L'étendue de cette paroisse ne peut pas être facilement désignée du côté de la campagne, et par conséquent il est difficile de bien établir ses limites avec Saint-Hippolyte; mais on peut faire observer que, du côté de la ville, son territoire étoit limitrophe avec Saint-Séverin vers les Chartreux; puis avec Saint-Cosme et Saint-Benoît, en commençant, après la porte Saint-Jacques, à la rue Saint-Dominique qu'elle avoit tout entière.
Cour et Hôpital Sainte-Geneviève.
Un peu en deçà de cette église, on voyoit une maison très-ancienne et mal bâtie, dont la porte étoit décorée d'une statue de sainte Geneviève. Jaillot est le seul de nos historiens qui en ait fait connoître l'ancienne destination. Elle avoit été acquise, en 1604, par M. Léonard Thuillier, proviseur du collége des Lombards, ainsi que le clos Gaudron auquel elle confinoit, dans l'intention d'en faire un asile pour les pauvres. Ayant obtenu, en 1610, l'autorisation de la puissance temporelle, il y fit construire une chapelle, et y établit un hôpital, qu'il légua aux marguilliers de Saint-Jacques-du-Haut-Pas par son testament du 2 janvier 1617. Nous ignorons à quelle époque cette institution cessa d'exister; mais dans le siècle dernier les Feuillants et le curé de Saint-Jacques occupoient la plus grande partie de cette maison.
LA COMMUNAUTÉ DES FILLES SAINTE-AURE.
Cette communauté fut établie en 1687 par M. Gardeau, curé de Saint-Étienne-du-Mont[338]. Sa première intention avoit été uniquement de procurer un asile et la subsistance à plusieurs jeunes filles de sa paroisse que la misère avoit plongées dans le libertinage. Il les avoit réunies dans une maison de la rue des Poules, sous la protection d'un saint prêtre de son clergé, nommé Labitte, lequel avoit donné la première idée de cet établissement. Il fut d'abord fondé sous le nom de sainte Théodore. Quelque temps après, M. de Harlai ayant jugé à propos de donner un autre directeur à ces filles, il s'en fallut peu que ce changement n'amenât la destruction de la communauté. Le plus grand nombre d'entre elles refusa de reconnoître son autorité; elles sortirent même de la maison, sans garder aucune mesure de bienséance. Il fallut toute la prudence et toute la douceur de ce nouveau directeur (M. Lefevre)[339] pour ramener une partie de ce troupeau dispersé. De ces restes qu'il avoit si heureusement réunis, il forma la communauté de Sainte-Aure, qu'il plaça dans une maison commode, rue Neuve-Sainte-Geneviève. Leur chapelle fut bénite en 1700, et M. le cardinal de Noailles donna des constitutions à ces filles en 1705. M. Lefevre ne se contenta pas de leur procurer des secours spirituels, il affermit encore leur établissement par plusieurs acquisitions qu'il fit pour leur communauté, et par la construction d'une église plus vaste, commencée en 1707. Le roi fit expédier, en 1723, des lettres-patentes en leur faveur[340].
Vers la fin du siècle dernier, ces filles avoient embrassé la clôture et la règle de saint Augustin: elles prenoient le titre de religieuses de Sainte-Aure, adoratrices du sacré cœur de Jésus.
LES ORPHELINES DU SAINT ENFANT JÉSUS ET DE LA MÈRE DE PURETÉ.
Tel est le titre de cette communauté, et non celui des Cent Filles, que plusieurs nomenclateurs lui ont donné. L'abbé Lebeuf dit «qu'elle fut fondée vers 1710, pour de pauvres orphelines de la campagne.»[341] Piganiol recule cette date jusqu'à 1735. Jaillot prétend que cet établissement est antérieur de plusieurs années à la première de ces deux dates, et qu'il prit naissance vers 1700, par le soin de quelques personnes pieuses qui le commencèrent dans le cul-de-sac des Vignes, sous la protection de l'archevêque et des officiers municipaux. La maison qu'occupoient ces orphelines avoit été prise à loyer; elles en firent l'acquisition en 1711, ainsi que d'une autre maison voisine, et y firent construire des classes, un réfectoire et une chapelle. L'acquisition fut amortie, et l'établissement confirmé par lettres-patentes en 1717. Plusieurs personnes charitables y fondèrent des places qui restèrent à la nomination de leurs familles[342].
Outre les filles que la charité y plaçoit, on en recevoit d'autres avec de bonnes recommandations, moyennant une pension modique. Il suffisoit, pour être admise dans cette maison, qu'une fille fût orpheline de père ou de mère, de la ville ou de la campagne: elle pouvoit y entrer dès l'âge de sept ans, et y demeurer jusqu'à vingt. Dans le commencement de l'établissement, la direction et l'administration en avoient été confiées à des filles pieuses, qui formoient entre elles une société purement séculière; mais en 1754 on leur substitua des filles de la communauté de Saint-Thomas-de-Villeneuve[343].
Communauté de Saint-Siméon-Salus.