[71]: Les deux frères n'étoient encore connus, l'un et l'autre, que par quelques persécutions qu'ils avoient éprouvées sous le ministère du duc de Bourbon, par suite de leurs liaisons avec Leblanc, secrétaire d'État de la guerre, accusé de dilapidations, et poursuivi plutôt par la haine que lui portoit la marquise de Prie, que pour ce crime, dont il n'existoit pas d'ailleurs de preuves suffisantes. Le comte et le chevalier de Belle-Isle, accusés, dans cette affaire, de manœuvres frauduleuses, et soupçonnés d'entretenir une correspondance secrète avec Leblanc que l'on avoit fait mettre à la Bastille, furent arrêtés à leur tour, et renfermés dans la même prison.
[72]: En entrant dans la Bohême, on s'étoit emparé de deux postes importants, Tabor et Budweiss; et le marquis de Ségur avoit été laissé en Autriche avec un corps de quinze mille hommes, que l'on croyoit suffisant pour garder les conquêtes qu'on y avoit faites. Il arriva que des corps autrichiens, chassés de la Silésie, attaquèrent ces deux postes, et s'en emparèrent. Ainsi la communication se trouva, dès le commencement, interrompue entre le corps de Ségur et l'armée de Bohême; d'un autre côté, le grand duc, qu'une trève avec le roi de Prusse avoit laissé libre de ses mouvements, s'avançoit en toute hâte, à travers la Moravie, au secours de la ville assiégée.
[73]: «Elle étoit sortie de Vienne, et elle s'étoit jetée entre les bras des Hongrois, si sévèrement traités par son père et par ses aïeux. Ayant assemblé les quatre ordres de l'État à Presbourg, elle y parut tenant entre ses bras son fils aîné presque encore au berceau; et leur parlant en latin, langue dans laquelle elle s'exprimoit bien, elle leur dit à peu près ces propres paroles: «Abandonnée de mes amis, persécutée par mes ennemis, attaquée par mes plus proches parens, je n'ai de ressource que dans votre fidélité, dans votre courage et dans ma constance; je mets en vos mains la fille et le fils de vos rois, qui attendent de vous leur salut.» Tous les palatins, attendris et animés, tirèrent leurs sabres en s'écriant: Moriamur pro rege nostro Mariâ Theresiâ. (Voltaire, Précis du Siècle de Louis XV, ch. VI.)
[74]: Ce fut de ces milices populaires, formées tout à coup par ce mouvement exalté de patriotisme, que sortirent ces troupes irrégulières, Pandours, Croates, Talpaches, qui, conduites par des partisans, et étrangères, ainsi que leurs chefs, à toutes les lois de la guerre, exercèrent, partout où elles passèrent, les plus affreux ravages, et devinrent la terreur de l'Allemagne et même de la France. Mentzel étoit le chef suprême de ces bandes féroces, et se rendit lui-même fameux par sa férocité.
[75]: «Bien des gens savent, disoit-il, combien j'ai été opposé aux résolutions que nous avons prises, et que j'ai été en quelque façon forcé d'y consentir. Votre Excellence est trop instruite sur ce qui se passe, pour ne pas deviner celui qui mit tout en œuvre pour déterminer le roi à entrer dans une ligue qui étoit si contraire à mon goût et à mes principes.» «L'impératrice ayant fait imprimer sa lettre, il en écrivit une seconde, dans laquelle il se plaignoit au général autrichien de ce qu'on avoit publié sa première lettre, et lui disoit qu'il ne lui écriroit plus ce qu'il pensoit. Cette seconde lettre lui fit encore plus de tort que la première; il les fit désavouer toutes deux dans quelques papiers publics, et ce désaveu, qui ne trompa personne, mit le comble à ces fausses démarches, que les esprits les moins critiques excusèrent dans un homme de quatre-vingt-sept ans, fatigué de mauvais succès.» (Voltaire, Précis du Siècle de Louis XV, ch. VII.)
[76]: Le 16 décembre 1742, Chevert fut laissé dans la ville avec une garnison.
[77]: Dans une marche de dix jours, quatre mille François périrent de faim et de misère; le reste arriva à Égra dans l'état le plus déplorable.
[78]: La justesse de son coup d'œil militaire lui ayant fait juger que les François ne tarderoient pas à être renfermés dans Prague, il avoit pris sur-le-champ ce parti à la fois prudent et audacieux de s'emparer d'Égra, pour leur assurer un point d'appui dans leur retraite.
[79]: Le 29 janvier 1743.
[80]: Voyez 1re partie de ce volume, p. 125.