Collége de Reims (rue des Sept-Voies).

Ce collége doit son origine à Gui de Roye, archevêque de Reims, qui en ordonna la fondation par son testament, en 1409, année de sa mort[416]. On voit par cet acte que l'intention de ce prélat étoit d'y mettre, par préférence, des sujets nés dans les terres affectées à la mense archiépiscopale de Reims, dans sa terre de Roye, ou dans celle de Murel. Cette disposition testamentaire, contestée d'abord par ses héritiers, fut maintenue par une transaction qu'ils passèrent avec les écoliers de Reims[417], alors étudiants à Paris, et qui étoient destinés à remplir les bourses. Ceux-ci firent en conséquence l'acquisition de l'hôtel de Bourgogne, qui leur fut vendu le 12 mai 1412 par Philippe, comte de Nevers et de Rhétel. En 1414 on institua un maître particulier, un chapelain et un procureur dans ce collége. Les troubles qui agitèrent Paris quelques années après pensèrent l'anéantir presqu'au moment où il venoit d'être établi; en 1418 il fut pillé, presque détruit, et demeura désert jusqu'en 1443, que Charles VII le rétablit, et y annexa le collége de Rhétel qui tomboit en ruines.

Ce collége de Rhétel n'étoit ni voisin de celui de Reims, ni contigu, comme l'ont dit plusieurs auteurs: il étoit situé dans la rue des Poirées. Gaultier de Launoi l'avoit créé pour les écoliers du Rhételois, et Jeanne de Bresle y avoit fondé depuis quatre bourses pour des écoliers du comté de Porcien. Lors de l'union, presque tout le revenu de ce collége étoit dissipé; alors il n'y avoit même plus de boursiers.

Cette union soutint pendant quelque temps le collége de Reims, dont l'administration supérieure passa entre les mains de l'archevêque. Toutefois il tomba successivement dans un état si misérable, qu'en 1699 il étoit déjà sans boursiers, et qu'en 1720 il n'y restoit que deux officiers. M. le cardinal de Mailli, archevêque de Reims, entreprit alors de le rétablir, et chargea de ce soin M. Le Gendre, chanoine de Notre-Dame, qui dressa des statuts, établit dans ce collége un principal, un chapelain, et trouva le moyen d'y réunir huit boursiers pris dans les lieux désignés par les fondateurs. En 1745 on en reconstruisit la façade, et en 1763 il fut réuni à celui de l'Université.

Collége de la Merci (même rue).

Presque tous nos historiens ont placé l'érection de ce collége en 1520. Jaillot lui donne cinq ans de plus d'ancienneté. Il dit que Nicolas Barrière, bachelier en théologie, et procureur général de l'ordre de la Merci, désirant procurer aux religieux de son ordre la facilité d'étudier à Paris, traita avec Alain d'Albret, comte de Dreux, d'une place et d'une masure qui faisoient partie de son hôtel, et que le contrat en fut passé à Dreux le 15 mai 1515[418]. Cet établissement n'eut pas une longue durée; car dès 1611 il n'y avoit plus dans la maison qu'un seul religieux, et la chapelle abandonnée étoit entièrement découverte. Ce collége, dans le siècle dernier, n'étoit plus qu'un hospice de la maison de cet ordre établie rue du Chaume[419].

Collége de Fortet (même rue).

Pierre Fortet, chanoine de l'église de Paris, avoit ordonné, par son testament du 12 août 1391, la fondation d'un collége où il y auroit un principal et huit boursiers[420], et destiné pour l'emplacement de cette institution une maison appelée les Caves, située au bout de la rue des Cordiers; mais il ne voulut point que ce projet fût réalisé de son vivant, et mourut en 1394, laissant ce soin à ses exécuteurs testamentaires.

Ceux-ci offrirent au chapitre Notre-Dame la commission de remplir la volonté du testateur: le chapitre l'accepta, et ne trouvant pas la maison léguée propre à établir un collége, il acquit, en 1397, de M. de Listenoi, seigneur de Montaigu, une maison qu'il possédoit rue des Sept-Voies, et la fit disposer telle qu'elle devoit être pour une semblable institution. On nomma le principal, les boursiers, et on leur donna des statuts le 10 avril de la même année.

Aux bourses fondées originairement dans ce collége plusieurs particuliers en ajoutèrent successivement onze nouvelles. Dès l'an 1560 les bâtiments en avoient été reconstruits: on l'augmenta encore depuis, en y joignant l'hôtel des évêques de Nevers et celui de Marli-le-Châtel[421].