Rue des Lavandières. Cette rue donne d'un côté dans la rue des Noyers, et aboutit de l'autre à la place Maubert. Elle devoit son nom aux lavandières que la proximité de la rivière avoit engagées à se placer dans ce quartier. Les titres en font mention, dans le treizième siècle, sous les noms de vicus et ruella Lotricum[474]. Guillot et le rôle des taxes de 1313 l'appellent rue à Lavandières et aux Lavandières. Ce nom n'a pas varié.

Rue des Lionnois. Elle aboutit d'un côté à la rue des Charbonniers, et de l'autre à celle de Lourcine. Cette rue fut percée au commencement du dix-septième siècle.

Rue Maillet[475]. Cette rue, ouverte depuis 1780, donne d'un côté dans la rue du Faubourg-Saint-Jacques, de l'autre dans celle d'Enfer.

Rue des Noyers. Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-Jacques, de l'autre à la place Maubert. Le nom qu'elle porte lui fut donné à cause de quelques noyers plantés au bas du clos Bruneau, dans l'endroit où elle est située. Sauval[476] prétend qu'elle a porté le nom de Saint-Yves, et n'en donne aucune preuve: on la trouve, au contraire, dans tous les titres sous sa première dénomination, qu'elle paroît avoir toujours conservée. Elle est appelée successivement, dès le treizième siècle, vicus de Nuceriis et Nucum; vicus Nucium; vicus de Nucibus[477].

Rue de l'Observatoire[478]. Elle règne le long de l'enceinte dans laquelle on a construit le monument auquel elle doit sa dénomination. Ce n'étoit encore, au siècle dernier, qu'un chemin sans nom: ce n'est que depuis peu d'années qu'on a enfin inscrit à ses extrémités celui qu'elle porte aujourd'hui.

Rue du Plâtre. Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-Jacques, de l'autre à celle des Anglois, et doit son nom à une plâtrière qu'on y avoit ouverte dès le treizième siècle. Il n'a varié jusqu'à présent que dans la manière de l'écrire, et non dans sa signification. En 1247 et 1254 on trouve vicus Plastrariorium... Domus Radulphi Plastrarii; vicus Plastrariorium et Plasteriorum en 1250; rue de la Platrière, en 1300; à Plastriers et des Plastriers au même siècle; enfin rue du Plastre au quinzième et depuis[479].

Rue du Petit-Pont. Elle commence au Petit-Châtelet, et finit au bout des rues Galande et Saint-Séverin. Quoiqu'elle portât très-anciennement ce nom, et que, dans tous les actes des douzième et treizième siècles qui la concernent, on lise vicus Parvi Pontis, Jaillot cependant la trouve désignée, en 1230, sous celui de rue Neuve, vicus Novus[480].

Rue des Trois-Portes. Elle aboutit d'un côté à la rue des Rats, de l'autre à celle du Pavé-de-la-Place-Maubert. Elle portoit ce nom dès le treizième siècle; on lui donna depuis celui d'Augustin, et le censier de Sainte-Geneviève l'indique ainsi: Ruelle Augustin, dite des Trois-Portes. L'abbé Lebeuf a donné de ce dernier nom une étymologie qui ne semble pas juste; Jaillot qui la combat, prouve que la véritable origine de cette dénomination vient de ce qu'il n'y avoit que trois maisons dans cette rue, et par conséquent trois portes. Les autorités qu'il cite à ce sujet paraissent sans réplique[481].

Rue des Postes. Elle commence à l'Estrapade, et finit à la rue de l'Arbalète. Son premier nom étoit rue des Poteries; et l'étymologie de ce nom, qui a fort exercé les antiquaires, nous semble avoir été heureusement expliquée par Jaillot[482]. «Dans tous les titres de Sainte-Geneviève, dit-il, l'endroit où cette rue est située est nommé le clos des Poteries, le clos-des-Métairies. Il étoit planté en vignes qui avoient été baillées, à la charge de payer le tiers-pot en vendange de redevance seigneuriale.» Voilà donc la véritable origine du nom de clos des Poteries. On le lui donnoit encore, quoique les vignes eussent été arrachées, et qu'on y eût bâti des maisons. Les terres labourées qu'on substitua aux vignes lui firent donner celui de clos des Métairies. Quant à la rue, dès le seizième siècle son nom primitif étoit altéré, car, dans le terrier du roi de 1540, elle est appelée rue des Poteries, et maintenant des Postes[483].

Rue du Pot-de-Fer. Elle traverse de la rue des Postes dans la rue Moufetard. Le terrier de Sainte-Geneviève de 1603 l'appelle rue du Bon Puits, à présent dite du Pot-de-Fer. Plus anciennement elle se nommoit rue des Prêtres. Son dernier nom lui vient d'une enseigne. Sauval et d'autres disent qu'elle s'appeloit autrefois rue du Bon-Qutto[484]; c'est sans doute une faute d'impression.