Sur le maître-autel, orné de colonnes corinthiennes, un tableau représentant saint Edmond, roi d'Angleterre et martyr; sans nom d'auteur.
Dans une des petites chapelles, une Vierge peinte par Louise de Bavière, abbesse de Maubuisson, petite-fille de Jacques Ier, roi d'Angleterre.
SCULPTURES.
Dans cette église étoit déposé le corps de Jacques II, roi de la Grande-Bretagne, mort à Saint-Germain-en-Laye, le 6 septembre 1701, ainsi que celui de Louise-Marie Stuart, sa fille, morte au même endroit le 18 avril 1712.
La maison de Fitz-James avoit aussi sa sépulture dans cette église.
LES RELIGIEUSES FEUILLANTINES
Le pape Sixte V, en approuvant la réforme exécutée par le P. Jean de La Barrière dans son abbaye de Feuillants, de l'ordre de Cîteaux, lui avoit permis, par sa bulle du 13 novembre 1587, d'établir des monastères de l'un et de l'autre sexe. Les premières Feuillantines, fondées près de Toulouse suivant les uns, à Montesquiou de Volvestre, diocèse de Rieux, suivant les autres, furent transférées dans la première de ces deux villes, le 12 mai 1599. Il paroît que les Feuillants ne se montrèrent pas dans le principe disposés à leur procurer de nouveaux établissements: car ils se refusèrent obstinément à toutes les offres qui leur furent faites à ce sujet, et ce monastère fut le seul qu'elles possédèrent jusqu'en 1622. À cette époque, madame Anne Gobelin, veuve de M. d'Estourmel de Plainville, capitaine d'une compagnie des Gardes-du-corps, forma le projet d'attirer des Feuillantines à Paris; et prévoyant les difficultés qu'elle alloit éprouver de la part des Pères Feuillants, elle eut assez de pouvoir pour déterminer la reine Anne d'Autriche à écrire à ces religieux, assemblés alors à Pignerol dans leur chapitre général. Cette lettre, que le chapitre reçut comme un ordre honorable, eut tout l'effet qu'on en attendoit. Le 30 juillet de cette même année 1622, les supérieurs firent partir de Toulouse six religieuses, qui arrivèrent à Paris au mois de novembre suivant, et descendirent chez les Carmélites, d'où elles furent conduites processionnellement, par les Feuillants de Paris, dans la maison qui leur étoit destinée. Elle avoit été achetée dès 1620 par leur bienfaitrice, et, pendant cet intervalle, disposée d'une manière convenable à recevoir une communauté. Des lettres-patentes confirmèrent l'établissement, et madame d'Estourmel acheva de le consolider par un don de 27,000 livres, et une rente de 2,000 liv. qu'elle lui assura.
La chapelle de ce monastère fut changée, au commencement du siècle suivant, en une église dont le portail, construit par un architecte nommé Marot, présentoit la forme pyramidale et les ornements d'architecture en usage à cette époque. Quelques historiens de Paris en ont dit beaucoup de mal: nous ignorons pourquoi, car il n'est pas certainement le plus mauvais de ceux qui ont été construits dans le même système[351]. La maison fut en même temps réparée, et toutes ces dépenses se firent au moyen du bénéfice d'une loterie qui leur fut accordée par arrêt du conseil du 29 mars 1713[352].
CURIOSITÉS DE L'ÉGLISE DES FEUILLANTINES.
Sur le maître-autel, enrichi de colonnes composites, une copie de la fameuse Sainte-Famille de Raphaël, qui décoroit les appartements de Versailles.