Rue du Fouare. Elle aboutit d'un côté à la rue Galande, de l'autre à celle de la Bûcherie. Ce nom est une altération de celui de feurre, c'est-à-dire de paille, dans notre ancien langage; aussi, dans tous les vieux titres, cette rue est-elle appelée vicus Straminis, vicus Straminum, via Straminea. On voit dans un cartulaire de Sainte-Geneviève[460] qu'en 1202 Matthieu de Montmorenci, seigneur de Marli, et Mathilde de Garlande sa femme, donnèrent leur vigne appelée le clos Mauvoisin (c'est le même que celui de Garlande), à cens, à plusieurs particuliers, à la charge d'y bâtir. Ainsi se formèrent les rues Galande, du Fouare et autres qui se trouvent entre la rue de la Bûcherie et la Place-Maubert. Nous avons déjà dit comment, sous Philippe-Auguste, il s'établit de nouvelles écoles dans celle dont nous parlons. Elle reçut le nom qu'elle porte encore aujourd'hui, parce que les écoliers, suivant l'usage qui s'observoit alors, étoient, par respect pour leurs maîtres, assis par terre sur de la paille, dont on jonchoit les écoles.

Les anciens titres prouvent que la rue du Fouare étoit fermée à ses deux extrémités; et l'on croit que c'étoit pour empêcher le passage des voitures, dont le bruit auroit pu incommoder et distraire les étudiants.

Rue du Four. Elle donne d'un côté dans la rue des Sept-Voies, de l'autre dans celle d'Écosse, dont elle n'est pas même distinguée sur les anciens plans. Cependant le cartulaire de Sainte-Geneviève de 1248 en fait mention sous le nom de Vicus et de ruella Furni; Guillot la nomme du Petit-Four, qu'on appelle le Petit-Four-Saint-Ylaire. On lui avoit donné ce nom parce que le four banal, qui appartenoit à l'église Saint-Hilaire, y étoit situé.

Rue et place de Fourci. Elles sont situées entre la rue de la Vieille-Estrapade et celle des Fossés-Saint-Victor. Sur la plupart de nos plans cette rue n'est pas distinguée de celle des Fossés-Saint-Marceau ou Vieille-Estrapade. Elle doit son nom à M. Henri de Fourci, président aux enquêtes et prévôt des marchands, qui, en exécution d'un arrêt du conseil du 17 avril 1685, fit combler les fossés et aplanir le terrain, beaucoup plus escarpé alors qu'il ne l'est aujourd'hui.

Rue Fromentel. Elle aboutit d'un côté à la rue du Mont-Saint-Hilaire, vis-à-vis le Puits-Certain, et de l'autre à celle du Cimetière-Saint-Benoît. Ce nom est une abréviation de celui de Froid-Mantel, ainsi qu'il est indiqué dans le cartulaire de Sainte-Geneviève de 1243: vicus qui dicitur Frigidum-Mantellum. On trouve dans celui de Sorbonne, en 1250, vicus Frigidi-Mantelli; Fretmantel, aliàs Brunel en 1313. Dans tous les actes des siècles suivants on lit Fresmantel, Froit-Mantel et Fromentel[461].

Rue Galande. Elle commence au carrefour Saint-Séverin, et aboutit à la place Maubert. Ce nom est visiblement une altération de celui de Garlande, que portoit une famille très-connue au onzième siècle. Le clos Mauvoisin, comme nous l'avons dit plus haut, faisoit partie de la seigneurie de Garlande; le cartulaire de Sainte-Geneviève renfermoit une transaction de l'an 1225, qui nous apprenoit que c'est sur le terrain de ce clos qu'au commencement du treizième siècle furent percées les rues Galande, des Trois-Portes, des Rats et du Fouare, en vertu d'un accensement fait en 1202 par Matthieu de Montmorenci et Mathilde de Garlande sa femme[462]. Ce clos appartenoit dans le principe à l'abbaye Sainte-Geneviève, qui[463] l'avoit donné en fief à ce seigneur, à la charge que ceux qui y bâtiroient seroient de la paroisse du Mont. Nous avons déjà remarqué qu'en 1118 Étienne de Garlande avoit donné une partie des vignes de ce clos pour la dotation de la chapelle Saint-Agnan[464]: il faut ajouter qu'en 1134 Louis-le-Gros approuva cette donation, sous la réserve de 18 den. de cens[465], d'où il faut conclure que ce clos étoit en partie dans la directe du roi et en partie dans celle de Sainte-Geneviève.

Carré Sainte-Geneviève. On appelle ainsi la place qui étoit devant les églises de Sainte-Geneviève et de-Saint-Étienne-du-Mont. Elle avoit été formée d'une partie de l'ancien cloître, qui fut donnée à cens en 1355 pour y bâtir les maisons qu'on y voit aujourd'hui. Ce cloître étoit fermé par des portes au bout des rues des Sept-Voies, des Amandiers et des Prêtres.

Place Sainte-Geneviève. La construction de la nouvelle église Sainte-Geneviève a donné naissance à cette nouvelle place, formée de la destruction des rues de la Grande et de la Petite-Bretonnerie, et de la démolition de plusieurs édifices.

Rue Neuve-Sainte-Geneviève. Elle aboutit d'un côté à la place de Fourci, de l'autre à la rue des Postes. Elle doit ce nom au clos de Sainte-Geneviève, sur lequel elle a été ouverte[466].

Rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Nous avons déjà parlé de cette rue au quartier de la place Maubert. La petite partie qui dépend de celui-ci étoit comprise dans le cloître Sainte-Geneviève, qui, de ce côté, commençoit au bout de la rue des Amandiers. Dans ce petit espace se trouvoit une ruelle sans bout, ou cul-de-sac, dont il restoit encore des vestiges dans le siècle dernier[467].