[679]: «Il n'y a pas long-temps, dit Saint-Foix, qu'on voyoit encore sur la porte de la maison qui fait le coin de cette rue et de la rue Saint-Séverin une pierre de deux pieds en carré, où l'on avoit gravé différentes figures; les principales étoient celles d'un homme renversé de cheval, et d'un autre à qui une dame mettoit sur la tête un chapeau de roses. On lisoit au haut ces mots: Au vaillant Clary; et en bas: En dépit de l'envie. C'est un monument que la sœur de Guillaume Fouquet, écuyer de la reine Isabeau de Bavière, osa faire mettre sur sa maison, à la gloire de sire de Clary, son parent, dans le temps que la cour, irritée du combat de ce brave homme contre Courtenay, le poursuivoit, et vouloit le faire périr sur l'échafaud.» Pierre Courtenay, chevalier anglois et favori de son maître, étoit venu à Paris uniquement pour défier à la lance et à l'épée Guy de La Trémouille, porte-oriflamme; s'en retournant, après avoir rompu avec lui quelques lances, il se vanta, dans une visite qu'il fit à la comtesse de Saint-Pol, sœur du roi d'Angleterre, qu'aucun François n'avoit osé s'éprouver contre lui; le sir de Clary, qui étoit présent, s'indignant de l'injure qu'il faisoit à sa nation, lui proposa le champ clos pour le lendemain, et eut le bonheur de le mettre hors de combat. Une intrigue de cour présenta sous un aspect odieux cette action si glorieuse pour un vrai chevalier; on lui fit un crime d'avoir osé prendre une journée sans la permission du roi; et pour ne pas expier sa victoire par une mort ignominieuse, comme un traître à sa patrie, le brave Clary fut forcé de prendre la fuite, et resta long-temps dans l'exil.»

[680]: Livre rouge de l'Hôtel-de-Ville, fol. 107.

[681]: Au-dessous du marbre sur lequel cette inscription étoit gravée, on voyoit encore, avant la révolution, un bas-relief gothique qui représentoit une amende honorable que les sergents à verge avoient été contraints de faire, en 1440, à Justice, à l'Université et aux Augustins. Sous prétexte de signifier un exploit, ils s'étoient permis de tirer par force un de ces religieux du cloître de son couvent et en avoient tué un autre qui vouloit s'opposer à cette violence. «Par sentence du prévôt de Paris, dit Du Breul, ils furent condamnés à faire trois amendes honorables, l'une au Châtelet, l'autre au lieu du forfait et occision, et la dernière à la place Maubert; ils devoient les faire sans chaperon, nuds jambes et nud pieds, tenant chacun à la main une torche ardente de quatre livres, requérants à tous merci et pardon; puis ils furent condamnés à faire faire une croix en pierre de taille près le lieu où ladite occision fut faite, avec image représentant ladite réparation: davantage leurs biens confisqués, préalablement prise sur iceux la somme de 1000 livres parisis, et en après bannis à jamais du royaume.» Cependant cette peine, qu'on peut considérer comme légère, vu l'énormité du crime, fut sans doute encore adoucie: car Jaillot prétend avoir vu plusieurs significations faites par un de ces sergents depuis 1440 jusqu'en 1449.

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—Page [124]: "Mazarin devoit en grande partie son élévation à Charigni" a été remplacé par "Mazarin devoit en grande partie son élévation à Chavigni".

—Note [248]: "april" a été remplacé par "avril".

—Page [371]: "de disposer de leurs prétendes" a été remplacé par "de disposer de leurs prébendes".