Cul-de-sac Gloriette. Il dépendoit de ce quartier, quoiqu'il fût situé à l'extrémité de la rue de la Huchette, comprise dans le quartier Saint-André-des-Arcs. Ce cul-de-sac doit son nom au fief Gloriette, sur lequel il avoit été percé, et qui l'avoit communiqué également à la boucherie établie en cet endroit au quinzième siècle. Sa situation sur le bord de la rivière, qui le rendoit propre à l'écoulement du sang des animaux, lui fit donner le nom de Trou-Punets ou Punais, qu'il porte dans plusieurs actes de ce temps-là. Le lieu qu'y occupoit la boucherie, laquelle existoit encore dans le siècle dernier, étoit une maison qui servoit auparavant de bureau pour recevoir le péage du Petit-Pont. En 1382 on en prit une partie pour faire une nouvelle tour au Petit-Châtelet[468].

Rue du Mont-Saint-Hilaire ou du Puits-Certain. Cette rue donne d'un côté dans les rues Saint-Jean-de-Beauvais et Chartière, de l'autre dans celles des Carmes et des Sept-Voies. Elle n'étoit d'abord désignée le plus souvent que sous le nom général de clos Bruneau: c'étoit celui du territoire sur lequel elle est située; mais dès le treizième siècle on lui donnoit déjà le nom qu'elle porte aujourd'hui. On l'appelle aussi vulgairement rue du Puits-Certain, à cause du puits public situé à l'entrée de cette rue, lequel fut construit par les soins et aux dépens de Robert Certain, curé de Saint-Hilaire. Du reste cette rue doit son dernier nom à l'église paroissiale qu'on y avoit élevée[469].

Rue Jacinthe. Elle traverse de la rue Galande dans celle des Trois-Portes. Elle a même été long-temps confondue avec cette dernière sur les plans et dans les censiers de Sainte-Geneviève. On l'a aussi appelée ruelle Augustin.

Rue Saint-Jacques. Elle commence au coin des rues Saint-Séverin et Galande, et finit à l'ancienne porte, au coin des rues Saint-Hyacinthe et des Fossés-Saint-Jacques. Au douzième siècle cette rue n'avoit point de nom particulier: on l'appeloit simplement vicus Magnus, Major vicus, major vicus parvi Pontis. Dans le siècle suivant, une chapelle de Saint-Jacques lui fit prendre le nom de cet apôtre, et le donna également aux religieux qui s'y établirent. Elle reçut aussi dans ses diverses parties les noms des églises qui en étoient les plus voisines. On trouve en 1263[470]: Magnus vicus Sancti Jacobi Prædicatorum; en 1250, 1258 et 1268, Magnus vicus Sancti Stephani de Gressibus; en 1273, magnus vicus prope Sanctum Benedictum le Bestournet; en 1298, Magnus vicus ad caput ecclesiæ Sancti Severini; grant rue, grant rue outre le Petit-Pont, grant rue vers Saint-Mathelin, grant rue Saint-Benoît, etc.; enfin grand rue Saint-Jacques.

Rue du Faubourg-Saint-Jacques. Elle fait la continuation de la rue Saint-Jacques depuis les rues Saint-Hyacinthe et des Fossés-Saint-Jacques jusqu'à la barrière et au nouveau boulevard[471].

Rue des Fossés-Saint-Jacques. Cette rue, qui commence à l'endroit où étoit l'ancienne porte qui sépare la ville des faubourgs, aboutit à l'Estrapade. Son nom vient des fossés sur lesquels elle a été bâtie.

Rue Jean-de-Beauvais. Elle aboutit d'un côté à la rue des Noyers, de l'autre à celles de Saint-Jean-de-Latran et du Mont-Saint-Hilaire. Sans nous arrêter à relever l'erreur de Sauval[472], qui la confond avec la rue de Beauvais située près du Louvre, nous dirons qu'elle prit d'abord le nom d'un ancien clos de vignes appelé dans les titres clausum Brunelli, clos Burniau, Brunel et Bruneau, au travers duquel elle fut percée, et qu'elle le portoit encore au milieu du quinzième siècle; celui de Beauvais n'est pas si ancien, et a excité de longues discussions parmi les antiquaires. Les uns veulent qu'il vienne de la chapelle de Beauvais, dédiée sous l'invocation de saint Jean-Baptiste; l'autre d'un libraire nommé Jean de Beauvais, dont la maison étoit située au coin de cette rue. Cette question est si peu importante, que nous ne voulons ni exposer les raisons alléguées pour et contre, ni faire un choix dans ces deux opinions[473].

Rue Saint-Jean-de-Latran. Elle aboutissoit d'un côté au haut de la rue Saint-Jean-de-Beauvais, de l'autre à la place Cambrai. On l'appeloit anciennement rue de l'Hôpital, à cause des Hospitaliers qui s'y établirent au douzième siècle. C'est par la même raison qu'au quatorzième elle étoit désignée sous les noms de rue Saint-Jean-de-l'Hôpital, Saint-Jean-de-Jérusalem et enfin Saint-Jean-de-Latran.

Rue Judas. Elle traverse de la rue des Carmes à celle de la Montagne-Sainte-Geneviève. Ce nom est ancien; les cartulaires de Sainte-Geneviève de 1243 et 1248 indiquent déjà cette rue, vicus Jude. On peut présumer qu'il y demeuroit des Juifs au douzième siècle.

Rue-Saint-Julien-le-Pauvre. Elle aboutit d'un côté à la rue Galande, de l'autre à celle de la Bûcherie. Ce seroit une des plus anciennes de Paris, si, dès l'origine, on avoit donné ce nom au chemin qui conduisoit à l'église Saint-Julien; mais il n'y avoit, dans ces temps reculés, que quelques maisons éparses de ce côté, qui depuis, s'étant multipliées et rapprochées, ont enfin formé la rue dont nous parlons.