SÉPULTURES.
Dans cette église avoit été inhumé Patrice Maginn, docteur en droit, et premier aumônier de la reine d'Angleterre, mort en 1683.
Il y avoit dans cette paroisse une chapellenie instituée par un bedeau de l'université nommé Hamon Lagadon. Le chapitre de Saint-Marcel nommoit à la cure[268].
CIRCONSCRIPTION.
Le territoire de cette paroisse, resserré entre celui de Saint-Étienne-du-Mont et celui de Saint-Benoît, étoit très-circonscrit. Il est remarquable qu'il étendoit sa juridiction sur le collége d'Harcourt, situé derrière la rue de la Harpe, parce qu'avant la construction de ce collége, ce lieu étoit habité par des vassaux de Saint-Marcel. Le collége des Lombards dépendoit aussi de cette paroisse.
L'ABBAYE ROYALE SAINTE-GENEVIÈVE.
Plus un monument est ancien, plus il excite la curiosité; et c'est alors surtout, comme il nous est arrivé si souvent de nous en plaindre, qu'il est plus difficile de la satisfaire. Les commencements de notre monarchie sont des temps de désordre et d'ignorance; les révolutions fréquentes qui en marquent le cours interrompirent plus d'une fois la suite des traditions, causèrent la destruction ou la perte de presque tous les titres qui pouvoient jeter quelques lueurs au milieu de ces profondes ténèbres; et ce manque absolu d'autorités se fait sentir surtout lorsqu'il est question des choses qui se sont passées sous la première race. Cependant quelque obscurité qui environne les événements de ces temps reculés, il n'est personne qui ignore, et la tradition en est venue jusqu'à nous, que l'abbaye Sainte-Geneviève fut fondée par Clovis Ier, sur une colline au sud-est de Paris, et dans un lieu qui servoit de cimetière public; mais nos historiens ne sont d'accord ni sur l'année où cette église a été bâtie, ni sur l'époque des changements survenus dans les noms qu'elle a portés, ni même sur l'état de ceux qui furent choisis d'abord pour la desservir.
Cependant, quant à l'année de sa fondation, ces historiens ne diffèrent entre eux que depuis l'an 499 jusqu'à 511, c'est-à-dire d'un intervalle d'environ douze ans[269]. Il est certain que, dès la fin de l'année 496, Clovis avoit été baptisé, et que la plus grande partie des François avoit, à son exemple, embrassé le christianisme; mais on ne trouve aucun titre qui prouve que, vers cette époque, et même pendant les dix années qui la suivirent, ce prince ait fait bâtir d'église à Paris ni même en France. On sait que la guerre qu'il avoit déclarée à Gondebaud, roi de Bourgogne, les alliances qu'il contractoit avec d'autres souverains, et une foule de soins non moins importants l'occupoient alors tout entier; de manière que, sans pouvoir également offrir de preuves positives d'aucune autre date, il nous paroît plus vraisemblable de reculer cette fondation jusqu'à l'année 508, après la fameuse bataille qu'il livra, près de Poitiers, au roi des Visigoths, Alaric II. Trois historiens, Aimoin, Roricon et Frédégaire[270], rapportent qu'à la prière de Clotilde ce monarque avoit fait vœu, s'il revenoit vainqueur, de bâtir une église sous l'invocation de saint Pierre. La bataille fut livrée en 507; Clovis y tua Alaric de sa propre main, et revint l'année suivante à Paris, qu'il choisit alors pour la capitale de ses états. Il nous semble qu'aucune époque ne peut être plus convenable pour y placer la fondation de l'église de Sainte-Geneviève. Elle fut nommée dans le principe tantôt l'église de Saint-Pierre, tantôt la basilique des SS. Apôtres[271]. Nous dirons plus bas quand et à quelle occasion on la consacra à la patronne de Paris.
Le nom de basilique, dont se sert Grégoire de Tours en parlant de cette église, a fait penser qu'elle avoit d'abord été desservie par des religieux. Les noms de monastère, d'abbé, de frères, par lesquels les vieux titres désignent sans cesse et l'église et ceux qui la desservoient, mais surtout le témoignage d'un ancien livre, qui déclare formellement qu'elle avoit été bâtie pour y faire observer la religion de l'ordre monastique[272], semble fortifier cette opinion que les savants du premier ordre, dom Mabillon, l'abbé Fleuri, l'abbé Lebeuf, le P. Dubois, etc., ont embrassée.
Jaillot, qui, sans avoir une science aussi universelle que ces hommes célèbres, avoit certainement plus approfondi ces matières qu'aucun d'entre eux, ose s'élever seul contre leur sentiment. D'abord il n'a pas de peine à prouver que ces noms de basilique, de monastère, donnés à l'église, de frères et d'abbé, dont sont qualifiés les desservants, ont été mille fois employés pour désigner les chapitres, les églises, la cathédrale elle-même; l'histoire de Paris en offre mille exemples. Le passage de la vie de sainte Bathilde présente plus de difficultés, et cependant il nous semble qu'il en a heureusement triomphé; ses raisonnements qu'il sait fortifier d'exemples et d'autorités, sans rien offrir d'absolument décisif, nous portent à croire que ces desservants, soumis à la règle, à la vie monastique, n'étoient autre chose, dès l'origine, qu'un collége de chanoines séculiers.