Le corps de la princesse Bénédicte, duchesse de Brunswick, mère de la princesse Amélie Wilhelmine, femme de l'empereur Joseph Ier, morte en 1730.

Indépendamment de cette faveur particulière accordée au monastère du Val-de-Grâce, de recevoir en dépôt une partie des restes mortels de la famille royale, cette maison avoit obtenu de Louis XIV des armes écartelées de France et d'Autriche, surmontées d'une couronne fermée, avec permission de les faire sculpter ou peindre tant au dehors qu'au dedans de ses bâtiments, même de les faire graver pour servir de scel au monastère et à l'ordre entier. Les lettres-patentes expédiées à ce sujet sont de 1664. D'autres lettres-patentes de la même année accordèrent à ces religieuses le droit de franchise en faveur des artisans, qui occupoient des maisons qu'elles avoient fait construire sur un emplacement de quatre cent soixante-douze toises, qu'elles avoient nommé cour Saint-Benoît. Ces priviléges étoient les mêmes que ceux dont jouissoient les gens de métier établis dans le fief de Saint-Jean-de-Latran, auquel cet établissement étoit contigu.

La reine Anne d'Autriche, toujours occupée du bien-être de ses filles adoptives[374], avoit déjà augmenté le terrain de leur monastère par l'acquisition faite, en 1651, aux administrateurs de l'Hôtel-Dieu, de l'ancien hôpital de la Santé; elle fit aussi plusieurs fondations dans cette maison, et lui procura l'union et la mense de l'abbaye de Saint-Corneille de Compiègne[375].

LES FILLES SAINTE-AGATHE.

Cette communauté, qui avoit adopté la règle de Cîteaux, étoit aussi connue sous le nom de filles de la Trappe ou du Silence. Les religieuses qui la composoient s'établirent d'abord, vers 1697[376], dans la rue Neuve-Sainte-Geneviève, près la rue du Puits-qui-Parle. L'année suivante, la maison qu'elles occupoient ayant été vendue par décret, elles allèrent se loger au village de la Chapelle, où elles ne purent former un établissement. On les voit ensuite revenir à Paris, s'associer avec la demoiselle Guinard, qui occupoit alors, dans la rue de Lourcines, l'hôpital de Sainte-Valère, et s'en séparer peu de temps après pour aller habiter deux maisons contiguës qu'elles venoient d'acquérir dans la rue de l'Arbalète. Elles y demeurèrent depuis l'année 1700 jusqu'en 1753, que l'archevêque de Paris jugea à propos de supprimer cette communauté. Les filles de Sainte-Agathe s'occupoient principalement de l'éducation des jeunes demoiselles.

LES CAPUCINS.

Nous avons déjà parlé de l'origine et de l'établissement de ces religieux à Paris[377]. Godefroy de La Tour leur ayant légué, en 1613, par son testament, une grande maison et un jardin au faubourg Saint-Jacques, M. Molé, président au parlement, en prit possession, la même année, en qualité de syndic de ces religieux, et leur obtint des lettres-patentes qui autorisoient ce nouvel établissement. La grange de cette maison fut d'abord disposée de manière à servir de chapelle à ces pères, jusqu'à ce que les libéralités de M. de Gondi, évêque de Paris, les eussent mis en état de faire construire l'église qui existe encore à présent. Elle fut bénite, au nom de ce prélat, par son neveu Jean-François de Gondi, alors doyen de Notre-Dame, et depuis premier archevêque de Paris; M. de Harlai, archevêque de Rouen, la dédia ensuite sous le titre de l'Annonciation de la Sainte Vierge. Cette église n'a rien que de très-simple dans sa construction. La maison servoit de noviciat aux religieux de cet ordre dans la province de Paris[378].

CURIOSITÉS DE L'ÉGLISE.

Deux tableaux représentant, l'un la Présentation au Temple, l'autre l'Annonciation; par Lebrun.

L'HOSPICE SAINT-JACQUES-DU-HAUT-PAS.