégeants. Ceux-ci tirèrent à leur tour sur les moines, dont deux furent tués et plusieurs blessés. Cependant la brèche étant devenue praticable, ces pères, dans un danger aussi imminent, osèrent y apporter le saint Sacrement, espérant que l'aspect de cet objet vénérable glaceroit tout à coup le courage des assiégeants; mais voyant qu'on n'en continuoit pas moins de tirer sur eux, ils demandèrent à capituler; et l'on donna des otages de part et d'autre. Le premier article de la capitulation portoit qu'ils auroient la vie sauve, à condition qu'ils abandonneroient la brèche, et ouvriroient leurs portes. Les commissaires du parlement étant entrés dans le monastère, firent sur-le-champ arrêter et conduire à la Conciergerie onze religieux. Mais vingt-sept jours après, le cardinal Mazarin, ennemi du parlement, les fit mettre en liberté, et reconduire à leur couvent dans les carrosses du roi. Leurs confrères allèrent les recevoir en procession, des palmes à la main, chantant le Te Deum et sonnant toutes les cloches.

[515]: L'église et le couvent des Grands-Augustins ont été entièrement démolis. Sur l'espace qu'ils occupoient on a élevé une halle pour la vente du gibier et de la volaille.

[516]: Cette communauté a existé jusqu'au moment de la révolution.

[517]: Voy. t. I, 2e part., p. 502.