Le duc de Montausier, mort en 1690.

Édouard le Camus, prêtre, l'un des bienfaiteurs de cette maison, mort en 1674.

Antoine de Varillas, historiographe de France, mort en 1696.

Philippe Hecquet, docteur en médecine de la faculté de Paris, mort en 1737[363].

Le cœur du maréchal de Turenne, le cœur d'Anne-Marie Martinozzi, princesse de Conti.

Quoique les Carmélites eussent été établies et fixées à Notre-Dame-des-Champs, on ne leur en donna cependant pas les revenus. Le titre de prieuré subsista jusqu'en 1671, qu'il fut réuni, avec les biens qui en dépendoient, au séminaire d'Orléans.

C'est dans ce monastère que Louise-Françoise de La Baume Le Blanc, duchesse de La Vallière, se retira, lorsque l'heureuse inconstance de Louis XIV, qu'elle avoit si tendrement aimé, lui eut rendu le séjour de la cour insupportable; et c'est là que, sous le nom de sœur Louise de la Miséricorde, elle se livra, pendant trente-six ans, à toutes les austérités de la règle et de la pénitence. Elle y mourut en 1710.

L'ABBAYE ROYALE DU VAL-DE-GRÂCE.

C'étoit un monastère de filles de la réforme de Saint-Benoît, originairement situé dans une vallée près de Bièvre-le-Châtel, ce qui lui avoit fait donner le nom de Vauparfond et Valprofond. Les monuments qui font mention de cette abbaye ne passent pas le commencement du douzième siècle; mais on a quelque raison de croire qu'elle existoit dès le milieu du précédent[364]. Des lettres-patentes de Charles VIII, de l'année 1487, nous apprennent que le Valprofond étoit de fondation royale, et que la reine Anne de Bretagne, l'ayant pris sous sa protection, voulut qu'il s'appelât à l'avenir Notre-Dame-du-Val-de-la-Crèche. Ce fut cette même princesse qui en sollicita la réforme, laquelle y fut introduite en 1514 par Étienne Poncher, évêque de Paris. On y voit les abbesses déclarées triennales, devenir perpétuelles en 1576, et se soumettre de nouveau à la triennalité en 1618. Ce fut vers cette époque qu'une foule de considérations extrêmement pressantes, telles que la situation désagréable de l'abbaye du Val, la vétusté de ses bâtiments, et les dangers imminents dont ils étoient menacés par de fréquentes inondations, firent naître le projet d'en transférer les religieuses à Paris. En 1621 on avoit déjà acheté à cet effet une grande place dans le faubourg Saint-Jacques, avec une maison appelée le fief de Valois ou le Petit-Bourbon, lorsque la reine Anne d'Autriche se déclara fondatrice du nouveau monastère, fit rembourser la somme de 36,000 liv., prix de l'acquisition, et ordonna la disposition des lieux, de manière que les religieuses du Val-de-Grâce purent y entrer le 20 septembre de la même année. La reine y fit ajouter depuis quelques bâtiments et un nouveau cloître, dont elle posa la première pierre le 3 juillet 1624.

Toutefois, malgré l'affection particulière que Anne d'Autriche avoit conçue pour cette maison, elle ne put, dans ces premiers temps, lui en donner que de foibles témoignages. Le cardinal de Richelieu vivoit encore; et l'on sait que tant que vécut ce ministre, elle n'eut ni le pouvoir d'accorder des grâces, ni même le crédit d'en faire obtenir. La mort de Louis XIII, qui ne survécut que cinq mois au cardinal, l'ayant mise à la tête de l'administration du royaume, une de ses premières pensées fut d'accomplir le vœu qu'elle avoit fait, dans des temps moins heureux, de bâtir à Dieu un temple magnifique, s'il faisoit cesser une stérilité de vingt-deux ans. Ce vœu avoit été exaucé, et l'obligation où elle étoit de le remplir lui devint d'autant plus agréable, qu'elle y trouvoit en même temps une occasion de donner au monastère du Val-de-Grâce une marque éclatante de cette affection qu'elle lui portoit. Il fut donc résolu que l'église et le monastère seroient rebâtis avec la plus grande magnificence: les fondements du nouvel édifice furent ouverts le 21 février 1645, et le 1er avril, le jeune roi Louis XIV y posa la première pierre dans le plus grand appareil[365]. Les troubles qui agitèrent la minorité de ce prince suspendirent bientôt les travaux commencés; mais ils furent repris en 1655. Monsieur, frère unique du roi, mit la première pierre au couvent; et ces bâtiments, si solides et si étendus, furent continués avec tant d'activité, qu'ils étoient achevés au commencement de 1662, et que l'église put être bénie en 1665.