Dans une des chapelles de l'église, une statue en marbre de la Vierge; par Le Pautre.
SÉPULTURES.
Dans la même chapelle avoit été inhumé Claude Bernard, dit le pauvre prêtre, mort, en 1641, en odeur de sainteté. Sa statue, en terre cuite, étoit d'un sculpteur nommé Benoît.
Cet hospice, au moment de la révolution, pouvoit contenir environ deux cent trente malades, qui y étoient traités avec un soin, un zèle et une charité qu'on ne pouvoit trop admirer. Les religieux de la Charité possédoient une pharmacie, un jardin botanique et un cabinet d'histoire naturelle[279].
LES ENFANTS TEIGNEUX.
Presque tous nos historiens ont confondu cet établissement avec les Petites-Maisons, parce qu'effectivement la ville avoit destiné, dans ce dernier établissement, des salles pour recevoir les personnes affligées de la teigne. Dans la crainte que cette maladie ne se communiquât, on les plaça bientôt dans des bâtimens séparés; enfin, pour éloigner jusqu'à l'ombre du danger, on fit construire, rue de la Chaise, un nouvel hospice réservé uniquement pour les teigneux, avec une chapelle, qui fut bénite sous l'invocation de sainte Reine. Sauval donne à cet établissement la date de 1655: il faut qu'il soit antérieur à cette époque, puisqu'on le trouve sur le plan de Gomboust, publié en 1652[280].
L'ABBAYE ROYALE
DE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.
Tous nos historiens[281] s'accordent à dire que cette abbaye, l'une des plus anciennes et des plus illustres de France, fut fondée par Childebert Ier, fils de Clovis; mais ils varient entre eux de 543 à 556, sur la date de cette fondation. Jaillot, sans prétendre que la première de ces deux époques, présentée par Adrien de Valois,[282] soit appuyée d'autorités incontestables, la considère cependant comme celle qui offre le plus de vraisemblance. Ce critique, même en regardant comme douteuse la tradition qui veut que Childebert, dans son expédition d'Espagne, ait obtenu des habitants de Saragosse, qu'il assiégeoit, la tunique de saint Vincent,[283] et n'ait fait bâtir la basilique dont nous parlons que pour l'y déposer, paroît persuadé cependant que ce fut effectivement, à son retour de cette contrée, qu'il éleva ce monument, soit par une dévotion particulière à l'égard de ce saint, soit qu'il voulût placer honorablement quelques unes de ses reliques qu'il auroit pu se procurer à Valence, lieu de son martyre. Alors la date de 543 doit paroître la véritable; et du reste le même historien explique d'une manière assez satisfaisante la charte de Childebert, dont les expressions ont déterminé dom Mabillon et plusieurs autres savants à reculer de douze à treize ans ce grand événement[284].
Cette église fut dédiée sous l'invocation de saint Vincent, de la sainte Croix etc., par saint Germain, alors évêque de Paris, le jour même de la mort de Childebert, le 23 décembre 558. C'étoit seulement le 6 du même mois, que ce prince avoit donné sa charte de fondation de la nouvelle abbaye, portant donation du fief d'Issi avec ses appartenances et dépendances, du droit de pêche sur la rivière, depuis les ponts de Paris jusqu'au ru de Sèvre, d'un chemin de dix-huit pieds de large des deux côtés de la rivière, et d'une chapelle de Saint-Andéol, qu'on suppose avoir été remplacée depuis par l'église Saint-André-des-Arcs[285].
On sait que les monastères anciens les plus célèbres renfermoient ordinairement, dans leur enceinte ou dans leurs dépendances, plusieurs églises séparées, quelquefois même assez éloignées les unes des autres, et dont les plus petites n'avoient que le simple titre d'oratoire. Saint Germain, qui avoit eu tant de part à la fondation de l'abbaye de Saint-Vincent, fonda une chapelle de ce genre, au midi de l'église, sous l'invocation de saint Symphorien; c'est là qu'il fut enterré, ainsi que son père Éleuthère et sa mère Eusébie. Vers le même temps, on construisit au nord, sous le nom de Saint-Pierre, l'oratoire dont nous avons déjà parlé, à l'article de Saint-Sulpice, ainsi que la chapelle Saint-Martin des Orges. Quant au monastère lui-même, il fut occupé d'abord par des religieux soumis à la règle de saint Basile, que le saint évêque fit venir d'Autun, et qu'il mit sous la conduite de Droctové, généralement regardé comme leur premier abbé[286]; et telle fut l'affection qu'il porta à cette abbaye, sinon créée, du moins organisée par ses soins, qu'après l'avoir comblée de biens, il voulut encore se démettre, en sa faveur, des droits de son siége, et lui accorder l'exemption de la juridiction épiscopale, dans toute l'étendue du territoire d'Issi, que Childebert venoit de lui donner. Il est vrai que les chartes qui établissent cette exemption ont été vivement attaquées, dans le dix-septième siècle, par des savants du premier ordre; mais il est certain aussi qu'une possession non contestée de onze cents ans formoit un titre de prescription assez respectable; et que, malgré le droit commun et les décrets des conciles qui soumettoient les moines à l'autorité des évêques, il y a des exemples si éclatants d'exemptions de ce genre, et de priviléges particuliers accordés à certains monastères, que la règle générale ne peut être nullement alléguée ici, comme une preuve vraiment péremptoire. Jaillot entre à ce sujet dans une longue discussion, dont le résultat est de prouver, par une foule d'actes solennels, cette dépendance immédiate du saint siége, toujours revendiquée avec succès par l'abbaye Saint-Germain, et qui confirme jusqu'à la dernière évidence, l'authenticité des chartes sur lesquelles elle étoit fondée[287].