CURIOSITÉS DE L'ÉGLISE DE SAINT-JEAN-DE-LATRAN.

SCULPTURES.

Derrière le maître-autel, une Vierge, de la main d'Anguier aîné.

TOMBEAUX.

Dans le chœur on voyoit le mausolée de Jacques de Souvré, grand-prieur de France, exécuté par le même sculpteur[256].

Dans une chapelle attenant à l'église on lisoit l'épitaphe d'un particulier nommé Huard, mort en 1553, après avoir fait le tour du monde.

Jacques de Bethem, dernier archevêque de Glascow en Écosse, ambassadeur en France pendant quarante-deux ans, et l'un des fondateurs du collége des Écossois, avoit sa sépulture dans cette église.

Cette commanderie pouvoit rapporter 12,000 livres de rente. L'hôtel Zone, situé dans le faubourg Saint-Marcel, et la maison de la Tombe-Isoire[257], sise hors des murs, étoient au nombre de ses dépendances.

L'ÉGLISE COLLÉGIALE ET PAROISSIALE DE SAINT-BENOÎT.

L'origine de cette église se perd dans la nuit des temps, et cette obscurité qui l'environne a porté plusieurs historiens à exagérer encore son antiquité. Du Breul, Sauval et plusieurs autres[258] ont prétendu qu'elle avoit été bâtie dès le temps de saint Denis, et consacrée à la Sainte-Trinité par cet apôtre des Gaules. Adrien de Valois[259] soutient au contraire qu'on n'a aucune preuve que cette église existât avant l'an 1000: ces deux opinions sont également éloignées de la vérité. Il existe une charte de Henri Ier[260], le premier monument sans doute qui en fasse mention, par laquelle ce monarque donne au chapitre de Notre-Dame plusieurs églises situées dans le faubourg de Paris, dont quelques-unes avoient été décorées du titre d'abbayes, entre autres celles de Saint-Étienne, de Saint-Séverin et de Saint-Bacque, «lesquelles, ajoute cet acte, étoient depuis long-temps au pouvoir de ses prédécesseurs et au sien;» «nostræ potestati et antecessorum nostrorum antiquitùs mancipatas.» Cette église de Saint-Bacque est celle qui porte aujourd'hui le nom de Saint-Benoît, et le mot antiquitùs prouve évidemment qu'elle existoit avant l'an 1000. Il paroît même par le diplôme de Henri Ier que la cathédrale, à laquelle il rendit cette église, avoit eu sur elle, dans les siècles précédents, quelques droits de supériorité que l'invasion des Normands lui avoit fait perdre. Du reste ce nom de Saint-Bacque qu'elle portoit, et qu'il ne faut point séparer de celui de Saint-Serge, parce que l'église a de tout temps fêté ensemble ces deux saints martyrisés en Syrie, fait penser à Jaillot qu'il faut reculer l'origine du monument dont nous parlons jusqu'au sixième ou du moins jusqu'au septième siècle.