[61]: «Dès l'année 1713, il avoit voulu assurer, dans sa maison, la succession à tous ses États héréditaires. Il n'avoit point alors d'enfants; mais il pouvoit en avoir, et fit rédiger, dans son conseil, une loi par laquelle ses enfants mâles, et, à leur défaut, ses filles, les uns et les autres par ordre de primogéniture, posséderoient ses terres, États et principautés, le tout en entier, sans division ni partage. Cette succession indivisible devoit, au défaut de la branche Caroline, issue de lui, passer dans la branche Joséphine, issue de son frère Joseph, et au défaut de ces deux branches, aux deux sœurs de Sa Majesté. Depuis ce plan de succession, Charles avoit eu un fils, mort l'année même de sa naissance, et trois filles auxquelles il vouloit assurer le droit à sa succession indivisible par ordre de primogéniture. Il commença par s'assurer de la renonciation de ses deux nièces, princesses électorales, l'une de Saxe, l'autre de Bavière, et publia ensuite la loi de succession, sous le titre de Pragmatique sanction.»
[62]: Les prétentions du cardinal de Fleuri étoient loin de se porter aussi haut. Il s'étoit contenté de demander le Barrois. Ce fut le garde des sceaux Chauvelin, lequel avoit en même temps le portefeuille des affaires étrangères, qui conçut cette pensée hardie, et qui conquit en quelque sorte cette province à la France, par l'adresse et la fermeté qu'il mit à conduire les négociations.
[63]: Ce même Chauvelin qui venoit de rendre un si grand service à la France, et qui probablement étoit un homme fort supérieur au cardinal, fut bientôt disgracié et exilé pour avoir voulu tenter de renverser un ministre qu'il jugeoit au dessous de sa réputation et de sa place. Le roi, auprès de qui il avoit fait quelques tentatives à cet effet, le livra à l'instant même à son précepteur dont la vengeance fut prompte et sévère. C'est alors que les sceaux furent rendus à d'Aguesseau, qui continua de jouer un bien triste rôle dans les affaires publiques depuis qu'il s'étoit si gauchement placé entre la cour et le parlement.
[64]: Mesdames de Mailly et de Vintimille. Elles étoient de la famille de Nesle, et avoient trois autres sœurs, la duchesse de Lauraguais, la marquise de Flavacour, et la marquise de Tournelle.
[65]: La marquise de Vintimille.
[66]: La marquise de Tournelle.
[67]: Nous avons dit que, par le dernier traité, ils avoient obtenu de pouvoir envoyer tous les ans un vaisseau à Porto-Bello. «Ce vaisseau, qui d'abord ne devoit être que de cinq cents tonneaux, fut, en 1717, de huit cent cinquante par convention, mais en effet de mille par abus; ce qui faisoit deux millions pesant de marchandises. Ces mille tonneaux étoient encore le moindre objet de commerce de la compagnie angloise; une patache, qui suivoit toujours le vaisseau sous prétexte de lui porter des vivres, alloit et venoit continuellement; elle se chargeoit, dans les colonies angloises, des effets qu'elle apportoit à ce vaisseau, lequel, ne désemplissant jamais par cette manœuvre, tenoit lieu d'une flotte entière. Souvent même d'autres navires venoient remplir ce vaisseau de permission, et leurs barques alloient encore sur les côtes de l'Amérique porter des marchandises dont les peuples avoient besoin, mais qui faisoient tort au gouvernement espagnol, et même à toutes les nations qui se croient intéressées au commerce qui se fait des ports d'Espagne au golfe du Mexique.» (Voltaire, Précis du Siècle de Louis XV, ch. VIII.)
[68]: Voyez p. [107] et [108].
[69]: Voltaire, Précis du Siècle de Louis XV, ch. V.
[70]: Voltaire, Précis du Siècle de Louis XV, ch. V.