[547]: Sa tête, conservée dans un vase de faïence, étoit déposée à la bibliothèque du couvent.

[548]: Sur une table de bronze encastrée dans la muraille, une inscription françoise, gravée en relief, offroit ce qui suit:

«Ci-dessous gisent Léger du Moussel et Olivier Bourgeois, jadis clercs-écoliers, étudiants en l'Université de Paris, exécutés à la justice du roi notre sire, par le prévôt de Paris, l'an 1407, le vingt-sixième jour d'octobre, pour certains cas à eux imposés; lesquels, à la poursuite de l'Université, furent restitués et amenés au parvis Notre-Dame, et rendus à l'évêque de Paris, comme clercs, et au recteur et député de l'Université, comme suppôts d'icelle, à très-grande solennité, et de là en ce lieu-ci furent amenés, pour être mis en sépulture, l'an 1408, le seizième jour de mai, et furent lesdits prévôts et son lieutenant démis de leurs offices, à ladite poursuite, comme plus à plein appert par lettres-patentes et instruments sur ce cas. Priez Dieu qu'il leur pardonne leurs péchés. Amen.»

Ces deux écoliers étoient coupables de meurtres et de vols sur le grand chemin. Le prévôt de Paris, Guillaume de Tignonville, les fit arrêter. L'Université les réclama, prétendant que cette affaire devoit être portée devant la justice ecclésiastique. Le prévôt, sans s'embarrasser de ces oppositions, fit pendre les deux criminels. L'Université cessa aussitôt tous ses exercices; et pendant plus de quatre mois il n'y eut dans Paris ni leçons ni sermons, pas même le jour de Pâques. Comme le conseil du roi ne se laissoit point ébranler, elle protesta qu'elle abandonneroit le royaume, et iroit s'établir dans les pays étrangers, où l'on respecteroit ses priviléges: cette menace fit impression. Le prévôt fut condamné à détacher du gibet les deux écoliers. Après les avoir baisés sur la bouche, il les fit mettre sur un chariot couvert de drap noir, et marcha à la suite accompagné de ses sergents et archers, des curés de Paris et des religieux. Ils furent ainsi conduits, comme le dit l'inscription, d'abord au parvis Notre-Dame, de là aux Mathurins, où le recteur les reçut de ses mains, et les fit inhumer honorablement. Le prévôt de Paris fut destitué de sa charge; mais ayant été nommé par le roi premier président de la chambre des comptes, moyennant le pardon qu'il vint demander à l'Université, il obtint qu'elle ne s'opposeroit point à son installation. (Sainte-Foix.)

[549]: L'église des Mathurins a été entièrement démolie. Les bâtiments sont habités par des particuliers.

[550]: Les Thermes furent alors appelés le Vieux Palais.

[551]: Si quelque chose pouvoit le démontrer, ce seroit sans doute la durée extraordinaire de cette construction, quoique tout semble concourir à sa ruine. On n'apprendra point sans étonnement que, depuis un grand nombre d'années, un jardin avoit été pratiqué, et existoit encore, il y a peu de temps, sur la voûte de cette salle. Un petit chemin pavé, d'environ trois pieds, étoit pratiqué dans tout son pourtour, et l'on avoit chargé le milieu d'une couche de terre végétale de trois à quatre pieds d'épaisseur environ, portant à nu sur les reins de la voûte d'arête dont nous venons de parler. Ainsi cette voûte recevoit continuellement les eaux pluviales et celles de l'arrosement journalier des légumes, arbres, arbustes, cultivés en pleine terre sur sa surface extérieure, et n'en paroissoit point sensiblement altérée. Cependant elle n'est composée que d'un blocage de briques et de moellons, liés entre, eux par un mortier composé de chaux et de sable de Paris.

[552]: Voy. pl. 177.

[553]: Ce palais s'étendoit jusque dans la rue des Mathurins, et l'hôtel de Cluni a été bâti sur l'emplacement d'une partie de ses constructions, comme nous le dirons en son lieu.

[554]: L'an 1544, en fouillant près de la porte Saint-Jacques pour faire un rempart contre l'armée de Charles-Quint, on découvrit les aqueducs souterrains qui amenoient l'eau d'Arcueil aux Thermes. Deux de leurs voûtes existoient encore en 1724. On en a trouvé de nombreuses correspondances dans plusieurs caves des maisons de ce quartier. Il y en a dans une petite cour du bâtiment des Mathurins; et l'on y voit une inscription moderne indiquant qu'il s'étoit fait anciennement un enfoncement près de ce lieu, et que cet enfoncement avoit fait découvrir un conduit souterrain communiquant à la salle des Thermes.