Oronce Finé, savant mathématicien, professeur au collége de Me Gervais, mort en 1555.
Gilles Corrozet, libraire de Paris, et auteur d'une description de cette ville, qui passe pour la première qu'on en ait faite. Son épitaphe apprenoit qu'il étoit mort en 1568.
Félix Buy, religieux de cette maison, et célèbre théologien, mort en 1687.
Louis Boulenois, avocat au parlement de Paris, auteur de plusieurs ouvrages de jurisprudence, mort en 1762. Ses cendres et celles de son épouse avoient été recueillies dans un riche mausolée que leur avoient élevé leurs enfants. Ce monument, exécuté par un sculpteur nommé Poncet, se composoit d'un sarcophage porté sur un piédestal, et surmonté d'une urne de porphyre. On voyoit auprès la Justice éplorée, et les médaillons des deux époux étoient attachés à une pyramide qui couronnoit toute cette composition[252].
La famille des Chauvelin avoit aussi sa sépulture dans cette église.
Le cloître étoit fort grand, et environné d'arcades gothiques. Des peintures exécutées sur ses murailles, et qui étoient au nombre des plus anciennes de ce genre qu'il y eût à Paris, représentoient les vies des prophètes Élie et Élisée. On y lisoit aussi l'histoire de l'ordre, écrite en vieilles rimes françoises. Les curieux avoient soin de se faire montrer une chaire de pierre pratiquée dans le mur, qui avoit servi anciennement aux professeurs de théologie de cet ordre, et dans laquelle on prétend qu'Albert-le-Grand, saint Bonaventure et saint Thomas ont donné des leçons publiques.
La bibliothèque étoit composée d'environ douze mille volumes[253].
LA COMMANDERIE DE SAINT-JEAN-DE-LATRAN.
C'étoit une propriété de l'ordre de Malte, qui, comme nous l'avons déjà dit, remplaça celui des Templiers, et fut mis en possession de tous ses biens; toutefois il étoit possesseur de cette maison avant la destruction de ces religieux. Ces deux ordres avoient été institués pour l'utilité des pèlerins qui alloient visiter les lieux saints, mais avec cette différence que les Templiers, autrement dits frères de la Milice du Temple, se contentoient d'assurer les passages, de conduire et de défendre sur la route ces pieux voyageurs, tandis que les frères Hospitaliers de Jérusalem s'engageoient à leur donner l'hospitalité et à leur procurer tous les secours que pouvoit exiger leur situation. L'institution de ces derniers avoit même précédé de quelque temps celle des Templiers: cependant il n'y a point de preuves qu'ils aient eu avant ceux-ci un établissement à Paris; et quelques efforts que fasse l'abbé Lebeuf[254] pour reculer le plus possible cette antiquité, les raisonnements qu'il présente à ce sujet, combattus avec beaucoup de force par Jaillot, ne sont point appuyés de titres qui soient antérieurs à l'année 1171, époque que Sauval donne aussi pour la fondation de Saint-Jean-de-Latran. Du reste, ce surnom de Latran, qui est celui d'une basilique de Rome, ne fut donné à leur chapelle que dans le courant du seizième siècle: jusque-là, leur maison avoit été nommée Saint-Jean-de-Jérusalem et l'Hôpital de Jérusalem.
Cette commanderie occupoit un très-grand espace de terrain qui s'étendoit jusqu'à la rue des Noyers. Il se composoit d'une grande maison où demeuroit le commandeur, d'une immense tour carrée qui paroît avoir été destinée autrefois à recevoir les pèlerins, et d'une grande quantité de maisons très-mal bâties, où logeoient toutes sortes d'artisans qui y jouissoient du droit de franchise, de même que les habitants de l'enclos du Temple. L'église, qui paroissoit avoir été bâtie dès le temps de l'établissement, étoit desservie par un chapelain de l'ordre de Malte, et servoit de paroisse à tous ceux qui habitoient l'enceinte de la commanderie[255].