Rue des Carmes. Elle aboutit d'un côté à la rue des Noyers, et de l'autre à celle du mont Saint-Hilaire. Comme elle a été ouverte, ainsi que celle de Saint-Jean-de-Beauvais, sur le clos Bruneau, on lui en a souvent donné le nom. Elle portoit aussi celui de Saint-Hilaire, parce qu'elle aboutissoit à cette église, et c'est ainsi qu'elle est dénommée dans des actes de 1317 et 1372. Son dernier nom lui vient du couvent des Carmes qui y étoit situé.
Rue du Carneau. C'est une ruelle qui descend de la rue de la Bûcherie à la rivière, et que presque tous nos plans ont figurée sans lui donner aucun nom. Jaillot prétend cependant que, dès le treizième siècle, elle étoit connue sous celui de la Poissonnerie, puis de la Place au Poisson dans le dix-septième; plus anciennement elle s'appeloit rue des Porées. C'est ainsi qu'elle est indiquée dans le rôle des taxes de 1313, et dans un compte de 1398, rapporté par Sauval[454].
Rue des Charbonniers. Elle fait la continuation de la rue de l'Arbalète, et aboutit à celle des Bourguignons. Son nom lui vient d'un lieu voisin dit les Charbonniers, dont il est question plusieurs fois dans le terrier du roi de 1540.
Rue Chartière. Elle aboutissoit d'un côté à la rue du Puits-Certain, de l'autre à celle de Reims. Sauval dit qu'en 1300 elle s'appeloit de la Charretière[455]. Guillot écrit de la Chareterie, et l'on trouve dans d'autres titres de la Charrière[456], de la Chartrière et des Charettes.
Rue du Cheval-Vert[457]. Elle traverse de la rue des Postes à celle de la Vieille-Estrapade. Si l'on en excepte un seul plan, celui de Nolin, publié en 1699, où elle est appelée rue du Chevalier, on trouve le premier nom dans tous les actes, et notamment dans les censiers de Sainte-Geneviève, qui en font mention dès 1603. Elle fut fermée en 1646, sans qu'on en sache les raisons, et rouverte depuis, sans que l'époque de cette ouverture soit désignée. Son nom lui vient probablement de quelque enseigne.
Rue des Chiens. Elle aboutit d'un côté à la rue des Sept-Voies, et de l'autre à celle des Cholets. Sauval[458] et ses copistes prétendent que le bas peuple avoit changé les deux dernières lettres du nom de cette rue, parce qu'elle étoit solitaire et malpropre. Jaillot pense au contraire que cette dénomination ordurière étoit la plus ancienne, et fut changée en celle des Chiens, qu'elle portoit déjà avant le milieu du dix-septième siècle. Guillot indique dans sa nomenclature une rue du Moine, que l'abbé Lebeuf croit être celle-ci; Jaillot, qui en doute, entame à ce sujet une longue discussion, qui n'éclaircit nullement cette question si peu importante[459].
Rue des Cholets. Cette rue donne d'un côté dans la rue Saint-Étienne-des-Grés, de l'autre dans celle de Reims, et doit son nom au collége qu'on y a bâti. Auparavant on la nommoit Saint-Symphorien et Saint-Symphorien-des-Vignes. Cette dernière dénomination venoit de ce que le carré que forme cette rue avec celle de Reims, des Sept-Voies et de Saint-Étienne-des-Grés, étoit un clos planté de vignes. On la trouve aussi indiquée sous les noms de petite rue Sainte-Barbe et de rue des Vignes.
Rue d'Écosse. Elle aboutit d'un côté à la rue du Mont-Saint-Hilaire, et de l'autre à celle du Four. Guillot n'en fait point mention, quoiqu'elle existât déjà de son temps. En 1313 on la nommoit rue au Chauderon, de l'enseigne d'une maison qui subsistoit encore en 1636; mais, dès le seizième siècle, on l'appeloit rue d'Écosse. Robert dit qu'elle a porté le nom de rue des Trois-Crémaillères.
Rue Saint-Étienne-des-Grés. Elle donne d'un bout dans la rue Saint-Jacques, de l'autre sur la Place-Sainte-Geneviève. Dès 1230, elle est désignée sous ce nom dont nous avons fait connoître l'étymologie en parlant de l'église qui le lui a donné.
Rue de la Vieille-Estrapade. Elle est située entre la Place-de-Fourci et celle de l'Estrapade; et cette dernière place qui lui a donné ce nom, l'avoit reçu parce que, pendant long-temps, on y avoit fait subir aux soldats le supplice de l'estrapade, dont l'appareil fut depuis transporté au marché aux chevaux. Avant cette époque, cette rue se nommoit rue des Fossés-Saint-Marceau, ayant été ouverte sur les fossés de la ville.