Rue des Amandiers. Elle aboutit d'un côté à la rue des Sept-Voies, et de l'autre à celle de la Montagne-Sainte-Geneviève; dès le treizième siècle elle portoit ce nom, dont on n'a pu découvrir l'étymologie. On disoit également rue des Almandiers, de l'Allemandier et des Amandiers.

Rue des Anglois. Elle traverse de la rue Galande dans celle des Noyers, et étoit connue sous ce nom dès le treizième siècle. Sauval insinue qu'il lui a été donné à cause du long séjour que les Anglois ont fait à Paris[443]. Jaillot prouve qu'une telle opinion ne peut être admise, parce que cette rue étoit ainsi nommée plus de deux siècles avant le règne de Charles VI. Sans prétendre en donner la véritable étymologie, il pense qu'il seroit plus vraisemblable de l'attribuer aux Anglois que la célébrité de l'Université de Paris engageoit à venir faire leurs études dans cette ville, et dont le nombre étoit en effet si considérable, qu'ils formèrent une des quatre nations dont ce grand corps étoit composé.

Rue de l'Arbalète. Elle aboutit d'un côté à la rue Moufetard, de l'autre, à celle des Charbonniers. On lit dans les titres de Saint-Geneviève qu'au quatorzième siècle elle s'appeloit rue des Sept-Voies[444], et qu'au milieu du seizième on la nommoit rue de la Porte de l'Arbalète, autrement des Sept-Voies. Il y avoit dans cette rue une maison dite de l'Arbalète, qui faisoit le coin de la rue des Sept-Voies, et c'est là qu'il faut chercher sans doute l'étymologie de ces diverses dénominations.

Rue du Cimetière-Saint-Benoît. Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-Jacques, de l'autre à la rue Fromentel, et doit son nom au cimetière Saint-Benoît, auquel elle conduisoit en 1615. On agrandit ce cimetière en même temps qu'on en supprima un autre qui occupoit une partie de la place Cambrai. Quelques nomenclateurs donnent à cette rue la dénomination de rue Breneuse; un autre dit qu'elle s'appeloit de l'Oseroie en 1300. Guillot en indique effectivement une sous ce nom, et l'abbé Lebeuf pense aussi qu'elle est représentée par celle-ci[445]. Jaillot produit plusieurs titres qui lui font croire qu'anciennement cette rue n'étoit point distinguée de celle de Fromentel, dont elle fait la continuation; et celle-ci se prolongeoit alors sous le même nom jusqu'à la rue Saint-Jacques. Quant à la rue de l'Oseroie, il conjecture que ce pouvoit être une ruelle comprise dans l'église Saint-Benoît, et sur l'emplacement de laquelle ont été construites les chapelles de la nef[446].

Rue de Biron. Cette rue, qui donne d'un côté rue du Faubourg-Saint-Jacques, de l'autre dans celle de la Santé, étoit encore sans nom en 1772. Elle a pris depuis celui qu'elle porte aujourd'hui.

Rue des Bourguignons. Cette rue, qui donne d'un bout dans la rue du Faubourg-Saint-Jacques, et de l'autre dans celle de Lourcine, étoit anciennement nommée rue de Bourgogne. Sur plusieurs plans on ne la fait commencer qu'au coin de la rue de la Santé, ou, pour mieux dire, au bout du carrefour où étoit autrefois placée la croix de la sainte Hostie[447]; et toute la partie antérieure jusqu'à la rue Saint-Jacques y est nommée rue des Capucins. C'étoit par cette rue ou chemin, et le long des murs du Val-de-Grâce, que devoit passer le boulevard ou cours planté d'arbres dont on avoit résolu en 1704, d'environner la ville, et qui depuis a été tracé et exécuté à une assez grande distance de ce premier emplacement[448].

Rue de la Grande et de la Petite-Bretonnerie. Ces deux rues parallèles se réunissoient l'une à l'autre, et avoient leur entrée par la rue Saint-Jacques; c'étoit, à proprement parler, une rue qui tournoit autour de plusieurs maisons. Sauval dit qu'anciennement elle se nommoit rue du Puits[449]; et Jaillot la trouve, au commencement du quinzième siècle, sous le nom de rue aux Bretons; mais, dès le seizième, elle est désignée sous la double dénomination qui lui est restée. Ces deux rues avoient été ouvertes sur un fief qui appartenoit aux religieuses de Long-Champs; et l'on trouve qu'en 1661 le roi permit aux filles de la congrégation de Charonne, dont il vouloit favoriser l'établissement, de former un marché dans cet endroit[450].

Rue de la Bûcherie. Elle commence à la rue du Petit-Pont, et finit à celle du Pavé-de-la-Place-Maubert. Sauval dit qu'elle devoit son nom à un port aux bûches qu'il y avoit auprès en 1415[451]. Jaillot prouve que ce port existoit en cet endroit bien des siècles avant cette époque; et, sans nier que le nom de cette rue en tire son étymologie, il pense qu'elle pourroit bien aussi avoir reçu cette dénomination de quelques boucheries établies anciennement en ce lieu. Au reste ces deux étymologies sont également constatées par des titres de Sainte-Geneviève du treizième siècle, dans lesquels on lit: Vicus de Boucharia et Buscharia, etc. Cette rue avoit été ouverte au bas d'un clos fort étendu qu'on appeloit le clos Mauvoisin, dont nous aurons bientôt occasion de parler; et, dès le sixième siècle, elle étoit couverte de maisons jusqu'à la rue du Fouare seulement. En 1202 le clos Mauvoisin ayant été donné à cens, sous la condition d'y bâtir, la rue fut successivement continuée jusqu'à son extrémité, opération qui cependant n'étoit pas encore terminée à la fin du siècle suivant[452].

Place Cambrai. Elle fut ouverte, au commencement du dix-septième siècle, sur une partie de la rue Saint-Jean-de-Latran, qui s'étendoit jusqu'à la rue Saint-Jacques, et sur un terrain qui servoit anciennement de cimetière. On le nommoit le Grand Cimetière, le Cimetière de Cambrai, le Cimetière de l'Acacias; le Cimetière du Corps-de-garde. Ces différents noms venoient de la terre de Cambrai, ainsi appelée parce que la maison de l'évêque de Cambrai, convertie depuis en collége, y étoit située; d'un acacia qu'on y avoit planté, et d'un corps-de-garde voisin.

Rue des Capucins[453]. Ce n'étoit, au siècle dernier, qu'un chemin qui conduisait de la rue du Faubourg-Saint-Jacques à celle de la Santé. On la nommoit ainsi parce qu'elle régnoit le long de l'enclos des Capucins.